Accord de libre-échange en vue avec le Vietnam

Arrivée au marché, Vietnam. [Nathalie Capitan/Flickr]

Le 4 août, la Commission est parvenue à un accord avec le Vietnam sur un traité de libre-échange.

Après deux ans de négociations, l’Union européenne et le Vietnam sont parvenus à un accord politique en vue d’un traité de libre-échange, qui verra la disparition progressive de la quasi-totalité de leurs droits de douane et ouvrira aussi le marché vietnamien des services aux entreprises européennes. L’accord de libre-échange couvrira les biens, les services, l’investissement, et d’autres domaines, comme les appels d’offre du gouvernement.

L’UE est le sixième plus important investisseur étranger au Vietnam. En 2013, les investisseurs européens ont ainsi dédié plus de 500 millions d’euros à l’investissement direct dans le pays.

« Nous sommes parvenus à un accord. Très équilibré, cet accord donnera une impulsion aux échanges commerciaux avec l’une des économies les plus dynamiques d’Asie », s’est félicitée la commissaire européenne chargée du Commerce, Cecilia Malmström, qui souligne qu’un nouveau marché d’environ 90 millions de personne sera ainsi accessible à l’UE.

« Cet accord instaure un nouveau modèle, plus moderne et plus complet, pour les accords de libre-échange entre l’UE et les pays en développement. Il établit également un bon standard de relation commerciale entre l’UE et le Sud-Est de l’Asie d’une manière générale », a ajouté la commissaire.

Lors d’une conférence de presse à Hanoi, le ministre vietnamien à l’Industrie et au Commerce, Vu Huy Tranh, a salué un accord qui « intégrera le Vietnam dans l’économie mondiale » et « apportera d’énormes avantages aux citoyens et aux entreprises des deux côtés ».

>> Lire : L’UE et Singapour concluent un accord de libre-échange

Suppression de la quasi-totalité des droits de douanes

Selon l’accord, la quasi-totalité des droits de douane sur les biens échangés entre les deux économies, soit plus de 99 %, seront levés soit immédiatement, soit après une période pouvant aller jusqu’à sept ans. C’est notamment le cas pour les vins et alcools européens, qui ne se verront plus appliquer de droits de douane au Vietnam à l’issue d’une période de sept ans. Les indications géographiques européennes, comme le champagne, le roquefort ou le parmesan, seront protégées.

De son côté, l’UE éliminera dans le même délai ses propres barrières tarifaires imposées aux textiles et chaussures produits au Vietnam. Les produits qui en bénéficieront devront respecter des critères stricts concernant leur lieu de production, afin d’éviter que le Vietnam ne serve de cheval de Troie à la Chine pour écouler ses produits textiles sur le marché européen.

Autre restriction : l’importation de certains produits agricoles vietnamiens en Europe ne sera pas totalement libéralisée, mais soumise à des quotas, notamment pour le riz, le surimi ou le thon en boîte.

L’accord ne concerne pas seulement les biens, mais aussi « les services, les investissements et l’accès aux marchés publics », a insisté Cecilia Malmström, citant les services financiers, les télécommunications ou les transports.

Après l’échec des négociations entre l’UE et Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE), des discussions entre l’UE et le Vietnam ont débutées en juin 2012.

>> Lire : L’AELE est-elle un modèle pour les accords commerciaux de l’UE ?

Les négociateurs européens et vietnamiens doivent à présent rédiger l’accord proprement dit, en se fondant sur l’accord politique conclu le 4 août. Ils devront encore régler certaines difficultés techniques et finaliser le texte.

Des échanges qui pèsent

Les échanges entre l’UE et e Vietnam pèsent à ce jour 28 milliards d’euros, soit une augmentation de 200 % depuis dix ans. Le Vietnam est donc le quatrième plus important partenaire commercial de l’UE au sein de l’ANASE.

« Le Vietnam a choisi la voie d’une ouverture des échanges, dans le cadre de sa réforme économique », a indiqué Cecilia Malmström, qui ajoute qu’Hanoi a été un partenaire très ambitieux et constructif.

Le nouvel accord est un jalon extrêmement important pour les relations de l’UE avec les pays de l’ANASE. Nombre d’entre eux font en effet partie des négociations pour le partenariat transpacifique. C’est le cas du Vietnam, mais aussi de la Malaisie et de Singapour, par exemple.

Les exportations européennes à destination du Vietnam concernent principalement des produits de haute technologie, comme des équipements et machines électriques, des avions ou des véhicules, ainsi que des produits pharmaceutiques. Hanoi exporte pour sa part des téléphones, des produits électroniques, des chaussures, du textile et des vêtements, des meubles, du café, du riz et des fruits de mer vers l’UE.

L’accord de libre-échange permettra également aux entreprises européennes de répondre aux appels d’offre publics lancés par les autorités vietnamiennes. Les Européens pourraient ainsi participer à la construction d’infrastructures importantes, comme les routes ou les ports, mais aussi collaborer avec des entreprises d’États, comme celles qui gèrent l’électricité, les chemins de fer et les hôpitaux publics.

Une fois finalisé, l’accord devra être approuvé par les ministres du Commerce européen et le Parlement européen.

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