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23/01/2017

La Commission aurait su dès 2013 que certains moteurs automobiles étaient truqués

Concurrence

La Commission aurait su dès 2013 que certains moteurs automobiles étaient truqués

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Le précédent commissaire à l’environnement avait alerté l’exécutif européen sur les performances des moteurs qui auraient été « ajustés pour se conformer aux tests » selon le FT.

La Commission européenne savait que des constructeurs automobiles truquaient des moteurs pour fausser les tests antipollution dès 2013, bien avant que le scandale Volkswagen n’éclate selon le Financial Times.

Le quotidien britannique estime que les autorités européennes ont ignoré un avertissement du commissaire à l’environnement, Janez Potocnik, qui aurait mentionné ce problème dans une lettre adressée en février 2013 au commissaire à la politique industrielle, Antonio Tajani.

Le groupe Volkswagen, numéro un mondial de l’automobile, a reconnu en septembre qu’il avait équipé des millions de véhicules de moteurs diesel dotés d’un logiciel permettant de fausser les contrôles officiels de niveau de pollution.Les dirigeants de l’UE étaient au courant du problème deux ans avant sa révélation et l’ont laissé persister, selon le Financial Times, qui cite un échange de lettres entre responsables de l’UE.

Le commissaire à l’Environnement, Janez Potocnik, mentionne le problème dans une lettre adressée en février 2013 au commissaire à la Politique industrielle Antonio Tajani, selon le Financial Times. »Il y a des préoccupations répandues selon lesquelles la performance (des moteurs, ndlr) a été ajustée pour se conformer au cycle de tests, en dépit d’une spectaculaire augmentation des émissions en dehors de ce contexte », a écrit M. Potocnik, selon le journal.

Le scandale a éclaté en septembre lorsque les autorités américaines ont accusé le groupe Volkswagen d’avoir équipé des millions de moteurs d’un logiciel qui active les systèmes de limitation de la pollution lorsque le véhicule subit un test environnemental, mais les désactive lorsqu’il circule, ce qui entraîne des taux d’émission dangereux.

Volkswagen a reconnu que jusqu’à 11 millions de véhicules dans le monde, de marques VW et d’autres marques du groupe, étaient équipés du logiciel tricheur.Le groupe, dont le patron Martin Winterkorn a dû démissionner, va devoir payer des milliards d’euros en coûts de rappel de véhicules et en contentieux juridiques.

Des enquêtes sur la gigantesque fraude sont ouvertes en Allemagne, en France, en Italie, en Espagne et aux Etats-Unis.

Par ailleurs, des voix s’élèvent pour demander une enquête au Parlement européen, qui doit se prononcer mardi 27 octobre sur un rapport portant sur les Mesures d’émissions dans le secteur automobile.

>>Lire : Le Parlement européen demande une enquête sur Volkswagen

Les Verts ont déposé un amendement proposant la création d’une réelle commission d’enquête parlementaire sur le sujet. Une hypothèse qui avait déjà été refusée l’hiver dernier à propos des rescrits fiscaux ; les dirigeants de groupes du Parlement européen avaient alors préféré la formation d’une commission spéciale, qui dispose de moins de prérogatives.

Réactions

« Une commission d'enquête parlementaire est indispensable afin d'évaluer l'ampleur de cette fraude, d'en faire porter le coût aux responsables et de définir les éventuelles complicité . Sans cela, l'amélioration des normes d'émissions de polluants et des conditions de tests resteront lettre morte, alors que c'est avant tout la santé de l'ensemble des citoyennes et citoyens qui est en jeu» estiment Karima Delli et Pascal Durand, eurodéputés Verts membres de la commission environnement du Parlement européen.

Contexte

Le nouveau président de Volkswagen estime que le scandale de fraude aux tests des émissions polluantes de ses moteurs diesel représente un risque vital pour le premier constructeur européen, selon le journal allemand Welt am Sonntag.

Le scandale a provoqué "une crise qui menace l'existence de la compagnie", a déclaré cette semaine Hans-Dieter Pötsch lors d'une réunion interne au siège de VW à Wolfsburg, selon le journal allemand.