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23/01/2017

Merkel pressée de négocier le traité transatlantique avec Obama

Commerce & Industrie

Merkel pressée de négocier le traité transatlantique avec Obama

Angela Merkel et Barack Obama lors d'un sommet du G20, en 2009.

[Downing Street/Flickr]

La chancelière allemande estime que l’arrivée d’un(e) nouvel(le) occupant(e) à la Maison Blanche début 2017 suppose une « longue interruption » des négociations sur le traité commercial entre l’UE les États-Unis. Il faudrait donc rapidement faire avancer les négociations.

Pour Angela Merkel, il faut faire vite. La chancelière allemande souhaite que les négociations en cours entre l’Union européenne et les États-Unis soient conclues avant le départ de Barack Obama après l’élection de novembre 2016, à laquelle il ne peut pas se présenter selon la loi électorale américaine. Sans un accord avant son départ en janvier 2017, la chancelière allemande craint une « longue interruption ».

>> Lire : L’Allemagne et l’Autriche concentrent le plus d’opposition au TTIP

Un marché plus grand que la Chine

Dans une interview publiée samedi dans le Süddeutsche Zeitung, quelques jours avant le G-7 organisé par l’Allemagne, Angela Merkel avance ses arguments en faveur de ce traité qui créera la plus grande zone de libre-échange au monde:

« Les États-Unis sont l’un de nos plus importants partenaires commerciaux. (…) En particulier pour notre économie basée sur les exportations, les États-Unis sont le principal marché en dehors de l’UE, même bien plus grand que la Chine. »

Il est « dans l’intérêt de nos emplois et de notre prospérité que nous encouragions le commerce avec les États-Unis et que nous ne l’abandonnions pas à des concurrents d’autres régions du monde ».

Angela Merkel juge important « que le libre-échange transatlantique suive le rythme de la région Pacifique ». Les négociations entre les États-Unis et plusieurs pays d’Asie et d’Océanie sur la création d’un partenariat transpacifique (TPP) sont également en cours, à un plus stade avancé.

Réticences en Europe

Or, le Partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement (TTIP selon son sigle anglais), suscite des réticences, notamment en Allemagne. Ces réticences concernent en particulier des éléments du projet de traité, notamment un mécanisme d’arbitrage qui permettrait aux entreprises multinationales de contester des réglementations locales.

« Il y a des inquiétudes sur le fait de savoir si nos normes sociales et écologiques seront préservées », reconnaît la chancelière.

Celle-ci accuse certaines associations de défense des consommateurs et écologistes de vouloir renforcer ces normes dans le cadre des négociations sur le TTIP plutôt que de chercher à les défendre. « C’est la mauvaise approche », dit-elle.

>> Lire : L’opinion publique vent debout contre la clause d’arbitrage du TTIP

Écoutes téléphoniques

Même le scandale des écoutes ne remet pas en cause la volonté d’Angela Merkel de négocier promptement avec le chef de l’État américain. En 2013, les relations avec le Bureau ovale avaient été entachées par des révélations sur des écoutes pratiquées par les services secrets américains jusqu’aux plus hautes instances berlinoises. Le téléphone portable d’Angela Merkel lui-même aurait été placé sur écoutes.

Malgré ce différend, la chancelière espère pouvoir conclure un accord avant qu’une nouvelle équipe ne s’installe à la Maison Blanche. Il faut dire que le débat politique outre-Atlantique laisse planer des doutes sur l’avenir de ces négociations.

Divisions outre-Atlantiques?

La candidate aux primaires démocrates, Hillary Clinton, se montrerait en effet plutôt évasive à l’égard des traités commerciaux en cours de négociations par Washington. « Le but est d’assurer une plus grande prospérité et sécurité pour les familles américaines, pas le commerce pour le commerce », a avancé son porte-parole Nick Merril selon des propos rapporté par le Guardian.

De son côté, la Maison Blanche assure que l’ancienne Premier dame partage les vues de Barack Obama. Chez les Républicains américains, camp favorable à la signature des traités, le chef de file de la Chambre des représentants, John Boehner, l’a enjointe à se positionner plus fermement.

>> Lire aussi : L’Allemagne craint que le TTIP ne pénalise ses saucisses grillées

Cet article est initialement paru sur La Tribune.

Contexte

Les négociations entre les États-Unis et l'Union européenne sur le partenariat transatlantique pour le commerce et l'investissement (TTIP) ont débuté en juillet 2013.

La ratification du Partenariat transatlantique pourrait avoir un impact sur près de 40 % du PIB mondial. Le marché transatlantique est déjà le plus important marché à l'échelle planétaire.

La conclusion de ce partenariat pourrait permettre aux entreprises d'économiser des millions d'euros et créer des centaines de milliers d'emplois. On estime que l'économie engendrée par le TTIP s'élèvera en moyenne à 545 euros par an par foyer européen. Le partenariat pourrait également faire augmenter le PIB européen de 0.5 %.

Malgré ces avantages économiques, une partie de l’opinion publique, tant en Europe qu’aux États-Unis, s’oppose fermement à la signature du traité.