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29/08/2016

Merkel veut accélérer les discussions entre le Mercosur et l’UE

Commerce & Industrie

Merkel veut accélérer les discussions entre le Mercosur et l’UE

Dilma Rousseff and Angela Merkel [Wikimedia]

La chancelière allemande, Angela Merkel, a assuré au Brésil qu’elle fera tout son possible pour faire aboutir les négociations visant à créer un espace de libre-échange entre l’UE et le Mercosur.

Les négociations commerciales entre l’UE et le Mercosur sont un vieux serpent de mer entre les deux continents. À l’occasion de sa visite au Brésil où se déroule la Coupe du monde du football, la chancelière allemande, Angela Merkel, a déclaré que les deux principales économies d’Europe et d’Amérique du Sud avaient tout à gagner dans le renforcement commercial et d’investissement.

« Il est dans notre intérêt de conclure un accord de libre-échange entre le Mercosur et l’Union européenne », a-t-elle déclaré aux journalistes après sa rencontre avec la présidente brésilienne, Dilma Rousseff. « Je vais faire tout mon possible pour que nous puissions avancer et surmonter les obstacles ».

Angela Merkel et Dilma Rousseff ont discuté de la coopération dans le domaine de la recherche scientifique et du secteur de l’énergie, y compris les énergies renouvelables. Leur objectif est aussi d’encourager les prises de participation communes afin d’augmenter les flux financiers.

Mais la lenteur des négociations sur l’accord de libre-échange entre l’Europe et le Mercosur a freiné la libéralisation commerciale entre les deux espaces économiques. La zone commerciale de libre-échange comprend l’Argentine, le Brésil, le Paraguay, l’Uruguay et plus récemment le Venezuela.

Des négociations ont été tenues par intermittence à partir de 1999. Elles ont repris en 2010 après six années de gel. Dans le passé, les négociations avaient piétiné sur les questions de subventions agricoles au niveau européen et sur l’ouverture des industries de la zone du Mercosur à la concurrence européenne.

« Ca n’apporte rien de continuer à discuter si les deux parties ne sont pas prêtes à le faire » a déclaré Christian Leffler, directeur général pour les Amériques au sein du Service européen pour l’action extérieure lors d’un récent entretien. En l’occurrence, il n’y a aucune réunion de prévue entre les diplomates de l’Union européenne et du Mercosur.

Dans des pays comme l’Irlande, les éleveurs craignent que leur production ne puisse pas faire face à la concurrence de pays comme l’Argentine et le Brésil. Ils sont en effet les deux premiers exportateurs de viande bovine et de volailles au monde actuellement.

En pleine crise économique, l’Argentine a traîné intentionnellement le pas dans l’établissement d’une liste de produits européens qui pourraient entrer dans la zone du Mercosur sans faire l’objet d’une taxe douanière.

Le dernier membre du Mercosur, le Venezuela, a été exclu des négociations avec l’Union européenne, car le pays n’est pas prêt à faire face à la concurrence européenne.

Le Brésil, la première puissance économique régionale, cherche à développer le commerce en vue d’accélérer son économie qui a tendance à s’essouffler. Or Brasilia a le sentiment qu’elle est actuellement mise de côté en raison des négociations qui sont menées entre l’UE et l’Asie d’une part et l’Union et les États-Unis d’autre part.

L’UE et le Mercosur auraient dû échanger des propositions d’ici la fin de l’année dernière en vue de poser les limites au projet de libre-échange dans des domaines allant de la production bovine au secteur automobile. Le projet a pour but de créer un espace de libre-échange qui comprendrait 750 millions d’individus et un volume d’échange commercial de 130 milliards de dollars par an.

La date butoir a été repoussée et les listes ne devraient pas être sur la table de négociations avant juillet, une fois la Coupe du monde de football terminée. 

Contexte

L'UE et le groupe du Mercosur qui comprend l'Argentine, le Brésil, le Paraguay, et l'Uruguay ont relancé les négociations de 2010, après six ans sans avancée. Le Venezuela, membre adhérent au Mercosur, ne fait pas partie des négociations, car le pays est en cours d'intégration au sein du Marché commun du Sud.

En mai dernier, le Mercosur a poursuivi le processus avec une proposition conjointe en vue d'asseoir un échange avec l'UE, selon les dernières discussions à Caracas parmi les États membres. Le même mois, le ministre brésilien aux Affaires étrangères, Luiz Alberto Figuereido, a annoncé lors d'une visite à Montevideo, capitale de l'Uruguay, que les négociations étaient « au dernier stade » et « qu'il s'agissait d’une question de semaines ou de mois ».

À l'origine, le Mercosur devait présenter les propositions vers la fin de l'année 2013. Le projet a toutefois dû être suspendu, notamment à cause de l'Argentine, dont les propositions étaient beaucoup plus restrictives que celles des autres États membres, selon certaines sources diplomatiques de l'époque.

Le Mercosur et l'UE font tous deux partie de l'Organisation mondiale du commerce, et tout accord entre les deux parties doit être compatible avec les normes énumérées par l'OMC.