Macron en tournée européenne sur les travailleurs détachés

Les secteurs de la construction et du transport comptent un certain nombre de travailleurs détachés.

Le président français se rendra en Autriche, en Roumanie et en Bulgarie entre le 23 et le 25 août pour parler notamment de la révision de la directive européenne sur le travail détaché, un sujet brûlant au niveau européen.

À Salzbourg le 23 août, Emmanuel Macron rencontrera le chancelier autrichien Christian Kerl ainsi que les Premiers ministres tchèque et slovaque, Bohuslav Sobotka et Robert Fico.

Ces trois pays se montrent « coopératifs, notamment sur le sujet du travail détaché, un thème que le président abordera dans tous ses entretiens » lors de cette tournée, souligne-t-on au palais présidentiel de l’Élysée.

La France accusée de blocage sur les travailleurs détachés

Les positions tranchées de la France ont fait dérailler les négociations sur les règles de mobilité des travailleurs, que la présidence maltaise espérait finaliser ce mois-ci.

À Bucarest, le 24 août, le président français s’entretiendra avec son homologue, roumain Klaus Iohannis, et le Premier ministre, Mihai Tudose, avant de rejoindre dans la soirée Varna, port bulgare de la mer Noire. Il y retrouvera le lendemain le président et le chef du gouvernement bulgares, Roumen Radev et Boïko Borissov.

S’il s’agit d’honorer un engagement pris dès sa campagne présidentielle de visiter l’ensemble des pays membres de l’Union européenne au cours de son mandat, ces rencontres représentent surtout « un symbole important », selon l’entourage du président Macron.

Figurant parmi les pays « les plus attachés à leur ancrage européen » et notamment à l’Europe de la Défense, les pays dont Emmanuel Macron va rencontrer les dirigeants « ont été plutôt ignorés » ces dernières décennies par la France, alors que l’Allemagne a beaucoup investi sur eux, observe-t-on de même source. « Toute la tournée vise à avoir un meilleur accès à l’Est », insiste-t-on encore.

L’Espagne s'allie à la Pologne contre la directive sur les travailleurs détachés

Le Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy et son homologue polonaise, Beata Szydło, ont réaffirmé la semaine dernière leur engagement envers le projet européen, mais ont exprimé leurs inquiétudes par rapport à la directive sur les travailleurs détachés. Un article de notre partenaire EFE.

Encadré par une directive européenne datant de 1996, le détachement permet à une entreprise de l’UE d’envoyer temporairement en mission dans d’autres pays de l’Union ses salariés en payant les cotisations sociales dans le pays d’origine, un système accusé d’encourager le dumping social.

Emmanuel Macron a manifesté à de multiples reprises sa volonté de « corriger » cette directive, l’objectif étant de parvenir à un accord lors du prochain conseil des ministres du Travail de l’UE, prévu le 23 octobre.

À son agenda européen figurera également le 28 août un sommet à l’Élysée avec la chancelière allemande Angela Merkel ainsi que les chefs de gouvernement italien et espagnol Paolo Gentiloni et Mariano Rajoy.

Le président français s’entretiendra aussi, le 31 août, toujours à l’Élysée, avec le Premier ministre des Pays-Bas, Mark Rutte, avant d’assister en sa compagnie à un match qualificatif des sélections de leurs deux pays pour le Mondial-2018 de football, au Stade de France.

L’équipe Macron tente un premier « coup » européen sur les travailleurs détachés

Selon Le Monde, le gouvernement veut imposer une série de mesure encadrant très précisément le travail détaché, un enjeu crucial pour le nouveau président.