L’UE et le Mercosur veulent signer un accord commercial d’ici la fin de l’année

Susana Malcorra et Cecilia Malmstrom, avant le début de leur réunion, le 20 avril. [European Commission]

La ministre argentine des Affaires étrangères, Susana Malcorra, rencontre la commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmström, pour discuter de l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur.

L’Union européenne et le Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay et Paraguay) entrent à présent dans le dernier cycle de leurs négociations pour un accord commercial, qu’ils devraient conclure d’ici la fin de l’année ou le début de l’année 2018 au plus tard, a indiqué la ministre argentine.

La viande, les produits agricoles et les indications géographiques restent cependant des thèmes délicats entre les deux entités. La ministre argentine a d’ailleurs admis que le « scepticisme mutuel » entre les deux parties avait mené à un échange d’offres « insatisfaisant » l’année dernière.

Mais une fois les doutes initiaux passés, et après avoir bâti une « confiance mutuelle » en se mettant d’accord sur « les sujets les plus simples » au cours des derniers mois, Susana Malcorra a souligné qu’un « engagement » avait bien été pris pour conclure un accord.

L’élection de Donald Trump a également renforcé les liens entre les Américains du Sud et les Européens. Si le président a à peine été cité pendant la rencontre, Susana Malcorra a déclaré que le « vent de protectionnisme et la remise en question du multilatéralisme » de l’administration Trump avaient poussé le Mercosur et l’UE à prendre la situation en main, non seulement en matière de commerce, mais aussi au niveau politique.

Merkel en faveur d’un accord «équitable» avec le Mercosur

Le 4 février, la chancelière allemande, Angela Merkel, a affirmé son intention de conclure un traité de libre-échange « équitable » entre l’Union européenne et le Mercosur, la communauté économique sud-américaine.

Un accord en perpétuelle mutation

Cet accord commercial ne constituerait pas la fin du processus, étant donné que les deux parties veulent continuer à approfondir leur relation avec de nouveaux chapitres, a commenté la ministre argentine. « Ces accords doivent pouvoir évoluer », a-t-elle souligné. Ils pourront être mis à jour avec de nouvelles clauses, y compris un chapitre sur l’investissement. Si ces accords ne sont pas révisés, « ils pourraient être remis en question », a-t-elle averti.

Une fois que les deux parties se seront mises d’accord sur les chapitres « les plus importants » du projet d’accord, elles devraient s’échanger leurs offres sur les questions restantes afin de conclure un accord d’ici la fin de l’année ou le premier quadrimestre 2018. Cependant, aucune date limite n’a été fixée.

Un scandale sanitaire au Brésil met en péril l’accord UE-Mercosur

L’Union européenne insiste pour que les dirigeants brésiliens tiennent une réunion urgente afin de s’expliquer au sujet du scandale de la viande avariée impliquant deux grandes entreprises exportatrices du pays. Un article d’Euractiv Espagne.

Pomme de discorde

La ministre argentine reste consciente des différences parmi les États membres de l’UE sur des « sujets très complexes », tels que les quotas et les droits de douane sur la viande, et de la difficulté de progresser sur ces sujets en raison des élections cette année dans les plus grands pays de l’UE.

« Ces questions sensibles ont un impact sur les États membres de l’UE et il faut le prendre en compte, sinon il sera plus difficile de trouver un accord », a-t-elle déclaré aux journalistes.

Susana Malcorra a reconnu que le Mercosur avait également du travail sur des sujets tels que les indications géographiques et les certifications phytosanitaires.

Le Mercosur prêt à négocier un accord commercial avec l'UE

Les ministres des Affaires étrangères du Mercosur ont adopté une position commune pour entamer des négociations sur un accord commercial avec l’UE. Les représentants européens se rendront en Argentine la semaine prochaine pour entamer le dialogue avec leurs homologues sud-américains. Un article d’Euractiv Espagne.

Indications géographiques

Les quatre États d’Amérique du Sud finalisent actuellement leur propre liste d’indications géographiques. « Nous nous engageons à accélérer le processus, étant donné qu’une analyse très détaillée est nécessaire », a précisé la ministre.

Leur proposition sera comparée avec la liste de l’UE. La liste finale de produits protégés sera constituée selon une approche factuelle, et parfois en fonction de compromis politiques, a-t-elle expliqué.

Cette problématique a été sujette à controverse dans le passé entre l’UE et le Mercosur. La région viticole espagnole La Rioja est notamment entrée en conflit avec La Rioja d’Argentine pour l’utilisation du nom de ses vins.

« Faire partie de la vice-royauté du Rio de la Plata nous a permis d’hériter de certains noms qui représentent une compensation pour avoir été une colonie dans le passé », a dit ironiquement Susana Malcorra.