EurActiv.fr

Actualités & débats européens dans votre langue

27/09/2016

La qualité de l’air se dégrade fortement dans le monde

Climat & Environnement

La qualité de l’air se dégrade fortement dans le monde

L'air de Karachi, la plus grande ville du Pakistan, est 15 fois plus pollué que les normes OMS.

La qualité de l’air urbain continue de s’étioler dans le monde, avec une hausse moyenne de 8 % du taux de particules fines (PM2,5 et PM10) en dix ans. Un article de notre partenaire le JDLE.

En 2012, la pollution atmosphérique a tué environ 3,7 millions de personnes dans le monde, et cela n’est pas près de s’arranger. Selon des données réactualisées (les dernières dataient de 2014) publiées le jeudi 12 mai par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le taux urbain de particules fines a encore augmenté de 8 % entre 2008 et 2013, en particulier en Asie (Chine, Inde, Asie du Sud-est) et dans les pays arabes.

Évaluant environ 3 000 villes dans 103 pays, l’OMS estime que plus de huit citadins sur dix à travers le monde respirent un air qui dépasse ses recommandations sanitaires, de 10 µg/m3 pour les PM2,5 et de 20 µg/m3 pour les PM10 en moyenne annuelle. Ce pourcentage s’élève même à 98 % pour les villes de plus de 100 000 habitants des pays à revenu faible ou intermédiaire, contre 56 % dans les pays à revenu élevé.

Inde, Chine, Pakistan…

Sans surprise, l’Inde et la Chine atteignent des taux très au-delà des normes. En Inde, la palme revient à Gwalior, au centre du pays, avec un taux de PM10 de 329 µg/m3, contre 229 µg/m3 à Delhi et 117 µg/m3 à Bombay. En Chine, Pékin atteint 108 µg/m3, tandis que Shijiazhuang, capitale de la province du Hebei, est à 305 µg/m3.

Le Pakistan les dépasse tous, avec 540 µg/m3 à Peshawar et 290 µg/m3 à Karachi. Également très polluée, Ryad présente un taux moyen annuel de PM10 de 368 µg/m3, tandis que trois villes nigérianes dépassent les 300 µg/m3.

La situation est évidemment moins désastreuse en Europe et dans les pays à revenu élevé d’Amérique, et elle tend même à s’améliorer ces dernières années. En France, Paris atteignait 28 µg/m3 en 2014, un niveau dépassé par plusieurs villes de banlieue, mais aussi par Fort-de-France (33 µg/m3).

>> Lire : La France échoue à lutter contre la pollution de l’air

Encore peu connue, du fait d’un manque de mesures, la situation africaine semble peu favorable, avec un taux de particules dépassant la médiane mondiale.

Le sujet sera débattu lors de la prochaine Assemblée mondiale de la santé, qui se tient du 23 au 28 mai au siège genevois de l’OMS, au cours de laquelle « les États membres débattront d’une feuille de route pour une action mondiale renforcée face aux effets néfastes de la pollution de l’air sur la santé », indique l’organisation.

logo-jdle.gif