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02/12/2016

Les entreprises réclament un prix du carbone pour la COP 21

Développement durable

Les entreprises réclament un prix du carbone pour la COP 21

The Business & Climate Summit - Paris 2015

Business & Climate Summit]

Les entreprises appellent à un accord climatique ambitieux à Paris et à la fixation d’un prix du carbone fiable. Mais au delà du discours, les engagements sont faibles.

Le sommet des patrons de grandes entreprises international, le « Business and Climate Summit », s’est clôturé à Paris le 21 mars sur un appel du secteur privé pour un accord climatique ambitieux, sans que réelles solutions soient proposées au principal enjeu : le financement.

Rassemblés au siège de l’UNESCO à Paris pour deux journées de rencontres, 2000 dirigeants d’entreprise ont assisté à l’événement selon les organisateurs. La moitié du CAC 40 était au rendez-vous : Saint Gobain, Schneider, Carrefour, Areva, Rexel, Vinci, Michelin, L’Oreal, Total, BNP Paribas, Kering, Renault, Crédit Agricole, Solvay, et Bouygues, mais aussi Veolia, Peugeot, Axa, EDF, Engie, SNCF…

Solution du secteur privé

>>Lire : L’Europe apporte sa pièce au puzzle de la coopération internationale pour le climat

La COP21, qui se déroulera à Paris au mois de décembre a pour ambition de conclure un accord mondial visant à limiter le réchauffement climatique à 2°C. Un objectif ambitieux auquel le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon et le ministre des Affaires étrangères chargé du sommet climatique, Laurent Fabius, ont demandé aux grandes entreprises de s’associer.

>>Lire : La France veut partager l’addition de la COP 21 avec les entreprises

« Je ne pense pas qu’une telle réunion ait été possible il y a deux ou trois ans », a reconnu Pierre-André de Chalendar, PDG de Saint-Gobain. « Mais aujourd’hui le secteur privé est prêt à assurer un rôle actif dans la lutte contre le changement climatique. Tout le monde est conscient que l’on peut en faire plus ».

Engagements timides

Si le discours du secteur privé semble avoir évolué, les engagements restent timides et les demandes nombreuses. Dans la déclaration commune signée par 25 réseaux internationaux, représentant 6,5 millions d’entreprises de 130 pays, le secteur privé a clairement mis sur la table ses besoins en terme de financement et de politiques publiques afin d’accélérer sa transition vers une économie sans carbone.

« La transition vers une structure décarbonée peut se faire rapidement et à très bas coût », a affirmé Jean-Pascal Tricoire, le PDG de Schneider Electric. « Mais nous avons besoin d’un soutien solide de la part des gouvernements » a-t-il rappelé.

Prix du carbone

Concrètement, les demandes du secteur privé s’articulent autour de trois axes : la fixation d’un système juste et fiable de tarification du carbone, la mise en œuvre d’une alliance entre les entreprises et le gouvernement permettant d’accroitre l’engagement du secteur privé dans la lutte contre le changement climatique, et enfin la création de fonds publics afin de soutenir l’investissement du secteur de la finance dans une économie décarbonnée.

>>Lire: Donner un prix au carbone, une équation à multiples inconnues

« La mise en place d’un mécanisme de tarification enverra le bon signal au marché, aux investisseurs et aux entreprises polluantes. Cela récompensera également les responsables qui prennent au sérieux le changement climatique » a affirmé a Mats Anderson, directeur général du fonds de pension suédois AP4.

Mais les demandes des entreprises ne sont pas toujours réalistes. Sur le volet des financements publics notamment, Mats Anderson, le reconnait « En ce qui concerne le financement nous allons devoir revoir notre copie».

En effet, le secteur privé appelle les gouvernements à dépasser les 100 milliards de dollars par an de financement climat promis par les gouvernements lors de la conférence de Copenhague afin de créer un effet de levier sur l’investissement privé. Problème, pour les gouvernements, les 100 milliards promis s’appuient sur des financement publics… mais aussi privés.

>>Lire: Le sommet climat donne un timide coup d’accélérateur au Fonds vert

Un bilan également pointé du doigt par l’ONG Oxfam France. « Malgré les beaux discours, les multinationales les plus polluantes du monde, parmi lesquelles se trouvaient EDF, Engie, Areva, Total, réunies depuis deux jours à Paris, n’ont pris aucun engagement pour répondre concrètement à l’urgence climatique.

Contexte

Les négociations sur le changement climatique ont démarré en 1992, et sont marquées par une conférence internationale annuelle appelée Conférence des Parties, ou COP.

Après la COP 19 à Varsovie fin novembre 2013, le Pérou s'est chargé de la 20ième conférence, à Lima, en décembre 2014.

Paris organise la 21ème conférence, au Bourget, début décembre 2015, une conférence qui revêt une importance particulière. Comme à Copenhague en 2009, les Etats doivent trouver un accord pour donner suite au protocole de Kyoto, dont l'objet était de réduire les émissions de CO2 entre 2008 et 2012. L'enjeu est donc de trouver un cadre juridique contraignant ou non.

Prochaines étapes

  • 3 au 14 juin : poursuite des négociations de la COP 21 à Bonn
  • 1er novembre : synthèse de l’ONU de l’ensemble des engagements
  • 30 novembre au 11 décembre: COP 21 à Paris