Le rapprochement des chars français et allemands se précise

La mitrailleuse d'un véhicule KMW. [Thomas Quine/Flickr]

Les deux groupes spécialisés dans la fabrication d’armements terrestres, le français Nexter et l’allemand Krauss-Maffei Wegmann (KMW) devraient finaliser leur opération de rapprochement fin octobre, début novembre. Un article de notre partenaire La Tribune.

Tic-tac, tic-tac… Les deux groupes spécialisés dans la fabrication d’armements terrestres Nexter et Krauss-Maffei Wegmann (KMW) sont en train de lever progressivement les obstacles à la finalisation de leur rapprochement (closing, dans le jargon financier). Le closing est prévu fin octobre, voire début novembre, selon des sources concordantes. « Tout se passe de façon normale », explique une source proche du dossier très confiante sur l’issue du projet. Paris et Berlin auraient d’ailleurs prévu à cette occasion de faire une déclaration de portée politique, dépassant le cadre de cette opération. Elle est actuellement préparée par le ministère de la Défense.

Quels sont les autorisations à obtenir pour les deux groupes ? Le ministre de l’Économie et de l’Énergie, Sigmar Gabriel, doit encore donner son autorisation, tout comme l’organisme surveillant les investissements étrangers en Allemagne. Ce qui ne devrait pas poser de problème en dépit de l’opposition initiale du ministre, qui préférait une solution nationale. En août, les autorités de la concurrence allemandes ont en revanche déjà donné leur feu vert. « Il a été contrôlé, si cela gênerait une concurrence importante sur les marchés concernés. Nos enquêtes ont montré que, dans ce cas-là, cela n’était pas à attendre, également dans la construction de blindés », a expliqué fin août dans un communiqué le président de l’Office anti-cartel, Andreas Mundt.

En France et… aux États-Unis ?

En France, Nexter et KMW attendent encore l’obtention de l’avis officiel de la Commission des participations et des transferts (CPT), autorité administrative indépendante chargée de préserver les intérêts stratégiques et financiers de l’État actionnaire. C’est donc la CPT qui autorise ou pas les transferts au secteur privé de participations détenues par l’État dans des entreprises à participation publique. Pour autant, Bercy avait déjà demandé au printemps dernier un avis non officiel. Il avait alors été positif.

Cette opération est également soumise au décret Montebourg du 14 mai 2014 sur les investissements étrangers en France (IEF). Il soumet certains investissements étrangers en France à l’autorisation préalable de l’État. L’opération de rapprochement entre Nexter et KMW entre dans le périmètre de ce décret. Enfin, cette opération est également soumise au Comité pour l’investissement étranger aux États-Unis (CFIUS), l’organisation américaine chargée d’analyser les acquisitions de sociétés américaines par des étrangères. KMW a effectivement une filiale à Orlando aux États-Unis, Wegmann USA Inc. Traininig & Simulation, qui travaille sur le char américain Abrams.

Un leader européen

Nexter et KMW, qui vont s’associer dans une entreprise commune sans fusionner, représentent un chiffre d’affaires cumulé d’environ deux milliards d’euros (1,05 milliard pour Nexter et 747 millions pour KMW en 2014), pour des effectifs de 6 000 personnes. Le nouvel ensemble se rangera derrière le géant américain General Dynamics (environ 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires dans la seule branche terrestre), le britannique BAE Systems (environ 3,6 milliards d’euros) et l’américain Oshkosh Defense.