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25/08/2016

La création monétaire appelée au secours de la transition énergétique

Développement durable

La création monétaire appelée au secours de la transition énergétique

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Des experts du CESE préconisent de recourir à la création monétaire pour financer des projets sobres en énergie. Un mécanisme qui ne créerait aucune inflation selon eux.

Comment financer la transition énergétique en France, alors que la dette pèse lourd sur le budget de l'État et que la pression fiscale est déjà à son maximum ? C'est la question complexe sur laquelle s'est penché le Conseil Economique Social et Environnemental (CESE), qui a présenté mardi ses conclusions sur le sujet.

Un consensus se dégage sur la limite d'une consommation énergétique trop importante et trop dépendante d'énergies fossiles ou nucléaires. Le chiffrage du coût de la transition énergétique est également consensuel : selon les estimations, il est estimé à quelques points de PIB, soit entre 5 et 10 milliards d'euros.

 

Un consensus sur le but à atteindre

 

« Financer la transition énergétique nécessite forcément un effort, mais cet effort doit être une source d'emploi et de réduction de la pauvreté" a assuré le rapporteur, Gaël Virlouvet.

Lors de la présentation du rapport, d'éminents membres de la commission chargée du débat comme Michel Rocard, ex-premier ministre de François Mitterrand, ou encore Alain Juppé, ex-premier ministre de Jacques Chirac, ont appelé à une mobilisation politique et nationale sur le sujet. « Nous sommes obnubilés par la croissance » a regretté Alain Juppé,

Mais le débat reste ouvert sur les moyens qui pourraient être mobilisés.

La question d'un recul de la TVA qui compenserait la hausse des coûts de l'énergie est une des pistes proposées par le CESE.

 

L'idée de la création monétaire reste théorique

 

Mais la principale idée du rapport repose dans l'hypothèse de créer de la monnaie spécifiquement pour financer panneaux solaires, éoliennes et autres énergies marines. La création monétaire n'est aujourd'hui possible, au sein de la zone euro, que par le biais de la Banque centrale européenne, dont le mandat est justement d'éviter tout laxisme monétaire. La crainte de l'inflation incite la BCE à modérer la masse monétaire, qui n'est pas utilisée pour soutenir la croissance. Du moins en théorie.

 

Selon le mécanisme imaginé par le CESE, la Banque publique d'investissement (BPI) ainsi que la Banque européenne d'investissement (BEI) se feraient prêter de l'argent à faible taux par la BCE -qui pratiquerait alors de la création monétaire. Les structures bancaires publiques auraient ensuite la responsabilité de prêter l'argent récolté aux États. Une hypothèse théorique pour l'heure, puisque les organismes en question doivent encore donner leur accord.

L'inflation serait alors contenue : l'argent créé ne sera pas directement réinjecté dans la consommation. Au contraire, il serait consacré à des activités productives, à des emplois et à de la recherche. Il n'y aurait donc pas de pression à la hausse des prix.

 

L'hypothèse proposée par le CESE, et souvent soutenue par les écologistes dont la Fondation Nicolas Hulot par exemple, a le mérite de relancer le débat de la question monétaire. À terme, les écolos soulignent que les énergies renouvelables devraient avoir une influence positive sur la question de l'inflation. La consommation de produits pétroliers et la volatilité de leur prix sont en effet la principale cause de l'inflation en Europe.

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