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05/12/2016

L’économie circulaire plébiscitée par les entreprises européennes

Climat & Environnement

L’économie circulaire plébiscitée par les entreprises européennes

Les entreprises facilement convaincues par l'économie circulaire?

[Thomas Hawk/Flickr]

Selon une enquête, plus de 70% des entreprises de l’UE mettent en œuvre une stratégie en matière d’économie circulaire. Un article de notre partenaire, le Journal de l’Environnement.

L’économie circulaire voit les choses en grand. Selon l’enquête a été réalisée par TNS du 18 au 27 avril 2016 auprès de 10 618 entreprises provenant des 28 États membres, plus la taille et le chiffre d’affaires (CA) de l’entreprise sont importants, et plus il y a de chances qu’elle applique des principes d’économie circulaire. Ainsi 72% des petites entreprises sont concernées contre 89% des grandes structures (de 50 à 250 salariés), 69% des petits CA contre 80% des grands CA.

À noter que la France se situe exactement dans la moyenne européenne avec 74% des entreprises hexagonales engagées en matière d’économie circulaire.

Les trois pays européens où il existe le plus grand nombre d’entreprises engagées sont Malte, l’Irlande et le Luxembourg.

>> Lire : Bruxelles promet une application rigoureuse des règles sur l’économie circulaire

Déchets, énergie, ressources, eau

Concrètement, une entreprise européenne sur deux a entrepris de réduire ses déchets, de les réutiliser ou de les vendre au cours des trois dernières années. Autres stratégies, un peu moins partagées: 38% des sociétés ont œuvré pour réduire leur consommation d’énergie et 34% ont effectivement revu leurs produits ou leurs services pour réduire leur utilisation de ressources ou utiliser des matériaux recyclés.

Loin derrière, seulement 19% des entreprises européennes ont réduit leur consommation d’eau ou réutilisent davantage les eaux usées. Idem pour les énergies renouvelables, qui accusent un faible score, puisqu’elles ne sont choisies que par 16% des entreprises.

Sur le plan financier, la majorité des structures n’ont pas hésité à investir une partie de leur CA dans l’aventure (59% d’entre elles).

>> Lire : Le nouveau paquet sur l’économie circulaire fait l’impasse sur le gaspillage alimentaire

Trop complexe et trop cher

En revanche, six entreprises sur dix ont rencontré une difficulté dans leurs démarches. Elles se sont ainsi heurtées à une procédure administrative ou juridique complexe (34% des cas), à un coût important pour respecter les normes (32%), ou à des problèmes de financement (27%).

Manque d’informations

Selon les États membres, il existe des incitations différentes en faveur de l’économie circulaire. 35% seulement des entreprises disent les connaître et 3% reconnaissent en avoir bénéficiées!

Seulement une entreprise sur cinq estime que l’information sur ces programmes gouvernementaux est suffisante. Par ailleurs, une structure sur deux reconnaît n’avoir jamais recherché cette donnée.

Existe-t-il des financements alternatifs à disposition des entreprises? 58% d’entre elles pensent qu’il en existe au moins un dans leur pays, comme le capital-risque. Enfin un tiers d’entre elles ont accès à l’un des financements alternatifs comme les banques ‘vertes’ (citées en Belgique, Italie, Finlande, Luxembourg, Pays-Bas) ou le marché des capitaux (Autriche, Finlande, Allemagne). De quoi offrir aux États membres de nombreuses pistes d’action.

Paquet Économie circulaire: le Parlement précise ses ambitions

Le Parlement européen a publié, le 31 mai, un rapport précisant ses ambitions pour la révision des directives Déchets, dans le cadre du nouveau paquet Économie circulaire présenté le 2 décembre dernier par la Commission européenne.

>> Lire : Bruxelles présente un paquet sur l’économie circulaire aux objectifs allégés

Préparée par l’eurodéputée italienne Simona Bonafé (Alliance progressiste des socialistes et démocrates), cette stratégie est plus ambitieuse que celle de la Commission. Elle préconise une baisse de 10% des déchets municipaux entre 2014 et 2030 (La Commission n’en fixait aucune). Les secteurs du commerce et des services devront se fixer des objectifs de réduction, fin 2018 au plus tard. Les Européens devront diviser par deux le gaspillage alimentaire et la production de déchets marins en 2030.

La directive Ecodesign devra aussi s’appliquer aux matériaux de construction, textiles et meubles. Enfin, 70% des déchets ménagers devront être recyclés ou réutilisés en 2030 et 80% des déchets d’emballages (contre respectivement 65% et 75% proposés par l’équipe Juncker). Ce rapport sera discuté le 15 juin au sein de la commission Environnement du Parlement européen.