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24/01/2017

Le G7 s’engage en faveur d’un accord climatique contraignant

Développement durable

Le G7 s’engage en faveur d’un accord climatique contraignant

Angela Merkel, hôte du G7, et ses homologues s'engagent à limiter à 2 degrés le réchauffement climatique.

[[Bundesregierung/Steins]

Les pays du G7 ont décidé de s’imposer un objectif contraignant pour limiter à 2 degrés le réchauffement climatique. Mais la croissance du marché du charbon dans ces pays fait douter de sa faisabilité, selon Oxfam. Un article d’EurActiv Allemagne.

Le sujet du climat s’est imposé à l’agenda du sommet du G7 à Schloss Elmau, en Bavière, où les chefs d’État et de gouvernement ont confirmé la mise en place d’un objectif contraignant limitant le réchauffement climatique à 2 degrés, dans la déclaration de clôture de la réunion le 8 juin.

Une déclaration ambitieuse à l’approche de la conférence des Nations unies sur le climat (COP 21), qui commencera à Paris le 30 novembre prochain, et au cours de laquelle plus de 190 pays doivent trouver un accord pour limiter le réchauffement climatique.

Selon la déclaration de clôture, les membres du G7 (France, Italie, Allemagne, Royaume-Uni, États-Unis, Japon, Canada) comptent insister sur une réduction des émissions de CO2 comprise entre 40 et 70 % d’ici 2050 et espèrent atteindre la tranche haute de l’objectif.

Suppression des émissions

Angela Merkel a également assuré que les pays industrialisés espèrent supprimer leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici la fin du siècle.

Les pays du G7 ont aussi promis la mise en œuvre opérationnelle du Fonds vert pour le climat dès 2015, une condition sine qua non pour les pays en développement, qui attendent depuis plusieurs années le lancement de ce fonds international censé financer les projets d’adaptation et d’atténuation au changement climatique dans l’hémisphère sud.

Autre promesse du G7, la promotion des énergies renouvelables dans les pays en développement. « Nous rendrons la transition énergétique possible en Afrique. Le G7 investit l’équivalent de la capacité de production de dix grandes centrales au charbon dans les énergies renouvelables », a notamment expliqué le ministre allemand au Développement, Gerd Müller.

« Le sommet envoie un signal fort pour un accord réussi à Paris à la fin de l’année », se félicite Christoph Bals, de l’ONG Germanwatch.

Abandon du charbon

Mais la liste de bonnes résolutions des pays industrialisés été fortement critiqué du côté des ONG, qui lui reprochel’absence de mesures concrètes.

« Si le G7 souhaite réellement voir ses ambitions se réaliser, les États doivent prendre des mesures concrètes, comme par exemple mettre en place rapidement un abandon progressif du charbon », explique Jan Kowalzig, spécialiste climatique chez Oxfam.

>> Lire : Le charbon tue 18 000 Européens chaque année

Une étude récente de l’ONG montre les conséquences catastrophiques de la production d’électricité au charbon, notamment dans la lutte contre la faim dans le monde. Sans mesures urgentes, les coûts annuels liés au changement climatique et à l’adaptation au changement climatique des émissions des pays du G7 à elles seules atteindront les 40 milliards de dollars.

À partir de 2080, 7 millions de tonnes de nourriture seront perdues chaque année à cause des émissions des centrales au charbon des pays du G7, dévoile cette enquête. Selon les spécialistes d’Oxfam, la planète gagnera entre 3 et 4 degrés, malgré les promesses des dirigeants politiques.

L’utilisation de charbon de cinq des sept plus riches pays du monde (l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie, le Japon et la France) a augmenté de 16 % entre 2009 et 2013, alors que les pays en développement ont réussi à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Les États les plus pauvres de l’hémisphère sud sont particulièrement vulnérables face aux conséquences du changement climatique, comme les variations météorologiques extrêmes, la montée du niveau des eaux ou les mauvaises récoltes.

Plus de 77 % des morts liées au changement climatique et 98 % des personnes les plus touchées par le phénomène vivent dans les pays en développement, estime l’enquête d’Oxfam.

Jan Kowalzig estime cependant que les propositions actuelles des pays du G7 ne suffiront pas à réduire les émissions de CO2 qui dérèglent le climat. « Les résultats modestes de ce sommet ne feront que rendre la lutte plus difficile, voire impossible », juge-t-il.

>> Lire : Les ONG critiquent les objectifs de développement durable proposés par l’Allemagne

La crédibilité des politiques de changement climatique du gouvernement allemand sera testée pour la première fois dans les jours à venir. Le cabinet doit en effet décider d’une taxe climatique très controversée sur les centrales au charbon. La mesure qui a été proposée sera sans doute assouplie, voire complètement dissoute, étant donné l’opposition du secteur de l’énergie.

Pour Christoph Bals, le message est clair : « la chancelière doit enfin jouer cartes sur table ».

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