Le TTIP pourrait être ressuscité

L'opposition au TTIP s'est mobilisée, en Europe et, dans une moindre mesure, aux États-Unis. [Shutterstock]

Les États-Unis ont affirmé être « ouverts » à l’idée de reprendre les négociations sur le TTIP, l’accord de libre-échange prévu avec l’UE.

Wilbur Ross, secrétaire d’État américain au commerce, a ainsi déclaré à CNBC qu’il était « sensé de continuer les négociations du TTIP et de trouver une solution qui augmente le volume total des échanges tout en réduisant le déficit commercial [des États-Unis] ».

« Ce n’est pas un hasard si nous nous sommes désengagés du TPP [l’accord de partenariat transpacifique], mais pas du TTIP », a-t-il souligné.

Une déclaration qui marque un changement de ton par rapport à la rhétorique adoptée jusque-là par l’administration Trump et fait suite à des tensions entre Washington et Berlin sur la diplomatie et le commerce.

Protectionnisme

L’une des premières décisions protectionnistes de Donald Trump a en effet été de se retirer des négociations du TPP signées par 12 pays du Pacifique, dont l’Australie et le Japon.

Lancées en 2013, les négociations du TTIP, censé ouvrir une aire de libre-échange énorme entre les 28 et les États-Unis, ont été gelées après l’élection de Donald Trump, qui a concentré sa campagne sur le protectionnisme.

L’avancée de l’accord s’est également heurtée à une opposition bruyante de la société civile. Dans le même temps, la ratification du CETA, l’accord de libre-échange entre l’UE et le Canada, a été compliquée par les exigences du gouvernement wallon, qui a failli faire dérailler tout le processus.

La signature du CETA sous haute tension

Après sept ans de négociations et une conclusion à suspense, l’UE et le Canada ont fini par signer l’accord de libre-échange le 30 octobre.

Il y a un an, Bruxelles et Washington espéraient que l’accord du TTIP passe l’épreuve du Congrès américain avant la fin du mandat de Barack Obama, mais ne sont pas parvenus à tenir ce programme serré.

De nouvelles zones se dessinent

En mai, les ministres du commerce des pays d’Asie-Pacifique ont décidé de ressusciter le TPP, même si les États-Unis ont réaffirmé leur intention de se retirer de l’accord. Avec ses 12 membres, le TPP devait au départ couvrir 40 % de l’économie mondiale.

Le Japon, l’Australie et la Nouvelle-Zélande sont les nouveaux champions de ce qu’ils appellent le « TPP 11 » et sont persuadés que l’accord permettra de sécuriser le commerce et de renforcer le droit du travail et la protection de l’environnement.

La réticence du gouvernement américain n’a pas découragé l’UE de poursuivre ses ambitions. Le bloc négocie en ce moment avec le Mercosur, une alliance d’États d’Amérique du sud, revoit l’accord existant avec le Mexique et envisage de rouvrir les négociations avec l’Inde.

Berlin pousse l’Inde au libre-échange avec l'UE

Selon une nouvelle étude, un accord de libre-échange entre l’UE et l’Inde apporterait à l’Europe, et surtout à l’Allemagne, plus de 21 milliards d’euros. Un article d’Euractiv Allemagne.

La politique commerciale européenne a été précisée le 16 mai, quand la Cour de justice européenne a décidé que l’accord entre l’UE et Singapour ne pouvait être conclu par la Commission à elle seule. Les États joueront donc à l’avenir un plus grand rôle dans les décisions commerciales.

S’il s’agit d’une défaite pour l’exécutif européen, elle a le bénéfice de clarifier les conditions de négociations et de conclusion des accords à l’avenir. Cette jurisprudence sera en outre essentielle dans la négociation d’un accord avec le Royaume-Uni après le Brexit et dans la reprise des discussions sur le TTIP, le cas échéant.

La justice joue les trouble-fêtes dans la politique commerciale de l’UE

L’Union européenne devra obtenir l’accord des parlements nationaux afin de finaliser un accord de libre-échange avec Singapour. La CJUE a rendu son verdict : l’accord « dans sa forme actuelle » ne peut pas être conclu par la Commission seule.