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25/07/2016

Les Pays-Bas et la Suède alertent l’UE sur le gaspillage alimentaire

Développement durable

Les Pays-Bas et la Suède alertent l’UE sur le gaspillage alimentaire

Les Pays-Bas et la Suède ont envoyé une lettre à toutes les délégations des États membres afin de les sensibiliser sur le gaspillage alimentaire. Ils proposent de réviser la législation sur l’étiquetage des dates de péremption.

Chaque année, quelque 89 millions de tonnes de nourriture, pourtant comestibles, terminent à la décharge dans l’Union européenne. Une énorme perte économique pour les Vingt-huit.

Les autorités néerlandaises et suédoises ont envoyé une lettre au Conseil qui l’a ensuite transférée aux délégations européennes. Les deux pays demandent d’ouvrir le débat afin de soutenir le secteur de l’agroalimentaire dans ses mesures visant à réduire le gaspillage alimentaire et les pertes économiques associées.

Selon les auteurs de la lettre, il faut mettre en place un environnement permettant de supprimer les obstacles qui empêchent d’assurer une sécurité alimentaire optimale.

« Des mesures pourraient être prises dans de nombreux domaines législatifs, mais commençons avant tout par la question des étiquettes sur les dates de péremption », demandent les deux États membres. « Dans nombre de pays européens, les dates indiquées sur les étiquettes sont à l’origine du gaspillage alimentaire. Sans appeler à un bouleversement du système, les Pays-Bas et la Suède pensent que certains changements et actions peuvent être entrepris pour réduire le gaspillage alimentaire provoqué par le système d’étiquetage actuel ».

Bon nombre de denrées alimentaires étiquetées avec la mention « à consommer de préférence avant », imposée par la législation européenne, restent comestibles même après la date de péremption indiquée sur l’emballage. Ils sont pourtant jetés pour des raisons de sécurité.

« La confusion induite par ce type d’étiquetage doit être dissipée », poursuivent les auteurs, qui ont reçu le soutien des délégations allemande, autrichienne, danoise et luxembourgeoise.

Les deux pays demandent à la Commission d’étendre la liste des produits qui se conservent longtemps et qui ne devraient donc pas faire l’objet d’un étiquetage aussi restrictif.

Ils souhaitent également examiner les méthodes pour mieux informer les consommateurs sur deux aspects : la durée de vie des dates de péremption et le rôle joué par certaines lois dans le gaspillage alimentaire d’autre part.

Les ministres européens devraient aborder la question lors du prochain Conseil consacré à l’agriculture, le 19 mai prochain.

La société civile ne peut plus supporter les taux de gaspillage alimentaire actuels, alors que des millions d’êtres humains souffrent de malnutrition dans les pays en développement. Selon les dernières estimations de la Commission européenne , réalisées avant l’entrée de la Croatie, le gaspillage alimentaire dans le 27 Etats membres représente 89 millions de tonnes par an, soit 179 kg par habitant. 

Sans changement, la Commission estime qu’en 2020, le gaspillage alimentaire atteindra 126 millions de tonnes, soit une hausse de 40 %. 

 

La Commission européenne a mis sur pied un groupe de travail dont la mission est de trouver une solution au gaspillage alimentaire à l’échelle européenne et de proposer un projet de loi d’ici mi-juin.

Contexte

Près de la moitié des denrées alimentaires produites dans le monde, soit l'équivalent de 2 milliards de tonnes, terminent aux ordures chaque année, sans avoir été consommées, ont dénoncé des chercheurs britanniques dans un rapport l'année dernière.

Dans ce rapport intitulé « Global Food : Waste Not, Want Not » il ressort qu'entre 30 et 50 % des 1,2 à 2 milliards de tonnes d'aliments produits au niveau mondial ne terminent jamais dans nos assiettes.

L'Institution of Mechanical Engineers (IME), au Royaume-Uni, s'alarme quant à ces chiffres ahurissants. Il a publié une analyse sur les denrées alimentaires qui révèle que les dates de péremption sont trop restrictives. Les auteurs de ce rapport critiquent également les pratiques qui encouragent à la surconsommation (« deux produits pour le prix d’un ») et les attentes trop exigeantes des consommateurs occidentaux en ce qui concerne l’apparence des aliments. En parallèle, l'Institution dénonce « la médiocrité des pratiques dans l'ingénierie agricole et l'agriculture », les infrastructures inappropriées et le manque d'installations de stockage alimentaire.

Prochaines étapes

  • 19 mai:  Conseil Agriculture 
  • Mi-juin : proposition de la Commission européenne en vue de s'attaquer aux déchets alimentaires