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26/09/2016

Le plastique bientôt banni des décharges ?

Développement durable

Le plastique bientôt banni des décharges ?

Les industries du plastique ne veulent plus que les objets plastiques finissent en décharge (Credit: [alterfalter]/Shutterstock)

Souvent décriés à cause de la pollution qu’ils engendrent, les emballages plastiques peuvent aussi contribuer à faire des économies de ressources et d’énergie. Les professionnels du secteur militent pour que plus aucun déchet plastique ne finisse dans les décharges.

L’organisme Eco-Emballages veut faire baisser le volume des emballages en plastique mis à la décharge. Actuellement en France, moins d’un emballage sur quatre (23 %) est recyclé. Il s’agit de bouteilles et de flacons en plastique pour la grande majorité. 

Selon les chiffres de PlasticsEurope, l’association des producteurs de matières plastiques, la situation en matière de valorisation des déchets plastiques est fortement différente d’un pays à l’autre. Ainsi la France se classe actuellement au 10e rang des pays membres de l’UE dans la valorisation de ces déchets, avec un taux de 62%. En 2012, les taux de valorisation se sont échelonnés entre 12.4 % pour Malte, jusque 99 % pour l’Allemagne. La Suisse de son côté fait encore mieux puisqu’elle atteint 99,8 % de valorisation.

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Le leader européen dans le domaine du recyclage des matières plastiques est l’Allemagne. « Elle a toujours eu une approche d’économie de ressources et une approche industrielle et cela a été considéré comme un secteur compétitif pour pouvoir défendre leur industrie. Les Allemands ont donc fait beaucoup de progrès dans ce domaine-là », estime Michel Loubry directeur général Europe de l’ouest chez PlasticsEurope.

Pour que la France monte dans le classement : « Interdire la décharge aux produits valorisables. Il faut une volonté politique et accepter de ne plus utiliser de décharge pour les déchets valorisables », ajoute-t-il.

Objectif zéro déchet plastique en décharge

Les emballages plastiques représentent près de 39 % du marché européen des plastiques et ils constituent 62 % des déchets plastiques générés chaque année en Union Européenne. D’après PlasticsEurope, les enjeux réels sont de faire monter le taux de valorisation des déchets plastiques chez les pays les plus faibles en refusant le plastique dans les décharges ou en prenant les meilleures solutions qui sont développées dans les différents pays.

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Sous la Commission Barroso, il y avait un accord pour la révision de la directive-cadre déchet et de la directive emballage, selon PlasticsEurope. L’organisation souhaite faire inscrire dans les textes l’interdiction du déchet plastique dans les décharges. « On sait qu’il a un accueil très favorable au niveau de la Commission européenne », explique Michel Loubry.

« L’important c’est d’arriver à mettre en place le zéro déchet plastique dans les décharges dans les six pays les plus peuplés d’Europe. Avec ça, on résoudra 80 % du problème », poursuit-il.

L’EU s’en prend aux sacs plastiques

Le Parlement européen et le Conseil se sont accordés le 19 novembre dernier pour réduire la consommation de sacs plastiques à usage unique dans les 28 États membres. Mais certains regrettent que l’ambition ne soit pas plus importante.

Afin de réduire l’utilisation de ces sacs, chaque pays pourra fixer des objectifs contraignants. Ils pourront notamment encourager la fixation d’un coût pour les sacs ou encore prendre des mesures pour la réduction de la consommation annuelle, voire l’interdiction totale dans certains cas. Les mesures portent sur les sacs plastiques d’une épaisseur inférieure à 50 microns. Il s’agit de la majorité des sacs en plastique à poignées utilisés dans l’UE.

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On estime en effet à 8 milliards le nombre de sacs en plastique qui polluent l’Europe chaque année. Si les Danois, et les Finlandais ne consomment en moyenne que quatre sacs plastiques par an et par personne, les Polonais, les Portugais ou encore les Slovaques en utilisent 466 par personne.

En avril, le Parlement s’était déjà exprimé en faveur d’une réduction de la consommation de sacs plastiques légers de 50 % d’ici 2017 et 80 % d’ici 2019, par rapport aux chiffres de 2010. De son  côté, la France a déjà pris les devants puisqu’elle a décidé d’interdire ces sacs dès janvier 2016.

Le paquet économie circulaire en stand-by

En juillet dernier, la Commission européenne a sorti son projet de paquet économie circulaire. Celui-ci prévoit d’atteindre un objectif de 70 % de recyclage et de réutilisation d’ici 2030 et d’augmenter jusqu’à 80 % le recyclage des emballages (avec des objectifs intermédiaires de 60 % d’ici 2020 et de 70 % en 2025). De même d’ici 2025, il sera interdit de mettre en décharge les plastiques recyclables, les métaux, le verre, le papier, le carton, et les déchets biodégradables. Le paquet est actuellement en discussion en commission au Parlement européen.

De son côté, la nouvelle Commission établit actuellement son programme de travail pour 2015, qu’elle espère pouvoir adopter d’ici décembre prochain. Si l’institution en venait à réviser ses priorités, il se peut que les ambitions du paquet économie circulaire soient revues à la baisse.

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D’ailleurs plusieurs associations de gestion des déchets, s’inquiètent de voir une modification de la proposition de la Commission Barroso. Elles se sont ainsi unies pour écrire une lettre à Jean-Claude Juncker dans laquelle elles plaident en faveur du maintien de ce paquet économie circulaire.

Contexte

En moyenne, chaque citoyen européen produit 503 kilos de déchets municipaux par an, ce niveau varie de 300 à 700 kilos en fonction des États membres.

Selon un rapport publié en mars dernier par l'Office des statistiques de l'Union européenne d'Eurostat, pour l'année 2011, 37 % des déchets terminaient en décharge, 25 % étaient recyclés et 15 % étaient compostés. Quelque 23 % étaient incinérés, généralement pour récupérer de l'énergie. L'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, le Danemark, les Pays-Bas, et la Suède ont en grande partie abandonné le système d’enfouissement des déchets. De leurs côtés, la Roumanie, la Bulgarie et Malte ont encore recours pour la quasi-totalité de leurs déchets municipaux aux décharges publiques.

Selon les estimations de la Commission, les Européens utilisent 15 tonnes de ressourcespar an.