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01/10/2016

Galop d’essai pour la COP21 à Paris cette semaine

Climat & Environnement

Galop d’essai pour la COP21 à Paris cette semaine

Les négociateurs se retrouvent au chateau de la Muette à Paris le 6 mai

Le marathon des négociations climatiques s’accélère cette semaine avec une réunion informelle à Paris. L’UE et la Norvège veulent insuffler plus d’ambition dans le processus.

Les négociations climatiques s’accélèrent. Les représentants d’une cinquantaine de pays se retrouvent cette semaine, à Paris, du 6 au 8 mai. Une réunion informelle organisée au siège de l’OCDE, et destinée à redonner une impulsion aux discussions. Seulement 25 % des émissions de CO2 de la planète sont aujourd’hui couvertes par les engagements des 36 pays qui ont déjà dévoilé leurs intentions, dont le dernier, l’Andorre, a dévoilé ses projets le 30 avril.

Dès que la Chine aura dévoilé les siennes, soit d’ici la fin juin, 50 % des émissions seront couvertes. Mais le jeu reste ouvert. Les positions sont aujourd’hui peu comparables les unes avec les autres, et l’enjeu de la négociation est notamment de les faire converger.

>>Lire : La France demande aux Etats de rendre leurs copies pour la COP21

Gabon et Mexiques, les bonnes nouvelles

« Il y a des choses vraiment intéressantes dans les propositions déjà transmises. Les États-Unis sont allés au bout de ce qu’ils pouvaient faire sans que le Congrès doive s’impliquer, en s’engageant à réduire de 26 à 28 % leurs émissions d’ici 2025 », assure une source européenne, qui préfère voir le verre à moitié plein.

Le Mexique a aussi surpris par une innovation pour un pays en voie de développement. Le pays s’est en effet engagé à des réductions d’émissions de CO2 inconditionnelles, qu’un accord soit conclu ou non. En cas d’accord global sur le climat, son engagement de réduire ses émissions de 25 % d’ici 2030 passera à -40 % »

Le Gabon a mis sur la table une proposition exigeante, soit une réduction de 60 % des émissions du pays entre 2010 et 2025, non pas en valeur absolue, mais par rapport au scénario tendanciel.

Inquiétudes du côté du Japon, de l’Australie et du Canada

À ces propositions engageantes s’associent des cas plus problématiques. Comme celui du Liechtenstein, peu important, mais symbolique. Le pays, un des plus riches au monde en raison de son statut de paradis fiscal, envisage de ne réduire ses émissions de CO2 qu’en dehors de ses frontières, et seulement si un cadre global est préparé à cette intention, ce qui n’est pour l’instant pas le cas…

Au rang des bonnets d’âne du climat, Russie, Australie, Japon et Canada semblent se faire concurrence, bien que seule la Russie ait déposé sa contribution jusqu’alors. Le pays fait même marche arrière sur ses engagements passés, en proposant de limiter ses émissions à 75 % des niveaux de 1990 d’ici 2030.

>>Lire : Climat, pourquoi la Russie n’y arrivera pas

Si le Japon avance que son mix énergétique ne pourra supporter de fortes réductions d’émissions que si la population accepte un redémarrage du nucléaire, les réticences du Canada et de l’Australie s’expliquent avant tout par des raisons politiques.

Le Canada, qui a historiquement suivi les États-Unis dans leur trajectoire climat, devrait annoncer un objectif nettement moins ambitieux que son voisin, et l’Australie risque également de se montrer modeste.

L’UE et la Norvège – et le pape à la manœuvre pour plus d’ambition

L’UE et la Norvège, qui se veulent moteur des positions les plus avant-gardistes, réuniront le 17 mai, la veille de la rencontre de Petersberg en Allemagne, les pays ambitieux sur le front de la lutte contre le changement climatique, y compris les pays insulaires, certains pays moins avancés et quelques pays européens, afin d’établir une stratégie commune.

>>Lire : Pour les Maldives, un accord sur le climat ne suffira pas à enrayer la disparition de nombreuses îles

Le Parlement européen a de son côté désigné l’eurodéputé socialiste Gilles Pargneaux pour représenter sa position à la COP21. Il soutient une position globale ambitieuse, soit des réductions d’émissions de CO2 de 50 % d’ici 2030.

Enfin, le Vatican fourbit ses armes. Une encyclique devrait être publiée prochainement pour inciter les pays à trouver un accord sur le climat qui autorise plus de justice entre riches et pauvres, une vision morale expliquée dans une communication de l’Académie des sciences de l’état pontifical le 28 avril.

Outre les situations pays par pays, les négociations de Paris la semaine prochaine devraient aborder la question de la longueur du texte actuellement sur la table.

« Avec près de 130 pages, il est bien trop long, cela risque d’être un vrai problème parce que les pays réticents pourront à loisir faire traîner les discussions, et mettre en danger leurs résultats » prévient un négociateur.

Contexte

Les négociations sur le changement climatique ont démarré en 1992, et sont marquées par une conférence internationale annuelle appelée Conférence des Parties, ou COP.

Après la COP 19 à Varsovie fin novembre 2013, le Pérou s'est chargé de la 20ième conférence, à Lima, en décembre 2014.

Paris organise la 21ième conférence, au Bourget, début décembre 2015, une conférence qui revêt une importance particulière. Comme à Copenhague en 2009, les États doivent trouver un accord pour donner suite au protocole de Kyoto, dont l'objet était de réduire les émissions de CO2 entre 2008 et 2012. L'enjeu est donc de trouver un cadre juridique contraignant ou non.

Prochaines étapes

  • 31 mai : date butoir pour la présentation du projet officiel
  • 3 au 14 juin : poursuite des négociations à Bonn
  • 13 au 16 juillet : Troisième conférence internationale sur le financement du développement
  • 1er novembre : synthèse de l’ONU de l’ensemble des engagements
  • 30 novembre au 11 décembre: COP 21 à Paris

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