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19/01/2017

La tauromachie privée de subventions par l’UE dès 2016

Développement durable

La tauromachie privée de subventions par l’UE dès 2016

Les élevages de taureaux de combat vont voir leurs subventions supprimées

Le Parlement européen n’a pas les mêmes ambitions que les Etats membres sur le budget 2016. Les eurodéputés réclament environ 4 milliards d’euros de plus que ce que le budget proposé, de 153 milliards.

Une coupe budgétaire a néanmoins mis tout le monde d’accord. Réclamé depuis plusieurs années par les Verts, la suppression des subventions aux élevages de taureaux de combat en Espagne a été adoptée à la grande joie des anti-corrida qui dénoncent l’atteinte aux droits des animaux lors des corrida.

Mais le vrai sujet qui préoccupe les eurodéputés, à savoir la mobilisation de fonds pour gérer la crise migratoire, n’est pas encore tranché. Les chiffres précis de la position budgétaire adoptée mercredi par le Parlement européen (434 voix pour, 185 contre, 80 abstentions) restent à calculer, mais ils dépassent d’environ 4 milliards d’euros les souhaits des Etats membres. Le Conseil de l’UE, qui les représente, avait proposé un budget de 153,3 milliards d’euros en crédits d’engagements et 142,1 milliards en crédits de paiements, en retrait par rapport au projet préparé par la Commission européenne.

Face à ces divergences, Conseil et Parlement, qui partagent le pouvoir budgétaire au sein de l’UE, vont ouvrir une «conciliation» pour trouver un accord. Avec comme objectif que le Parlement puisse adopter le budget 2016 fin novembre.

«Ce serait inacceptable que le Conseil ne fasse aucun effort» sur le financement de mesures liées à la crise migratoire, a estimé le rapporteur de la position du Parlement, José Manuel Fernandes (PPE), regrettant que le Conseil ait réduit l’enveloppe proposée par la Commission européenne.

«Ni la Commission, ni le Conseil ne sont prêts à mettre un sou pour que l’Initiative en faveur de l’emploi des jeunes se poursuive» en 2016, a-t-il par ailleurs déploré, alors que le Parlement a ajouté 473 millions d’euros au budget pour aider les jeunes chômeurs à trouver un emploi.

«Le Parlement européen n’a pas suffisamment appliqué les règles nécessaires pour établir des priorités», s’est plaint le ministre luxembourgeois des Finances, Pierre Gramegna, dont le pays assure la présidence du Conseil, laissant présager de difficiles tractations avec les eurodéputés.

«Nous sommes tous d’accord pour considérer que nous devons donner la plus haute priorité à la migration», a insisté la commissaire européenne Kristalina Georgieva, saluant la position des eurodéputés contres les coupes du Conseil sur ce point.

«Le budget 2016 ne dispose pas des fonds nécessaires pour répondre à une crise des migrants sans précédent», s’est désolé de son côté le libéral français Jean Arthuis (groupe ALDE), président de la commission des budgets au Parlement.

Anticipant une «rude épreuve» lors de la conciliation avec le Conseil, il a réclamé avec d’autres que soit «engagée sans délai la révision du cadre financier pluriannuel», qui limite les marges de manoeuvres budgétaires annuelles.