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26/07/2016

Rajendra Pachauri salue les efforts de l’UE sur le climat

Développement durable

Rajendra Pachauri salue les efforts de l’UE sur le climat

Rajendra Kumar Pachauri, Président du GIEC au Conseil de l’Europe en 2009 © Council of Europe/Jacques Denier

Le président du GIEC appelle à une mobilisation urgente sur le climat. Paris veut faire du dernier rapport du GIEC la base scientifique d’un accord politique pour Paris Climat 2015.

Le président du GIEC, Rajendra Pachauri, a félicité l’UE de son objectif climat 2030 tout en appelant la planète à agir rapidement pour sur la question climatique, mercredi 5 novembre à Paris.

Le scientifique présentait les conclusions du Vième rapport du GIEC, lors d’une conférence réunissant la ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, et le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius.

Une somme scientifique qui apporte des éléments nouveaux sur la connaissance du climat, et de l’impact de l’être humain sur le réchauffement climatique.

« Nous sommes sûrs à plus de 95 % que l’être humain est responsable de la hausse des températures terrestres et maritimes » a assuré Rajendra Pachauri, mettant en avant l’une des découvertes de ce dernier rapport : les océans ont absorbé l’essentiel de la chaleur supplémentaire constatée ces 10 dernières années, ce qui entraîne une hausse de la température de l’eau généralisée.

>>Lire aussi : Les Etats renaclent à affronter les riques du changement climatique

Un constat implacable, qui se double toutefois d’une « bonne nouvelle » selon M. Pachauri : les moyens de construire un futur prospère et durable existent encore, si la tendance des émissions de carbone parvient à être inversée. À un prix élevé : pour limiter à + 2° la hausse des températures, il faudrait que les émissions de CO2 baissent de 40 à 70 % entre 2010 et 2050. Et qu’elles disparaissent en 2100. À cette date, il ne devrait plus y avoir aucun rejet dans l’atmosphère. Un scénario qui semblent aujourd’hui peu probable sans sursaut collectif.

Satisfecit pour l’UE

Interrogé par EurActiv, Rajendra Pachauri a salué l’objectif de réduction des émissions de CO2 de -40 % d’ici 2030 adopté par l’UE, sans critiquer le fait que l’objectif d’efficacité énergétique ait été relégué au second plan. 

« C’est aux gouvernements et aux citoyens de faire des choix sur les moyens utilisés. L’efficacité énergétique représente l’une des solutions que nos sociétés doivent prendre en main ; cela s’applique à l’UE, et aux autres pays du monde » a indiqué le scientifique. Qui s’est montré peu disert sur les solutions concrètes adoptées par l’UE pour lutter contre le changement climatique.

« Le marché du carbone européen représente une expérience intéressante. Je ne sais pas s’il s’agit d’un succès ou d’un échec, mais ce qui important, c’est que le monde a appris quelque chose avec cette expérience » a avancé le spécialiste, toujours très diplomate.

Un rapport de référence pour Paris Climat 2015

Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères considère que ce rapport comme un fondement d’un accord international pour la conférence de Paris Climat 2015

« Le rapport du Giec nous dit trois choses simples et capitales: le climato-scepticisme est impossible, le climato-fatalisme est dangereux et le climato-volontarisme est nécessaire. » a résumé le ministre.

Laurent Fabius a insisté sur le fait que ce rapport représentait le fondement scientifique d’une réponse politique forte, que la France espère édifier pour la conférence Paris Climat 2015, en dévoilant les quatre volets aujourd’hui envisagées pour cet accord.

1-un protocole juridique contraignant qui permette de limiter la hausse des températures à + 2 degrés Celsius d’ici 2050

2-le détail des efforts entrepris par les pays pour modifier leur modèle économique

3-les transferts de financement du Nord vers le Sud, notamment avec le Fond Vert pour le Climat

4-les solutions proposées par la société civile, les collectivités locales et les entreprises

>>Lire aussi : Le secteur privé, premier financeur du climat

Première ébauche de texte à Lima

« La COP de Lima doit permettre de construire une première ébauche de texte pour l’accord de Paris, et d’avancer sur la nature des engagements que prendront les différents pays » a assuré le ministre.

Concrètement, il s’agit de trouver un terrain d’entente sur la forme des engagements qui seront mis sur la table. « Les engagements de réduction peuvent prendre des formes très variées, et il est important qu’ils soient bien compris. Nous allons faire un système de questions/réponse unique, pour que les choses soient claires » assure une source diplomatique française. Le réseau diplomatique français est largement mobilisé pour tenter d’arracher un accord international l’année prochaine.

La nature des engagements reste encore au cœur du débat. Certains pays, comme la Chine, ont préféré prendre des engagements relatifs à la croissance de leur PIB et de leur population, plutôt qu’en valeur absolue, ce qui complique les comparaisons. Et les mécanismes d’audit et de vérification des émissions de CO2 représentent aussi un sujet extrêmement sensible.

Mais au-delà de ces obstacles de forme, Laurent Fabius veut croire à un accord politique.

La Chine est devenue favorable à un accord (…) aux USA, nous pensons qu’Obama est vraiment engagé sur ces questions et qu’un accord serait un atout de poids dans le bilan de sa présidence, et ce quelque soit la majorité au Sénat » a-t-il indiqué, faisant référence à la future majorité républicaine à la chambre haute américaine.

Interrogé sur la probabilité de cet accord, Rajendra Pachauri a indiqué « qu’il souhaitait bonne chance aux négociateurs ».

Résolution du Parlement européen appelant à un accord

Le Parlement européen a adopté de son côté une résolution, le 5 novembre, sur le chemin à parcourir de la conférence de Lima à celle de Paris.

« Notre objectif est de mettre les économies sur la voie pour limiter le réchauffement climatique à + 2°C. À Lima le mois prochain, les parties prenantes vont travailler aux éléments d’un accord qui devrait être conclut à Paris, et nous devrions joué un rôle clé dans » a précisé la commission environnement du Parlement européen.

Il ont aussi insisté sur l’engagement des pays de l’UE pour capitaliser le Fonds vert pour le Climat, et mobiliser 100 milliards d’euros d’ici 2020. Pour l’heure, le Fonds n’a pas rassemblé plus de 2,3 milliards de dollars. « Les députés européens appellent les donateurs à se conformer à leur engagement » précisent les eurodéputés.

Contexte

Les négociations sur le changement climatique ont démarré en 1992, et sont marquées par une conférence internationale annuelle appelée Conférence des Parties, ou COP.

La COP 19 aura lieu à Varosovie fin novembre 2013, tandis que le Pérou se charge de la 20ième conférence, à Lima, en décembre 2014.

Paris organisera la 21ième conférence, au Bourget, début décembre 2015.

Prochaines étapes

décembre 2014 : Conférence des Parties, ou COP 20,  à Lima au Pérou

décembre 2015 : Conférence des Parties 21 à Paris

Plus d'information

Groupe intergouvernemental sur le changement climatique

Le cinquième Rapport d’évaluation

Parlement européen

Résolution de la commission Environnement sur la COP 20