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24/01/2017

L’Espagne veut accélérer les négociations commerciales entre l’UE et le Mercosur

Commerce & Industrie

L’Espagne veut accélérer les négociations commerciales entre l’UE et le Mercosur

Jose Manuel Garcia-Margallo

[EFE]

Il est temps d’accélérer les négociations entre l’UE et les pays du Mercosur en vue d’un accord de libre-échange, a déclaré Jose Manuel Garcia-Margallo, ministre espagnol des Affaires étrangères, en visite au Brésil.

« Le temps est venu d’accélérer », a déclaré Jose Manuel Garcia-Margallo, le ministre espagnol aux Affaires étrangères qui assistait à Sao Paulo aux « petits-déjeuners EFE » organisés par l’agence de presse.

L’accord d’association espéré entre l’UE et le Mercosur, le marché commun sud-américain qui regroupe l’Argentine, le Brésil, le Paraguay, l’Uruguay et le Venezuela, « est dans notre intérêt à tous », estime le ministre espagnol, qui souligne que l’Espagne est le pays européen le plus ouvert aux négociations, contrairement à certains autres États membres, qui se montrent plus prudents.

L’été dernier, la chancelière allemande, Angela Merkel, avait déjà assuré à Dilma Rousseff qu’elle ferait de son mieux pour accélérer les négociations.

>> Lire : Accord de libre échange avec le Mercosur : les agriculteurs européens perdants

« Les quatre pays du Mercosur qui sont intéressés par les discussions doivent prendre une décision », poursuit-il, tout en excluant tout réel progrès avant les élections présidentielles argentines, qui se dérouleront en octobre. « Nous verrons ensuite s’ils veulent tous aller de l’avant à la même vitesse. »

Accord sans le Venezuela?

Le Venezuela, le membre le plus récent du Mercosur, « est un cas à part, puisqu’il entre dans le Mercosur plus lentement ». Le ministre a cité l’exemple des négociations entre l’UE et la Communauté andine, qui ont mené à un accord incluant le Pérou et la Colombie, mais pas l’Équateur.

Selon Jose Manuel Garcia-Margallo, un accord avec le Mercosur « nous permettrait de compléter le triangle entre l’Union européenne et l’Amérique latine », et, dans le cas du Brésil, « le potentiel est immense ». « Nous voulons que le Mercosur soit plus ouvert, pour éliminer les entraves tarifaires », conclut-il.

En ce qui concerne les relations bilatérales avec le Brésil, le ministre est catégorique : « la relation n’a jamais été mauvaise. Le seul hic qui alimente les rumeurs est le fait que Brasilia n’a pas appuyé la candidature (réussie) de l’Espagne pour le Conseil de sécurité de l’ONU. Là, c’est le type de réforme nécessaire au Conseil qui posait problème. »

>> Lire : L’UE et le Brésil se penchent sur un accord de libre-échange

« Nous avons aujourd’hui un dialogue stratégique et des consultations permanentes », a noté le ministre, qui ajoute que sa rencontre du 15 juillet avec son homologue brésilien, Mauro Veira, a permis un examen approfondi du programme bilatéral.

Contexte

L'UE et le groupe du Mercosur qui comprend l'Argentine, le Brésil, le Paraguay, et l'Uruguay ont relancé les négociations de 2010, après six ans sans avancée. Le Venezuela, membre adhérent au Mercosur, ne fait pas partie des négociations, car le pays est en cours d'intégration au sein du Marché commun du Sud.

En mai dernier, le Mercosur a poursuivi le processus avec une proposition conjointe en vue d'asseoir un échange avec l'UE, selon les dernières discussions à Caracas parmi les États membres. Le même mois, le ministre brésilien aux Affaires étrangères, Luiz Alberto Figuereido, a annoncé lors d'une visite à Montevideo, capitale de l'Uruguay, que les négociations étaient « au dernier stade » et « qu'il s'agissait d’une question de semaines ou de mois ».

À l'origine, le Mercosur devait présenter les propositions vers la fin de l'année 2013. Le projet a toutefois dû être suspendu, notamment à cause de l'Argentine, dont les propositions étaient beaucoup plus restrictives que celles des autres États membres, selon certaines sources diplomatiques de l'époque.

Le Mercosur et l'UE font tous deux partie de l'Organisation mondiale du commerce, et tout accord entre les deux parties doit être compatible avec les normes énumérées par l'OMC.