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23/01/2017

La question climatique domine l’agenda des dirigeants mondiaux à Lima

Climat & Environnement

La question climatique domine l’agenda des dirigeants mondiaux à Lima

La Banque mondiale, le FMI et les ministres des Finances se rencontrent à Lima, Pérou.

[World Bank/Flickr]

La préparation de la COP 21 s’est invitée à l’occasion des assemblées générales de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international. Le besoin de réorientation des investissements mondiaux en faveur du climat fait consensus.  

La réunion de Lima, où se tiennent les assemblées annuelles de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) ainsi qu’une réunion des ministres des Finances du G20 se déroule sous le sceau du climat, à deux mois de la COP 21.

Les ministres des Finances du G20 se sont rencontrés à Lima le 8 octobre. Un rendez-vous qui leur permettra de finaliser leurs recommandations sur la question du climat avant la réunion des chefs d’État du G20 à Antalya, en Turquie, les 15 et 16 novembre.

Ces recommandations auront probablement une influence sur les négociations lors de la conférence de l’ONU qui s’ouvrira à Paris le 30 novembre et devrait conclure un accord international pour maintenir le réchauffement climatique sous les 2°C.

Avant cette réunion des grands argentiers, un groupe de 38 fédérations d’entreprises et ONG de 18 pays ont appelé les pays du G20 à reconnaître l’énorme potentiel de l’investissement public dans l’efficacité énergétique, par exemple dans la rénovation de bâtiments, pour encourager la productivité économique mondiale.

>> Lire : L’ONU propose son brouillon de l’accord de Paris

Le groupe a notamment appelé le G20 à faire de l’efficacité énergétique une priorité de l’infrastructure publique et à s’engager à évaluer les réformes nécessaires pour s’attaquer aux barrières financières et élargir les marchés pour accroitre la productivité énergétique.

 « Étant donné les avantages multiples de l’efficacité énergétique pour doper la productivité économie, améliorer la santé des populations, réduire les émissions de carbone et les factures d’électricité, les gouvernements doivent en faire une priorité », a déclaré Ingrid Holmes, directrice du think tank E3G.

« 80 % de l’énergie mondiale est consommée par les pays du G20. Si les pays du G20 font de l’efficacité énergétique une priorité en matière d’infrastructure, la consommation mondiale d’énergie chuterait et la croissance économique s’accélèrerait. Aucun autre investissement ne fait autant de choses pour autant de personnes », a précisé Ada Aman d’E3G.

Rôle des banques de développement

L’économiste Nicholas Stern s’est joint à cet appel. L’expert sur le climat a souligné l’importance des banques de développement pour encourager l’investissement dans des infrastructures durables, notamment dans les économies émergentes et en voie de développement.

Les banques de développement devront multiplier leurs prêts par cinq ces dix prochaines années, et passer d’environ 30-40 milliards de dollars par an à plus de 200 milliards de dollars par ans, a-t-il expliqué.

« Changer les modèles actuels d’investissement dans les infrastructures à fortes émissions de carbone est un défi majeur. Plus on attend, plus cela deviendra difficile », a-t-il mis en garde.

>> Lire : L’UE en route pour les – 60 % de CO2 d’ici 2050

Un rapport publié par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) le 8 octobre souligne également que la transition vers une économie plus durable ne peut se réaliser qu’en mobilisant plus de capital mondial dans l’action pour le climat,

Pour l’instant, trop d’argent est encore investi dans des projets qui nécessitent beaucoup de ressources et émettent de fortes quantités de CO2. Par ailleurs, les règles et les incitations des marchés financiers peuvent décourager l’investissement dans le durable, a rappelé le PNUE.

Ralentir la destruction environnementale

Le PNUE souhaite remodeler le système financier mondial, y compris l’action des autorités de régulation, des gouvernements, et des places boursières, afin d’encourager l’investissement dans des infrastructures et de ralentir la destruction environnementale.

Le 7 octobre, l’OCDE a déclaré que les pays développés allouaient de plus en plus de fonds publics et privés à l’action pour le climat dans les pays en développement. Les fonds liés au climat ont atteint 62 milliards de dollars en 2014, et plus de 52 milliards en 2013, selon l’OCDE.

>> Lire : Climat: les pays du Nord sont loin des 100 milliards promis

Une somme qui reste toutefois en deçà de la promesse des pays développés d’y consacrer 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020.

Contexte

Les négociations sur le changement climatique ont commencé en 1992. Tous les ans, l’ONU organise une conférence internationale sur le changement climatique appelée la Conférence des Parties, ou COP.

Paris organise la 21ème conférence en décembre 2015. Les États participants doivent y conclure un accord pour remplacer le protocole de Kyoto, dont le but était de réduire les émissions de CO2 entre 2008 et 2012.

D’ici la conférence, les États doivent impérativement négocier un accord, qu’il soit juridiquement contraignant ou non.

Prochaines étapes

  • 11 octobre : Fin de la réunion du FMI et de la Banque mondiale à Lima.
  • 15 novembre : Réunion des chefs d’État à Antalya, Turquie.
  • 30 novembre : Conférence sur le changement climatique de l’ONU à Paris