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19/01/2017

La déforestation responsable de l’épidémie d’Ebola

Climat & Environnement

La déforestation responsable de l’épidémie d’Ebola

Monrova, janvier 2015.

[UNMEER/Flickr]

La déforestation aurait favorisé la propagation du virus Ebola en Afrique de l’Ouest, a affirmé la ministre de l’Écologie, Ségolène Royale. 

Ségolène Royal, la ministre de l’Environnement a déclaré que la déforestation pourrait être à l’origine de la dernière épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, lors d’un sommet organisé à Londres par le Prince Charles à quelques semaines de l’ouverture de la conférence des Nations unies sur le climat, la COP21.

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Devant un parterre comprenant la ministre britannique de l’Énergie et du changement climatique, Amber Rudd, et des représentants de gouvernements et de grandes entreprises du monde entier, Ségolène Royal a expliqué que des chercheurs avaient lié la destruction des forêts à l’épidémie. La disparition des habitats naturels forestiers entraine en effet une multiplication des contacts entre les chauves-souris, porteuses du virus, et les hommes.

« Les forêts ont été rasées pour la mise en place d’une agriculture de subsistance, les activités minières et les exportations massives de bois », souligne-t-elle. « Cette destruction de l’habitat naturel des chauves-souris frugivores a forcé ces animaux à se rapprocher des villages pour trouver de la nourriture. Le virus pourrait avoir été transmis à l’homme à cette occasion. »

Les ministres de l’Environnement du Brésil, du Panama, du Congo et de la Norvège ont participé à cette journée de conférence sur la déforestation et le changement climatique, organisée par l’unité de stabilité internationale du prince. Des représentants d’entreprises comme Unilever, Marks & Spencer et Cargill étaient également présents.

En 2007, le prince Charles a créé le Rainforest Project, qui a pour objectif de trouver des solutions pour le sauvetage des forêts en danger dans le monde. Il a été invité par François Hollande à faire un discours lors de la COP21, la conférence des Nations unies pour le climat, qui a pour objectif de limiter le changement climatique.

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« [La conférence de] Paris sera une occasion absolument exceptionnelle d’enfin coordonner les efforts internationaux dans le but de limiter le changement climatique à deux degrés », a-t-il souligné lors de la conférence de Londres. « Elle doit absolument envoyer un message univoque à la communauté internationale et aux marchés : la transition vers une économie à faibles émissions, durable et adaptée aux défis climatiques est irréversiblement et inébranlablement en marche. La limite des deux degrés est encore atteignable, si nous concentrons tous nos efforts pour fixer un prix adapté pour le carbone. »

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Le prince a reconnu que des progrès « encourageants » avaient été réalisés, mais rappelle que « la très dure réalité est que la déforestation et la dégradation augmentent toujours ».

« Des milliards de personnes et le nombre d’espèces survivantes, qui diminue rapidement, dépendent de notre capacité à mener une action commune concrète », a-t-il souligné.

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