L’agriculture italienne championne d’Europe de l’érosion des sols

Chaque année, l’Europe perd 970 millions de tonnes de sol à cause de l'érosion [Crédit : [Länsstyrelsen Värmland / flickr.com]

L’érosion par l’eau fait perdre chaque année 2,46 tonnes de sols par hectare à l’Europe, principalement sur les terres agricoles. Un niveau inquiétant puisque les sols se forment deux fois moins vite, selon une étude du Joint Research Centre.

Chaque année, l’Europe perd 970 millions de tonnes de sols, selon une étude publiée dans la revue Environmental Science and Policy. En moyenne, la perte est de 2,46 tonnes par hectare dans les zones concernées (surfaces agricoles, forêts, zones semi-naturelles), alors que le sol ne se forme qu’au rythme moyen de 1,4 tonne/ha.

Ces pertes concernent à 68,3 % les sols agricoles, contre seulement 1 % pour les forêts. La situation est particulièrement inquiétante dans les pays méditerranéens, notamment l’Italie : avec une perte annuelle record de 8,46 tonnes de sols/ha, ce pays équivaut à presque un quart des pertes européennes.

La France dépasse le seuil durable

En termes de superficie, elle est suivie par l’Espagne (19,61 % de l’érosion européenne), tandis que la Slovénie et l’Autriche la talonnent en termes de taux d’érosion, avec respectivement 7,43 et 7,19 tonnes/ha par an. Une vulnérabilité liée aux précipitations, ainsi qu’à la topographie de ces pays, caractérisée par de longues pentes raides.

Avec 2,25 tonnes/ha/an, soit 11,85 % de l’érosion européenne, la France se situe dans la moyenne du continent. Elle dépasse toutefois le seuil considéré comme soutenable par le JRC, celui de 2 tonnes de sols/ha/an. Parmi les pays qui s’en sortent le mieux, la Finlande, l’Estonie et les Pays-Bas se situent tous en-dessous de 0,3 tonne/ha/an.

L’avenir à l’horizon 2050 semble très incertain, tant les facteurs sont multiples : d’une part, « le taux d’érosion par l’eau pourrait légèrement diminuer d’ici 2050, principalement en raison d’un accroissement de la surface forestière. Mais des pressions pour accroître les surfaces agricoles pourraient saper cette amélioration, à moins que des mesures plus durables de gestion des sols soient adoptées ». Le réchauffement climatique pourrait également compliquer la donne : en raison de la hausse des précipitations, les taux d’érosion pourraient s’accroître de 10 % à 15 %.

Cet article a initialement été publié sur le site du JDLE.

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