Le climat, grand absent du discours sur l’état de l’Union

La question climatique a été traitée de manière « anecdotique » par Juncker lors de son discours sur l'état de l'Union. [Kevin Gill/Flickr]

Les groupes de défense de l’environnement et les eurodéputés sont déçus de la quasi-absence de la question du climat dans le discours sur l’état de l’Union.

Le discours annuel du président de la Commission a principalement porté sur des questions comme l’immigration, l’emploi et la croissance, les réformes institutionnelles et l’organisation de l’UE à l’avenir. En ce qui concerne l’écologie et la lutte contre le changement climatique, Jean-Claude Juncker est resté coi.

Le discours a bien sûr rappelé les engagements pris via l’accord de Paris et confirmé que la Commission présenterait un projet législatif sur la réduction des émissions dans le secteur du transport, mais les groupes de défense de l’environnement trouvent ces allusions insuffisantes.

Dans une évaluation peu charitable du discours, Wendel Trio, qui dirige le Réseau action climat (RAC) a estimé que Jean-Claude Juncker avait l’air d’un « disque rayé » dès qu’il abordait la question du changement climatique.

Accord de Paris

« La plus grande déception de la matinée a été que [Jean-Claude Juncker] ne reconnaisse pas que le respect de l’accord de Paris nécessitait des efforts renouvelés et une révision à la hausse des objectifs climatiques européens », a-t-il indiqué.

Une opinion partagée par Jeremy Wates, du Bureau européen de l’environnement (BEE), qui appelle l’UE à « accroitre ses ambitions pour 2030 et en faire plus dans tous les secteurs, pas uniquement pour le transport ». Il regrette que le discours n’ait abordé ni la durabilité ni le programme des ODD pour 2030.

Claude Turmes, eurodéputé Vert luxembourgeois, estime que la Commission doit se lancer dans une « modification systémique de son mode de pensée », afin de regagner la confiance des citoyens. Selon lui, le président de la Commission « ne considère pas les politiques climatiques, environnementales et agricoles comme des priorités », et c’est un tort.

Gilles Pargneaux, eurodéputé socialiste français et vice-précisent de la commission pour l’environnement au Parlement européen, est du même avis. « Il est regrettable que la lutte contre le changement climatique ait eu une place anecdotique dans le discours », trouve-t-il,  et espère que la proposition à venir sur les émissions des transports serait assez complète pour policer un secteur responsable de plus du quart des émissions totales de l’UE.

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Claude Turmes estime qu’en allouant si peu de temps aux questions climatiques, Jean-Claude Juncker a l’air de considérer que tout le travail est fait. Il a d’ailleurs insisté sur le fait que la ratification de l’accord de Paris avait eu lieu « dans ce même Parlement », fait remarquer l’eurodéputé.

Leida Rijnhout, des Amis de la Terre Europe, s’inquiète de l’attitude d’un exécutif qui est prêt à reconnaître que le changement est nécessaire dans certains secteurs, mais pas dans d’autres. Selon elle, la Commission Juncker est encore « trop concentrée sur le commerce, l’investissement, la zone euro et la défense ».

Les commissaires à l’énergie et au climat, Maroš Šefčovič et Miguel Arias Cañete, ont pour leur part loyalement soutenu leur président, assurant que l’UE serait bientôt « à l’avant-garde de l’action climatique ».

Karmenu Vella, le commissaire à l’environnement, a ajouté que le programme économique présenté lors du discours de l’état de l’Union recelait un « potentiel énorme pour un avenir plus propre, plus sain et plus durable ». Pour lui, « une économie forte et un environnement sain vont de pair ».

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