Commerce transatlantique : et maintenant ?

Comment relancer une Europe en crise: deux think tanks amènent des éléments de réponses. [Anucha Sirivisansuwan/Shutterstock]

La reprise des négociations de libre-échange avec les États–Unis pourrait favoriser la croissance européenne selon des économistes. Les intentions de Donald Trump, dont l’électorat y est défavorable, restent troubles.

«  Emmanuel Macron et Angela Merkel doivent voir les choses en grand ! ». Pour Andrea Montanino, directeur du pôle économie et affaires internationales au sein du centre de recherche américain Atlantic Council, la relance économique de l’Europe doit être une priorité.

Lors d’un débat organisé par Axa sur l’avenir de l’économie européenne et des échanges transatlantiques, des intervenants européens et américains ont dégagé des pistes de réflexion pour faire du vieux continent une terre de « prospérité », malgré les crises. En dehors du sujet de l’approfondissement de la zone euro, les avis convergent pour estimer que l’interdépendance des économies américaine européenne doit être incitée.

 

Commercer avec les États-Unis, coûte que coûte

« La croissance européenne dépend essentiellement de la bonne santé des relations commerciales avec les États-Unis » assure Andrea Montanino :  41 % des investissements à l’étranger des entreprises américaines se font en Europe, et 44 % des investissements à l’étranger des entreprises européennes, en Amérique.

Une telle interdépendance impose la poursuite de négociations commerciales, en dépit de l’échec du TTIP. « Le TTIP a du plomb dans l’aile mais Angela Merkel n’a d’autre choix que de se rendre à la Maison-Blanche pour entamer des discussions », affirme l’économiste italien.

Angela Merkel veut relancer les négociations sur le TTIP

La chancelière allemande Angela Merkel s’est prononcée mardi en faveur d’une relance des négociations entre l’UE et les États-Unis sur un accord de libre-échange, au point mort depuis l’élection du président Donald Trump.

Ce vœu pieux ne s’annonce pas simple à réaliser tant la position américaine sur la question est floue. « Au cours de sa campagne, Donald Trump a fortement critiqué les accords commerciaux avec l’Union européenne. Il n’en veut pas », regrette Boyden Gray, ancien ambassadeur des États-Unis auprès de l’Union européenne. Le diplomate, ex-conseiller de George W. Bush, tempère toutefois son pessimisme : « Trump est surtout critique à l’égard des accords de libre-échange avec la Corée du Sud. Il semble moins réticent concernant d’éventuelles négociations avec l’Union ».

Les négociations sur un éventuel accord de libre-échange transatlantique tournent au ralenti depuis août 2016, date à laquelle Matthias Fekl, alors secrétaire d’État français en charge du commerce extérieur, avait déclaré porter « un coup d’arrêt net, clair et définitif » à des négociations jugées trop opaques.

Boyden Gray rappelle également qu’une frange de l’opinion américaine est réticente à la poursuite d’accords commerciaux : « pour les Américains qui ne vivent pas sur les côtes, les accords de libre-échange sont  responsables de la hausse du chômage, et Donald Trump joue sur ce terreau populiste ». Pas sûr, donc, que le TTIP s’offre une seconde chance.