La justice climatique doit infuser les politiques publiques

L’objectif est de tout faire pour que le réchauffement n’accroisse pas les inégalités. [shutterstock]

Dans un avis adopté le 27 septembre, le Conseil économique, social et environnemental (Cese) a appelé les pouvoirs publics à prendre en compte les inégalités dans les politiques climatiques. Un article de notre partenaire Le Journal de l’Environnement.

La notion de « justice climatique » a fait officiellement son entrée sur la scène internationale lors de l’Accord de Paris. Son préambule souligne ainsi « l’importance pour certains de la notion de justice climatique dans l’action menée face aux changements climatiques ».

L’objectif est de tout faire pour que le réchauffement n’accroisse pas les inégalités. « Même si on parvient à limiter le réchauffement à 2 degrés, il y aura de toutes façons des conséquences importantes et les populations les plus vulnérables y seront davantage exposées », a affirmé le climatologue Jean Jouzel, l’un des rapporteurs de l’avis, lors d’une conférence de presse. Les populations vulnérables vivent d’ailleurs aussi bien dans les pays en développement que dans les pays riches, comme l’ont montré les populations les plus touchées par la canicule hexagonale de 2003, en Seine-Saint-Denis par exemple.

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Affiner les politiques climatiques

« Nos préconisations sont transversales aux politiques publiques. Il faut intégrer la justice climatique dans le plan national d’adaptation au changement climatique, dans les plans Action Climat locaux, dans la fiscalité et notamment la contribution Énergie Climat », explique la juriste Agnès Michelot, autre co-rapporteure de l’avis. Ces politiques doivent ainsi être évaluées au regard de leurs bénéfices pour les personnes les plus pauvres.

Mais la justice climatique doit également infuser les politiques d’investissement. Dans les territoires ultra-marins, le Cese recommande de développer l’habitat social évolutif pour permettre l’accès au logement à moindre coût. Le Conseil propose aussi que l’indemnisation des frais de relogement des victimes dont la résidence principale a été sinistrée puisse intégrer le régime des catastrophes naturelles.

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De nouveaux « services climatiques »

Autres priorités : améliorer la compréhension du lien entre pauvreté et changement climatique. « Il existe très peu d’études en France sur le sujet. Il faut les développer, être prospectif », lance Jean Jouzel. L’idée est de favoriser les « services climatiques » sur le modèle des services météorologiques, afin d’améliorer les stratégies d’adaptation et la prévention des risques.

Le Cese propose aussi d’inclure des objectifs de réduction des inégalités environnementales dans les plans régionaux de santé environnement.

Enfin, le Conseil appelle le gouvernement à plaider la cause de la justice climatique au niveau international. La COP22, qui se tient à Marrakech du 7 au 18 novembre, offrira bien sûr une tribune privilégiée.

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