Les villes allemandes affichent des niveaux de pollution de l’air excessifs

Les polluants atmosphériques sont dangereux pour la santé et peuvent être fatals sur le long terme. [Christliches Medienmagazin pro/Flickr]

Dans de nombreuses villes allemandes, la pollution de l’air issue des particules de poussières et du dioxyde d’azote, dépasse le seuil maximum, selon un nouveau rapport du ministère de l’Environnement. Un article d’EURACTIV Allemagne.

Les habitants de la ville de Stuttgart subissent les plus hauts niveaux de pollution connus par la République fédérale, s’alarme un rapport publié par le ministère allemand de l’Environnement.

L’étude a été réalisée en réponse à une enquête menée par les Verts dans certaines régions exposées à des niveaux très élevés de pollution.

Les polluants atmosphériques sont dangereux pour la santé et peuvent être fatals sur le long terme. Pour limiter ces risques, l’Allemagne a établi des valeurs limites pour certaines substances. Ces limites sont de plus en plus régulièrement dépassées dans de nombreuses parties du pays.

Selon la recherche, Stuttgart a souvent fait face à un niveau de dioxyde d’azote annuel deux fois plus élevé que le niveau acceptable. Les villes exposées à des niveaux de pollution juste en-dessous de celui de Stuttgart sont Munich, Reutlingen, Düren, Limbourg et Fribourg.

Les particules fines de poussière posent un autre problème sérieux. Pour ces particules, le maximum établi est de 40 µg pour une particule de 10 micromètres par mètre cube d’air. En 2013, Stuttgart a passé 91 jours au-dessus de cette limite. Stuttgart est suivie de près par la ville de Reutlingen, puis par Markgröningen, Tübingen, Gelsenkirchen, Hagen et Leipzig.

Les particules de poussière représentent une menace importante

Seuls 35 dépassements du seuil limite sont autorisés chaque année. Les particules fines de poussière pourraient être à l’origine de maladies telles que l’asthme, le cancer ou des maladies cardiovasculaires.

Récemment, les chercheurs de l’Institut de recherche sur le diabète au centre Helmholtz à Munich ont même prouvé que les polluants atmosphériques pouvaient accélérer l’évolution des diabètes de type 1 chez les enfants.

À Fichtelberg bei Oberwiesenthal, les habitants font face au plus haut niveau de pollution par ozone. La limite autorisée y a été dépassée pendant 46 jours en 2013.

« Le fardeau environnemental et sanitaire a un effet dévastateur dans de nombreuses régions », a déclaré le député allemand Peter Meiwald. Apparemment les règles du gouvernement fédéral ont échoué à de nombreux niveaux, a-t-il signalé.

D’un autre côté, la plupart des autorités et des instituts considèrent qu’il est peu probable que le problème soit résolu dans un futur proche. L’Agence fédérale pour l’environnement (Umweltbundesamt) a récemment exprimé ses doutes quant à l’application des valeurs seuil de l’UE pour les PM2,5, des particules encore plus petites, dans des zones résidentielles urbaines, d’ici à 2020.

Jürgen Resch, directeur de l’agence pour l’environnement a reproché au gouvernement allemand d’agir dans la précipitation pour essayer de contrôler la pollution par fines particules ou pas dioxyde d’azote.

« D’autres pays ont montré l’exemple », a indiqué Jürgen Resch. En Suisse, tous les véhicules de construction et les locomotives sont équipés de filtres à particules, a-t-il souligné. L’Allemagne n’impose pas ce genre de règles, a-t-il critiqué.

Des villes comme Madrid ou Stockholm ont des normes beaucoup plus strictes pour les bus par exemple, a-t-il indiqué.

« C’est choquant de voir à quel point les valeurs limites sont dépassées », a déclaré Bärbel Höhn, du parti des Verts. Presque tous les États fédérés allemands ont des régions exposées à un seuil critique.

La loi européenne exige des États une réduction des émissions

À la fin de l’année dernière, la Commission européenne a mis en garde l’Allemagne face au niveau élevé de pollution de l’air par particules de poussière, particulièrement à Stuttgart et Leipzig. Elle a également menacé de prendre des mesures juridiques contre le pays si le gouvernement allemand n’agissait pas.

La loi européenne exhorte les pays membres à réduire leurs émissions, mais chaque État choisit les mesures qu’il veut prendre.

Quoi qu’il en soit, si l’Allemagne ne se plie pas rapidement aux valeurs limites, la Commission pourrait engager une procédure d’infraction devant la Cour de justice de l’Union européenne.

Contexte

On estime que 90 % des citoyens européens sont exposés à certains des polluants atmosphériques les plus nocifs du monde à des niveaux jugés dangereux par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

La directive sur la qualité de l'air de 2008 a pour objectif d'harmoniser et de renforcer la législation européenne sur la pollution et les normes de qualité de l'air. Cette directive est encore à l'examen.

Elle obligerait les États membres à réduire de 20 % l'exposition de leurs citoyens aux particules fines et moyennes d'ici 2020, par rapport aux niveaux de 2010.

La Commission européenne estime que les coûts de santé publique totaux liés à la pollution de l'air se situent entre 330 et 940 milliards d'euros par an.