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04/12/2016

Sarkozy propose une taxe carbone si les États-Unis dénoncent l’accord sur le climat

Climat & Environnement

Sarkozy propose une taxe carbone si les États-Unis dénoncent l’accord sur le climat

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L’ancien président et candidat à la primaire a proposé la création d’une taxe carbone sur les produits américains importés en Europe si le futur président Donald Trump s’obstine dans sa volonté de dénoncer l’accord de Paris sur le climat.

« Donald Trump a dit qu’il ne respecterait pas, on verra s’il tient cet engagement, les conclusions de l’accord de Paris sur le climat. Eh bien je demande que l’Europe se dote d’une taxe carbone aux frontières de l’Europe, une taxe de 1 à 3%, pour tous les produits qui viendraient des États-Unis, si les États-Unis s’exonèrent des règles environnementales que nous, nous imposons à nos entreprises », a annoncé M. Sarkozy sur TF1.

La déclaration de Nicolas Sarkozy intervient dans la foulée de l’élection de Donald Trump, dont les prises de position climato-sceptiques et la promesse de campagne de sortir de l’accord de Paris sur le climat conclu en 2015 inquiètent la communauté internationale.

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La question de la création d’une taxe carbone aux frontières de l’Europe revient régulièrement sur le tapis. En 2009, un projet de taxe carbone mené par le gouvernement Sarkozy avait d’ailleurs échoué, le Conseil constitutionnel la jugeant inégalitaire, donc contraire à la constitution.

>>Lire : La France remet la taxe carbone aux frontières de l’UE sur le tapis

Instaurer une telle taxe uniquement sur les produits américains semble encore plus incertain, puisqu’elle serait discriminatoire et pourrait facilement être contestée devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

« On ne peut pas se retrouver dans une situation où nos entreprises ont des obligations, mais où on continue à importer des produits venant de pays qui ne respectent aucune de ces obligations », a-t-il plaidé à quelques jours du premier tour de la primaire de la droite, dans laquelle l’ancien président est toujours devancé dans les sondages par Alain Juppé.

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Virage climato-sceptique

Nicolas Sarkozy a récemment suscité la polémique en remettant en cause le rôle de l’homme dans le réchauffement climatique, lors d’un discours le 15 septembre dernier.

La prise de position du candidat à la primaire de la droite avait déclaré qu’il fallait « être arrogant comme l’homme pour penser que [nous] avons changé le climat ».

« On a fait une conférence sur le climat. On parle beaucoup de dérèglement climatique, c’est très intéressant, mais ça fait 4,5 milliards d’années que le climat change. L’homme n’est pas le seul responsable de ce changement », avait affirmé l’organisateur du Grenelle de l’Environnement.

 « Buy European Act »

L’ex-chef de l’État, jugeant que l’Europe ne pouvait plus « être faible » ni « naïve », a également proposé, comme il l’avait fait lors de sa campagne perdue de 2012, d’un « Buy European Act ».

Elle serait calquée sur la loi américaine dite « Buy American Act », qui prévoit qu’une entreprise est obligée de construire aux États-Unis même « 50% de la commande publique », a-t-il détaillé.

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Pour M. Sarkozy, « nous ne pouvons plus laisser partir notre industrie et faire preuve d’une telle naïveté ».

Enfin, l’ancien chef de l’État a fait une troisième proposition: une « taxe anti-dumping » frappant les produits chinois, dans le cas où la Commission reconnaîtrait à la fin de l’année le statut de l’économie de marché à la Chine, réduisant ainsi les barrières douanières à l’importation de produits chinois.

« Je crois au commerce, au libre-échange, à la libre circulation des personnes et des biens, mais je veux que dans ce monde sans pitié, avec des leaders de cette nature, l’Europe se réarme et se défende », a-t-il fait valoir