L’UE s’engage dans des promesses très théoriques de financement avant la COP 22

La question des financements climat demeure un des point centraux de la COP 22 . [Images Money/Flickr]

Moins d’un mois avant le début de la COP 22, les ministres des Finances de l’UE promettent davantage de fonds contre le réchauffement climatique. Mais les modalités de cette promesse restent à définir.

À quelques semaines de la COP 22, la délicate question du financement de la lutte contre le réchauffement climatique est revenue sur la table des ministres des Finances de 28 États membres.

Le Conseil Ecofin s’est réuni le 11 octobre au Luxembourg pour s’accorder sur une participation européenne aux objectifs mondiaux de  financement climat, avant la grande réunion internationale de Marrakech.

>>Lire : Les financements pour le climat se font attendre

Lors de la COP 21 en décembre 2015 à Paris, les dirigeants des pays développés s’étaient engagés à dégagé 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 pour soutenir l’atténuation et l’adaptation au changement climatique dans les pays en développement.

Contribution équitable

« Nous avons confirmé que l’UE est engagée à apporter sa juste part à l’objectif commun des pays développés de mobiliser 100 milliards de dollars » a affirmé Peter Kažimír, le ministre slovaque des Finances et président du Conseil.

« Le réchauffement climatique est évidemment un enjeu de la plus haute importance et des prises de décisions rapides  demeurent une priorité pour l’UE. Les financements publics continueront de jouer un rôle central » a-t-il ajouté.

Pour l’heure, le montant des financements climats décompté par l’OCDE reste éloigné des promesses. L’organisation a en effet estimé qu’en 2013-204, l’ensemble des pays développés avait mobilisé 57 milliards de dollars de financement climat. Un chiffre qui avait même été contesté par certains pays en développement, tels que l’Inde, qui l’avait jugé surévalué.

>>Lire : L’Inde accuse l’OCDE de surestimer les financements climatiques

La promesse européenne d’apporter une contribution équitable à cet objectif demeure cependant assez vague dans les conclusions de l’Ecofin. « En effet, il n’y a rien de concret dans le texte adopté par les ministres de Finances, ils ne précisent pas comment ils vont augmenter leur aide  » regrette Armelle le Comte, d’Oxfam France.

Rassembler les financements climat

Avant de s’engager sur un quelconque objectif chiffré, les États membres ont donné mandat à la Commission européenne  pour établir un tableau récapitulatif des financements climatiques des 28 États membres et de l’UE en 2015.

Cette évaluation devra être adoptée avant le début de la conférence internationale de Marrakech, souligne le communiqué.  « Tous les États membres n’ont pas encore communiqué leurs données et la Commission doit analyser les données fournies » a expliqué une source au Conseil.

Pour autant le calendrier devrait être tenu puisqu’e tous les grands États membres ont communiqué leurs chiffres à l’exécutif européen.

>>Lire : Les financements manquent pour atteindre l’objectif des 2°C

Selon une source européenne, l’estimation de la participation européenne devrait prendre en compte «les financements climat provenant de budgets des états, mais aussi des institutions publiques dédiées au développement », telle que l’Agence française de développement ; elle devrait cependant exclure les financements privés, comptabilisés en partie dans l’estimation de l’OCDE.

La question de la contribution de l’UE et des Etats membres à l’objectif de 100 milliards de dollars par an est centrale, puisque le bloc représente le principal pourvoyeur de financement en la matière.

Dans un document de travail datant de 2011, la Commission européenne avait d’ailleurs déjà travaillé sur la question des 100 milliards, estimant que l’objectif était atteignable «  en partant du principe que la participation de l’Union européenne pourrait représenter un tiers du total ».