Sapin défend une enquête européenne après le scandale Volkswagen

Le ministre des Finances français a estimé qu’une enquête était nécessaire « au niveau européen » après les révélations sur les contrôles antipollution volontairement falsifiés, menés le constructeur automobile Volkswagen aux États unis. 

L’onde de choc provoquée par la manipulation mise en place par le groupe Volkswagen et visant à contourner la législation américaine sur les émissions de gaz polluants a gagné l’Europe.

Interrogé sur la nécessité de mener une enquête pour tromperie en Europe ou en France après ces divulgations, Michel Sapin a déclaré: « Nous sommes sur un marché européen, avec des règles européennes, c’est celles qui doivent être respectées ».

« Ne serait-ce que pour rassurer les uns et les autres, il me paraît nécessaire de le faire aussi pour les constructeurs français », a-t-il ajouté en précisant n’avoir aucune « raison particulière de penser que les constructeurs français se seraient conduits comme Volkswagen ».

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Il est important d’agir « dans ce domaine-là qui est très important puisque c’est la pollution de l’air », « pour éviter que les gens soient empoisonnés par la pollution », a souligné le ministre, qui jugé  « nécessaire » de mener également des contrôles sur les autres constructeurs européens, lors d’une interview sur Europe 1.

L’agence fédérale américaine de protection de l’environnement, l’EPA, a révélé vendredi que 482.000 véhicules de marque Volkswagen et Audi, construits entre 2009 et 2015 et vendus aux États-Unis, avaient été équipés d’un logiciel visant à truquer les données sur les émissions polluantes.

Le groupe s’expose en théorie à des amendes d’un montant total de 18 milliards de dollars (15,8 milliards d’euros), soit près d’une fois et demie son bénéfice net 2014.

Volkswagen, qui a reconnu avoir « abusé de la confiance de ses clients », a ordonné à ses concessionnaires aux États-Unis d’interrompre la vente de certains modèles diesel.

Retombées européennes

En Allemagne, le ministre de l’Économie Sigmar Gabriel a appelé le constructeur à faire toute la lumière sur ces accusations en parlant d’un « grave incident ». Il a exprimé sa crainte de voir l’affaire éclabousser tout le secteur automobile allemand, un pilier de l’économie nationale.

Un responsable du ministère de l’Environnement a pour sa part qualifié l’attitude présumée de Volkswagen de « tromperie manifeste du consommateur ». Le gouvernement a annoncé des contrôles visant à déterminer si des données sur les émissions polluantes avaient également été faussées en Allemagne, voire dans toute l’Europe.

Les constructeurs européens dans le viseur

La Commission européenne a dit être en contact avec le groupe allemand et les régulateurs américains. Elle a jugé prématuré de se prononcer sur d’éventuelles mesures de surveillance en Europe et sur la possibilité que des véhicules Volkswagen soient concernés par le même problème en Europe.

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