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27/09/2016

Les logements insalubres coûtent 194 millions d’euros par ans à l’UE

Développement durable

Les logements insalubres coûtent 194 millions d’euros par ans à l’UE

Les logements insalubres coûtent cher à la société.

La précarité de certains logements coûte aux pays membres de l’UE 194 millions d’euros par an, en terme de soins, service sociaux etc.

Une enquête commandée par le Parlement européen et réalisée par la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail (Eurofound) révèle que les pays membres de l’Union européenne dépensent près de 194 million d’euros par an pour compenser les mauvaises conditions de logement de leurs citoyens. Ce chiffre tient compte des dépenses directes, comme la santé de ses citoyens ou les services sociaux ; ainsi que des dépenses indirectes engendrées par le manque de productivité.

« Les défaillances [des habitations] ont des conséquences sanitaires, accroissent la vulnérabilité, et ont un impact négatif sur les rendements », indique l’enquête.

L’élimination de ces logements insalubres coûterait 295 million d’euros. Une somme qui serait cependant « remboursée » en moins de 18 mois.

Les dépenses concernant la disparition d’habitations insalubres seraient rentabilisées grâce aux économies réalisées sur le plan médical, ainsi que les gains réalisés.

Ces dernières années, la qualité globale des habitations s’est améliorée. Cependant, de simples problèmes, comme l’isolation, ou le chauffage, persistent dans un certain pourcentage de logements européens.

Malgré le fait que seulement 3% des citoyens des États membres de l’Union manquent d’installations fondamentales (comme les installations sanitaires), les disparités persistent.

L’enquête stipule par exemple qu’« en Roumanie, par exemple, 22% de la population n’a pas de toilettes et/ou de douche ».

Les problèmes structuraux sont plus répandus, puisque 12% des citoyens européens vivent avec de la moisissure ou des fuites, et 9% avec des fenêtres, des portes, ou un sol pourris. Ces disparités se constatent au niveau européen plutôt qu’au sein même des pays : ainsi, à Chypres, plus de la moitié des habitants souffrent de problèmes structuraux, alors qu’en Suisse et en Autriche, ils ne concernent qu’une personne sur dix.

Dividendes économiques

Dans d’autres pays, tels que l’Espagne, la Grèce ou la Hongrie, la remise en état de ces logements serait rentabilisées en moins d’un an, même sans inclure les problèmes non liés à la santé, telles que l’assurance domicile et le potentiel capital économique.

L’enquête indique que « le retrait des logements insalubres est un investissement sur le long terme qui fournira des résultats sur le long terme, mais aussi sur le court terme, en rendements sociaux et économiques. Les résultats approbateurs ne sont pas limités aux économies faites sur les services médicaux, qui seraient de 9 milliards d’euros par an ».

L’enquête, commandée par le Parlement européen, souligne que des mesures comme l’amélioration de la collecte d’informations au niveau national, peuvent être mises en place pour obtenir un retour sur investissement plus fort.

L’éradication de ces habitations est donc à la fois un investissement sur le court–terme et sur le long terme. De plus, les résultats ne se limitent pas à la santé, mais contribuent aussi à la dynamisation des économies locales, à l’amélioration de la protection sociale, ainsi qu’à l’intégration des migrants.