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28/09/2016

La pollution de l’air pourrait être à l’origine d’Alzheimer

Climat & Environnement

La pollution de l’air pourrait être à l’origine d’Alzheimer

Les particules fines dans l'air pourraient contribuer à l'apparition de la maladie d'Alzheimer.

© Safia Osman (CC BY-NC-ND 2.0)

Voitures, centrales à charbon, élevage : les sources de particules fines sont nombreuses. Cette pollution de l’air pourrait contribuer à l’apparition de la maladie d’Alzheimer, selon une nouvelle étude.

L’hypothèse n’est pas nouvelle. Ces dernières années, plusieurs études semblent indiquer que la pollution de l’air provoque des dommages au niveau cérébral. Les sujets ayant vécu dans une zone où l’air contient près de deux microgrammes de particules fines par mètre cube, présenteraient notamment un risque plus élevé de 46 % de souffrir d’un accident vasculaire cérébral « silencieux », selon les chercheurs du Beth Israel Deaconess Medical Center de l’université de Harvard et de la faculté de médecine de l’université de Boston.

Les experts ont depuis longtemps souligné que la pollution de l’air était nocive pour la santé et provoquait en particulier des cancers, des maladies respiratoires ou des infarctus. Une réalité confirmée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui estime le nombre de décès à sept millions par an en moyenne. En Allemagne seulement, environ 35 000 personnes meurent de la pollution de l’air chaque année, selon les études du magazine Nature.

L’étude de Barbara Maher de l’université britannique de Lancaster indique à présent que des particules dangereuses se déposent dans le cerveau. Ainsi, l’absorption d’un volume important de poussières fines pourrait déclencher la maladie d’Alzheimer, qui se manifeste généralement à partir de 65 ans par une démence progressive.

>> Lire : Les villes allemandes affichent des niveaux de pollution de l’air excessifs

Le groupe de chercheurs britanniques, mexicains et américains a examiné le cerveau de 37 patients souffrant de maladies neurodégénératives, vivant à Manchester ou à Mexico, où ils ont été exposés toute leur vie aux nuages de particules fines. Huit personnes à Manchester avaient entre 62 et 89 ans et souffraient d’Alzheimer ou se trouvaient à un stade précoce de la maladie.

Tous les sujets, y compris les sujets ne souffrant pas de démence, présentaient un dépôt de particules d’oxyde de fer dans le cerveau. Selon les scientifiques, leur composition chimique est similaire à celles trouvées dans la pollution de l’air.

« L’oxyde de fer joue un rôle dans la formation de radicaux libres, qui contribuent à l’apparition de maladies neurodégénératives, telles que la maladie d’Alzheimer », ont expliqué les chercheurs dans leur étude, parue dans le magazine Proceedings of the National Academy of Sciences.

Cette maladie est conditionnée génétiquement pour moins de 5 % des personnes atteintes. Les scientifiques supposent que les facteurs environnementaux peuvent déclencher et accélérer le processus.