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26/08/2016

Les négociations pour la COP 21 démarrent à Genève

Climat & Environnement

Les négociations pour la COP 21 démarrent à Genève

Le commissaire au climat M. Canete

Les représentants de plus de 190 nations se sont retrouvés dimanche 8 janvier à Genève pour travailler sur un projet d’accord climatique.

C’est à Genève que se sont retrouvés, le 8 janvier, les spécialistes du climat. Le marathon qui doit aboutir à un accord en fin d’année à Paris n’en est qu’à ses débuts, mais l’exercice est crucial : la semaine de négociations est la seule prévue avant le dépôt des positions nationales, attendues avant la fin mai 2015.

Objectif concision

Les deux co-présidents de la conférence annuelle ont déjà fait part de leurs priorités aux négociateurs : faire des 39 pages négociées à Lima un texte plus fluide, plus concis, plus cohérent. Les deux hommes ont l’habitude des négociations internationales ; l’Américain, Daniel Reifsnyder est un expert des négociations climatiques, tandis que l’Algérien Ahmed Djoghlaf a travaillé pour la branche de l’ONU traitant l’environnement, l’UNEP. Pour l’heure, le document de référence n’est pas vraiment un texte, mais une accumulation de propositions. Selon une source à la Commission, il y aurait déjà trop de propositions ; pourtant, l’UE souhaite en ajouter de son côté.

« Le problème, c’est que si les 190 pays arrivent avec le même projet d’ajouter des éléments, on ne va jamais s’en sortir » soupire Ian Anderson, directeur pour les questions climatiques chez WWF à Bruxelles.

Sous un aspect technique, les négociations qui démarrent seront donc assez politiques.

Pour la France, le premier objectif est surtout d’arriver à un vrai texte de négociation, mais court. « On a 39 pages pas très bien fichues. Il faut qu’on sorte avec une trentaine de pages, pas 200, avec un texte structuré » assure une source côté français.

L’UE reste vague

Du côté européen, on réfléchit déjà à la phase suivante. Tous les négociateurs doivent déposer leurs engagements auprès de l’ONU d’ici la fin mai. L’UE a décidé de le faire plus tôt, le 25 février. Il devrait s’agir d’un texte formel, et peu détaillé.

« La Commission se trouve coincée par l’orientation assez vague donnée par le Conseil européen ; elle ne peut pas vraiment détailler des politiques précises qui permettront d’aboutir à la réduction programmée de 40 % des émissions de CO2 d’ici 2030 », reconnaît Ian Anderson.

La Commission a indiqué cette semaine qu’elle publierait, en même temps que sa position officielle pour les négociations climatiques, une « communication » plus générale sur l’énergie et le climat.

Le marché du carbone, outil de référence de l’Union énergétique

Au sein d’un document sur l’Union énergétique discutée cette semaine au collège de la Commission, qu’EurActiv s’est procuré, la Commission rappelle que le marché du carbone sera son principal outil pour lutter contre le changement climatique.

Selon le texte, « la pierre angulaire de la politique climatique de l’UE sera un marché du carbone qui fonctionne bien, qui donnera un vrai prix aux émissions de CO2 et stimulera les investissements dans les technologies bas-carbone. La Commission veut que le marché du carbone joue pleinement son rôle moteur pour les investissements bas-carbone, le marché énergétique interne, et le décollage des énergies renouvelables et l’efficacité énergétique. La Commission s’assurera que l’économie européenne demeure à armes égales en matière de compétitivité par rapport aux économies non européennes ».

émissions de CO2 et stimulera les investissements dans les technologies bas-carbone. La Commission veut que le marché du carbone joue pleinement son rôle moteur pour les investissements bas carbone, le marché énergétique interne, et le décollage des énergies renouvelables et l’efficacité énergétique. La Commission s’assurera que l’économie européenne demeure à armes égales en matière de compétitivité par rapport aux économies non européennes”.

Réactions

« De nombreux problèmes qui auraient pu être résolus à la conférence de Lima ont été repoussés aux négociations de cette année. Cette manière de repousser l’échéance fait peser un lourd fardeau sur les épaules des négociateurs. Pour parvenir à un accord ambitieux sur le climat, les négociateurs doivent changer d’approche et s’inscrire dans la dynamique qui a précédé Lima au cours de laquelle des gens des quatre coins du monde se sont mobilisés en faveur du climat et des pays ont volontairement adopté de nouveaux engagements climatiques » a déclaré Samantha Smith, directrice de l'Initiative mondiale Climat et Énergie au WWF.

Contexte

Les négociations sur le changement climatique ont démarré en 1992, et sont marquées par une conférence internationale annuelle appelée Conférence des Parties, ou COP.

Après la COP 19 à Varsovie fin novembre 2013, le Pérou s'est chargé de la 20ième conférence, à Lima, en décembre 2014.

Paris organise la 21ième conférence, au Bourget, début décembre 2015, une conférence qui revêt une importance particulière. Comme à Copenhague en 2009, les Etats doivent trouver un accord pour donner suite au protocole de Kyoto, dont l'objet était de réduire les émissions de CO2 entre 2008 et 2012. L'enjeu est donc de trouver un cadre juridique contraignant ou non.

Prochaines étapes

  • 8 au 13 février : discussion sur le nouveau traité à Genève
  • 31 mars : chaque pays présente ses engagements
  • 31 mai : date butoir pour la présentation du projet officiel
  • 3 au 14 juin : poursuite des négociations à Bonn
  • 13 au 16 juillet : Troisième conférence internationale sur le financement du développement
  • 1er novembre : synthèse de l’ONU de l’ensemble des engagements

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