Renzi prévoit un accord de libre-échange UE-Japon d’ici la fin de l’année

Matteo renzi, premier ministre italien. [Palazzo Chigi]

Selon le premier ministre italien, un accord de libre-échange entre le Japon et l’UE pourrait tout à fait voir le jour d’ici la fin de l’année. Un article d’EURACTIV Italie.

Matteo Renzi, le Premier ministre italien, s’est rendu à Tokyo pour rencontrer son homologue japonais, Shinzo Abe. Il a assuré ce dernier que l’Italie ferait tout son possible pour que l’UE valide rapidement l’accord de libre-échange entre avec le Japon.

Sommet UE – Japon

À la fin du sommet bilatéral UE – Japon du mois de mai, Donald Tusk, le président du Conseil, Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, et Shinzo Abe ont assuré dans une déclaration commune que Tokyo et Bruxelles œuvraient à la résolution de « questions d’une importance vitale pour les citoyens et pour le monde » sur la base de « valeurs et de principes communs ».

La rencontre des représentants des deux entités a permis « des avancées dans les négociations » sur un accord de libre-échange et sur un accord de collaboration stratégique sur la sécurité et la défense. Ces accords ont le potentiel d’« amener les relations entre l’UE et le Japon à un nouveau niveau stratégique » et « amélioreront la coopération bilatérale et la prospérité commune ».

L’accord de libre-échange permettra de renforcer les rapports commerciaux des deux puissances et de « paver la route de l’avenir ». Tokyo et Bruxelles ont toutes deux exprimé leur volonté de conclure cet accord le plus rapidement possible. Donald Tusk a notamment souligné deux « objectifs ambitieux » : l’élimination des droits de douane et des barrières non tarifaires, et l’ouverture des services, de l’investissement et des appels d’offres publics.

Le président du Conseil a également souligné que l’accord doit arriver rapidement et contenir des mesures importantes. Il n’a pas hésité à dénoncer des progrès jusqu’ici trop timorés.

L’Italie veut voir cet accord aboutir rapidement

Le 3 août, à Tokyo, Matteo Renzi a déclaré que l’Italie ferait tout son possible pour que l’accord soit approuvé sans délai. « Nous faisons partie du G7 et du G20 et nous partageons souvent la même opinion sur les dossiers principaux [qui nous touchent] », assure le Premier ministre italien. « Je pense qu’il est important que nous continuions sur cette voie ».

Il estime important que l’UE donne rapidement son feu vert à l’accord de libre-échange et « tous les accords qui doivent être approuvés par l’Europe ».

Shinzo Abe, le Premier ministre japonais a assuré son homologue italien qu’il était également décidé à faire passer l’accord d’ici la fin de l’année « tant pour le partenariat stratégique que pour l’accord de libre-échange », parce qu’il s’agit d’une « opération gagnant-gagnant », aussi bénéfique pour le Japon que pour l’Europe.

Commerce UE – Japon

Si en 2004 le Japon faisait partie des cinq principaux partenaires commerciaux de l’UE, il a à présent reculé à la septième place.

Selon les derniers chiffres d’Eurostat, la valeur des importations dans l’UE de biens japonais s’est accrue après la crise financière, jusqu’en 2011, année à laquelle elle s’est mise à décliner. En 2014, les importations japonaises dans l’UE ne valaient plus que 54,6 milliards d’euros, le chiffre le plus bas depuis dix ans. Les importations japonaises ont aussi diminué de 4 % l’année dernière.

De la même façon, les exportations vers le Japon n’ont que légèrement diminué lors de la crise financière pour reprendre et atteindre un pic de 55,7 milliards d’euros en 2012. Dans les trois années suivantes, elles ont ensuite diminué jusqu’à atteindre 53,3 milliards d’euros en 2014. Cette diminution n’est cependant pas extraordinaire, puisque, selon Eurostat, les exportations de marchandises européennes vers le Japon ont subi une contraction de 1 % entre 2013 et 2014.

Parmi les pays de l’UE, c’est l’Allemagne qui a le plus importé de biens japonais en 2014, avec à elle seule 27 % des importations du pays vers l’UE (soir 14,5 milliards d’euros). L’Allemagne est également le pays qui exporte le plus vers l’archipel, avec 32 % des biens européens exportés vers le Japon (soit 17,1 milliards d’euros). Si l’Italie n’est pas dans les premiers importateurs, elle est le troisième pays à exporter vers le pays du Soleil levant, avec 10 % (5,4 milliards d’euros), juste après la France (13 %, 6,8 millions) et avant le Royaume-Uni (10 %, 5,2 milliards d’euros).

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