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09/12/2016

L’UE craint de rater l’entrée en vigueur de l’accord de Paris sur le climat

Climat & Environnement

L’UE craint de rater l’entrée en vigueur de l’accord de Paris sur le climat

Time is running out for the international community to keep the global temperature change to below 2°C.

[David Stanley/Flickr]

Les ministres de l’Environnement appellent à une ratification rapide de l’accord de Paris conclu en décembre lors de la COP21, à la fois au niveau des États membres et de l’UE.

Le conseil des ministres de l’Environnement, réuni à Luxembourg le 20 juin, a voulu envoyer un « signal fort pour lancer les procédures de ratification le plus vite possible », a résumé la ministre néerlandaise Sharon Dijksma, dont le pays assure la présidence tournante du conseil.

Il faut que l’UE puisse « être partie à l’accord dès son entrée en vigueur », a-t-elle souhaité lors d’un débat public.

Cette entrée en vigueur sera effective 30 jours après la ratification par au moins 55 pays sur 195, représentant au total 55% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

La France par exemple a finalisé la procédure le 8 juin, devenant le premier pays industrialisé, membre du G7 et du G20, à boucler l’adoption de ce traité historique. Au sein de l’UE, la Hongrie l’a précédée de quelques jours.

>> Lire : La France devient le 17ième pays à ratifier l’accord COP21

Le traité doit être adopté à la fois au niveau de l’UE et de chaque État membre. Une contrainte  qui risque de faire rater à l’UE l’entrée en vigueur de l’accord, notamment si des mastodontes du CO2 – comme les États-Unis, la Chine et l’Inde – terminaient la procédure avant le début de l’année prochaine.

Le calendrier du Parlement européen, co-législateur, fait espérer une ratification au niveau communautaire à l’automne, a souligné la ministre française Ségolène Royal, également présidente de la COP21.

« Nous avons tous notre propre procédure » pour intégrer le traité, a reconnu de son côté la  ministre néerlandaise Sharon Dijksma, soulignant par exemple que dans son pays, le processus touchait directement à la Constitution et nécessitait un certain délai. « Les États membres font vraiment tout leur possible pour ratifier et accélérer la procédure. »

>> Lire : La Commission accélère la ratification de l’accord COP21

Plusieurs États membres ont indiqué, lors du débat public, attendre impatiemment les propositions de la Commission européenne sur le partage de l’effort en matière de lutte contre le réchauffement climatique, attendues vers la fin juillet.

Si l’UE s’est engagée à Paris à réduire d’au moins 40% d’ici 2030 les émissions de gaz à effet de serre par rapport aux niveaux de 1990, les 28 doivent encore s’accorder sur la répartition entre eux des efforts à fournir pour réaliser cet objectif, ce qui promet d’âpres discussions.

>> Lire aussi : Le lobby du charbon furieux d’être «trainé dans la boue» après la COP21