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03/12/2016

L’Europe campe sur des ambitions climatiques modérées

Climat & Environnement

L’Europe campe sur des ambitions climatiques modérées

La centrale thermique de Belchatow, en Pologne, où 90 % de l'électricité provient du charbon

Lors du sommet du 4 mars prochain, les ministres européens de l’Environnement devraient aborder la mise en œuvre de l’accord de Paris dans leurs Etats respectifs, sans toutefois réhausser leurs objectifs de réduction de gaz à effet de serre pour 2030. Un article de notre partenaire La Tribune

Les ministres européens de l’Environnement qui se réunissent le 4 mars à Bruxelles ne devraient pas revoir à la hausse leurs objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre. Selon les informations de Reuters, ils devraient s’en tenir à la réduction de 40% en 2030 (par rapport à 1990) qu’ils ont décidée en octobre 2014 dans le cadre du paquet énergie-climat 2030 et dont ils travaillent depuis à se répartir l’effort.

Etat des lieux en 2023

Pourtant, l‘accord de Paris prévoit pour tous les signataires un premier état des lieux en 2023, nourri par un rapport de l’Onu prévu pour 2018. Les émissions des 10 prochaines années seront en effet déterminantes pour l’évolution des températures d’ici à 2050, et il n’y a pas de temps à perdre pour se mettre sur la trajectoire du « zéro émission nette » dans la seconde moitié du siècle comme le prévoit le texte.

En outre, le paquet énergie climat de 2014 stipulait que ces 40% étaient une réduction plancher, ce qui sous-entendait que l’Union européenne pourrait se montrer plus ambitieuse dans le cas où d’autres pays prendraient des engagements… comme ils l’ont fait à Paris en décembre. Côté français, François Hollande avait d’ailleurs annoncé au lendemain de l’accord que la France s’engageait à réviser ses objectifs à la hausse au plus tard en 2020… soit trois ans après la fin de son mandat.

Dépassement de 2 milliards de tonnes de CO2

Une déclaration en ligne avec les implications de l’accord, qui mentionne une limite idéale de la hausse des températures à 1,5°C. Pour la respecter, l’Europe devrait réduire ses émissions de 90 à 95 % d’ici 2050 par rapport à 1990. Ce qui ne pourrait se faire qu’en réhaussant suffisamment  le prix de la tonne de carbone, donc en abaissant la quantité de quotas disponibles sur le marché européen du carbone (European Trading Scheme, ou ETS), plus tôt et plus rapidement  que ce qui est actuellement prévu, à compter de 2019 et au rythme annuel de 2,2%.  Ce que ne manqueront pas de contester les Etats membres les plus dépendants au charbon, Pologne en tête.

En attendant, d’après une note dont le quotidien britanniqueThe Guardian a eu connaissance, l’Union européenne pourrait émettre 2 milliards de tonnes de CO2 de plus que ce à quoi elle s’est engagée en décembre à Paris, précisément en raison d’un prix du carbone trop bas pour inciter les industriels à réduire leurs émissions.

Séance officielle de ratification le 22 avril à New-York

La nouvelle présidente de la COP21 Ségolène Royal, qui présentera la loi de ratification de l’accord lors du Conseil des ministres du 9 mars, entend profiter du sommet Environnement du 4 mars pour inciter ses homologues à faire de même, manière de conférer une unité à l’Europe des 28.

Après cette réunion, les chefs de gouvernements doivent se retrouver dans le courant du mois afin de définir les actions nécessaires pour concrétiser l’accord de Paris.  Celui-ci n’entrera en vigueur que dans le cas où au moins 55 pays, représentant au moins 55% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, le ratifient. Une séance officielle de signature est prévue à l’ONU le 22 avril, à l’occasion de la journée de la Terre.

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