La transition énergétique pourrait créer un 1 million d’emplois

A la COP22

Un collectif d’ONG et de syndicats propose une trajectoire pour la France qui permette de traduire l’accord de Paris en progrès social. Le coût du projet serait financé par des ressources nouvelles.

Comment transformer 100 milliards d’euros en 1 million d’emplois tout en sauvant la planète : c’est l’objectif, reconnu comme ambitieux, d’un collectif d’associations et de syndicats, qui a présenté l’initiative « 1 million d’emplois pour le climat » à Paris.

L’idée, lancée au Royaume-Uni il y a 7 ans, a aussi essaimé en Afrique du Sud et aux Etats-Unis, en Norvège et au Portugal : il s’agit désormais d’une plate-forme. Dans tous les cas, elle est soutenue par des représentants divers de la société civile. En France, en plus d’Attac et du Réseau Action Climat ou des Amis de la Terre, on retrouve la Fédération Syndicale Unitaire, la Confédération Paysanne, Emmaüs ou encore la Ligue des droits de l’Homme. Des organisations qui ont travaillé ensemble sur un rapport nourri, financé par la fondation allemande Heinrich Böll.

« La nécessité d’établir un lien entre l’enjeu du climat et les questions sociales a été omniprésente à la COP22 » rappelle Maximes Combes d’Attac. Cette perspective, encore perçue comme alternative, est présente à la fois dans l’accord de Paris et dans la loi de transition énergétique.

Réarbitrage des dépenses publiques

Le rapport préconise des nouveaux arbitrages dans la dépense publique, qui se fassent en fonction d’impératifs climatiques : il recourt donc essentiellement à la dépense publique, ce qui est sans doute son principal point faible au regard de la question de la dette. La France est un des pays européens dont les dépenses publiques sont les plus importantes, avec 57 % du PIB dépensé par l’État, contre 44 % en Allemagne par exemple.

Les ressources identifiées par la société civile ne proviennent toutefois pas des impôts, et ne devrait donc pas créer de pression fiscale supplémentaire : le collectif veut piocher dans la fraude et l’évasion fiscale, mais aussi des niches fiscales en faveur des énergies fossiles, dans la TTF, ou encore dans les grands programmes de financement existant.

Un politique monétaire pro-climat ?

Les auteurs évoquent aussi la possibilité de création monétaire verte, ou « quantitative easing » ciblée. L’idée serait d’injecter chaque année 75 milliards  d’euros dans le circuit financier pour financer des investissements renouvelables ou des emplois verts.

Le collectif identifie également un manque de ressources pour les énergies renouvelables : la France dispose actuellement de 77.000 emplois dans le secteur, contre 144.000 en Allemagne. Selon le rapport, 330.000 emplois pourraient être crées dans les renouvelables, contre une destruction de  76.000 emplois dans le secteur du nucléaire : ce mode de production d’énergie serait éliminé. Mais le secteur le plus créateur d’emploi serait le bâtiment, avec 350.000 emplois, puis l’action sociale, avec 230.000 emplois, ainsi que les segments du recyclage, l’agriculture paysanne (bio et intégrée) etc.

« C’est une proposition sobre par rapport au coût du CICE » assure Julien Rivoire de la Fédération Syndicale Unitaire, rappelant que le contrat passé par la gauche avec les entreprises a coûté 20 milliards d’euros par an pour peu d’emplois crées.  L’expert rappelle que les salariés des industries menacées par la transition écologique sont préoccupés, et qu’ils faut penser la transition écologique en terme de reconversion et de transition.

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