Le nucléaire français veut croire en son futur

(Credit: [Gilles Paire/Shutterstock])

Les acteurs du secteur du nucléaire soulignent l’importance du marché national pour un meilleur rayonnement mondial.

Malgré les déboires de l’EPR, l’expérience de la France dans le nucléaire reste un atout majeur alors que les besoins en électricité des pays en voie de développement explosent. Mais pour les acteurs du nucléaire, cette expérience ne vaut que si l’Hexagone continue d’investir dans le secteur.

« La France est reconnue comme étant le leader mondial dans le domaine du nucléaire, mais elle doit continuer à innover, l’investissement dans la recherche et développement est essentiel » explique Christophe BEHAR, directeur de l’énergie nucléaire au Commissariat à l’énergie atomique (CEA).

Le grand carénage, source d’emploi

Le nucléaire français s’est développé dans les années 1950. Gage d’indépendance nationale pour le général de Gaulle lors de la mise en place du programme de constructions du plus gros parc nucléaire par habitant au monde, il est aujourd’hui décrié par les écologistes, mais aussi par d’autres pays membres  de l’UE comme l’Allemagne qui y a renoncé après l’accident de Fukushima.

Un rejet qui n’a pas eu lieu en France, où le président François Hollande s’est simplement engagé à fermer la plus vieille centrale, Fessenheim. Qui est toujours en activité. Force est de constater qu’au contraire, le nucléaire reste une source d’activité majeure.

Ainsi l’électricien EDF qui gère l’essentiel du parc nucléaire entreprend actuellement le « grand carénage », un programme contesté qui vise à prolonger la durée d’exploitation centrales nucléaires françaises existantes.

«Nous allons prolonger la durée d’exploitation du parc nucléaire existant de 40 ans. Ainsi, d’ici 2020, il y aura près de 110 000 embauches pour l’ensemble de la filière. La France a encore assez d’atouts pour être en tête de peloton sur le nucléaire au niveau mondial » déclare Valérie Levkov, directrice du développement ingénierie nucléaire d’EDF.

Ce programme est un bon point de départ, mais il faut aller plus loin, pour Gérard Kottmann, directeur de Valinox Nucléaire, et président de l’Association des Industriels Français Exportateurs du Nucléaire (AIFEN).

« Le grand carénage fournit une base pour muscler l’outil de production des fournisseurs de composants, ce qui leur permet de devenir plus compétitifs pour le marché de l’exportation. Encore faut-il que ce marché de maintenance revienne principalement à l’industrie française. Mais si c’est le cas, ce sera un label utile pour vendre le savoir-faire français à l’étranger » précise-t-il.

Le marché chinois en perspective

Pour Gérard Kottman, il faut que les entreprises du nucléaire français se préparent, il faut surtout qu’elles ciblent le marché chinois.

« Il faut que les sous-traitants se préparent à une extension du marché du nucléaire, et surtout il faut viser le marché chinois, où se concentre l’avenir du nucléaire. Il ne faut pas non plus négliger la Russie, en effet la filière française du nucléaire est très sollicité par les Russes pour le projet d’exportation du nucléaire  » poursuit-il.

Un Bourget du nucléaire

Pour promouvoir le savoir-faire français en matière de nucléaire, un salon, le Bourget du nucléaire, se tiendra à Paris, du 14 au 16  octobre 2014. « Le Bourget du nucléaire veut copier le Bourget de l’aéronautique. L’objectif de ce grand salon est d’attirer sur le sol français des clients internationaux, en utilisant la force des grands acteurs et des grandes entreprises françaises » détaille-t-il.

Areva, le leader mondial de l’énergie nucléaire, sera aux premières loges.

« La France est le premier exportateur d’équipement nucléaire avec près de 6 milliards d’euros par an. Deux tiers du chiffre d’affaire d’Areva est dû à l’exportation et deux tiers de nos emplois sont en France, ce qui montre l’importance de l’exportation dans l’avenir du nucléaire français. Pour nous la centrale nucléaire de Flamanville est une vitrine pour l’export » explique David Pauvert, directeur commercial de la région Europe, Moyen-Orient et Afrique chez Areva.

Contexte

Le parc nucléaire français est le plus important au monde si l'on considère le nombre de réacteurs rapporté au nombre d'habitants. La France dispose aujourd'hui de 58 réacteurs. Mi-février 2014, EDF a entrepris le programme de grand carénage, qui vise à permettre la prolongation de la durée d’exploitation des centrales nucléaires du parc français de 40 ans. Au total, EDF prévoit d’engager 55 milliards d’euros pour la rénovation de 58 réacteurs français.

Prochaines étapes

  • 14-16 octobre 2014: Bourget du nucléaire à Paris

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