Schengen suspendu pour 30 jours à l’approche de la COP21

Le rétablissement des contrôles aux frontières colle mal avec la campagne de communication du Quai d'Orsay

Le contrôle aux frontières est rétabli à partir d’aujourd’hui, 13 novembre, pour un mois, avec 30 000 policiers mobilisés pour sécuriser l’entrée sur le territoire dans le cadre de la conférence de Paris sur le climat (COP21), où 195 délégations officielles sont attendues et d’importantes manifestations annoncées. »

Une décision colle mal avec l’image que la France souhaite donner pour la COP21, notamment au travers de sa campagne de communication ( cf photo).

Les contrôles renforcés risquent de compliquer le travail des 3 000 journalistes accrédités pour la COP21, en raison du temps nécessaire pour passer les contrôles. La France est déjà en mode « vigipirate » renforcé, ce qui entraîne des contrôles renforcés. Le ministères des Affaires étrangères impose ainsi la fouille de tous les sacs par un chien – à la recherche d’explosifs.

Concrètement, des contrôles auront lieu aux 285 «points de passage transfrontaliers» (voies d’accès routières et fluviales, aéroports et trains) que compte la France, entre le 13 novembre et le 13 décembre. La COP21 se tiendra du 30 novembre au 11 décembre au Bourget, au nord de Paris.

Deux temps de surveillance de «haute intensité» ont été définis, du 25 au 29 novembre puis du 8 au 12 décembre.

Trente mille policiers seront au total mobilisés, a indiqué le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve jeudi.

Ils auront pour mission de «procéder entre le 13 et le 19 novembre à des contrôles mobiles et aléatoires». Les contrôles seront ensuite renforcés «dix jours avant les manifestations des 29 novembre et 12 décembre», et «plus systématiques» quatre jours avant ces manifestations, ce qui correspond aux périodes de «haute intensité», a-t-il ajouté.

«On ne va pas réinstaller des guérites à tous les points de passage», précise toutefois une source policière, mais les contrôles vont se renforcer à l’approche du sommet.

Ultra-gauche et terrorisme dans le viseur

Le gouvernement doit faire face à au moins deux enjeux de sécurité majeurs, dans un contexte de menace terroriste: la protection des 195 délégations officielles et le maintien de l’ordre lors d’importantes manifestations en marge de la conférence.

Il ne s’agit pas de fermer les frontières, a affirmé M. Cazeneuve, mais « de prévenir l’intrusion sur le territoire national d’individus qui pourraient représenter un risque ».

Les présidents américain et chinois, Barack Obama et Xi Jinping, ont annoncé leur venue pour le sommet des chefs d’Etat le 30 novembre, de même que le Premier ministre indien Narendra Modi.

Côté manifestations, les autorités s’inquiètent notamment de la marche de mobilisation de la « coalition climat », dimanche 29 novembre dans la capitale et plusieurs grandes villes, avec au moins des dizaines de milliers de participants.

Un important travail de renseignement a été mené pour anticiper la montée à Paris de « zadistes » (pour ZAD, « zones à défendre ») hostiles au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) ou au Center Parcs de Roybon (Isère), d’opposants à la ligne à grande vitesse Lyon-Turin, voire de « black blocks » d’ultra-gauche, selon des responsables des forces de l’ordre.