«La qualité du réseau de téléphonie belge se reflète dans les prix»

Dominique Leroy, PDG de Proximus. [@EPA/LAURENT DUBRULE]

En Belgique, la téléphonie est plus chère qu’ailleurs ; mais les réseaux sont meilleurs, assure la directrice de Proximus. Qui reconnait néanmoins les progrès à faire pour répondre à une demande croissante.

Dominique Leroy est PDG de Proximus. 

Quand les expats européens arrivent à Bruxelles, l’une des premières choses dont ils se plaignent est la mauvaise qualité du réseau de téléphone portable. On parle beaucoup de la 4 ou même de la 5G, mais ici en Belgique on a l’impression que la 2G pourrait déjà être améliorée. Qu’est-ce qui explique cette situation ?

Je ne suis pas d’accord. Si vous regardez la couverture de la 2G, 3G et 4G en Belgique, nous sommes proches des 100 % pour les trois réseaux. Dans certaines zones, surtout à Bruxelles où vivent de nombreux étrangers, certains problèmes sont constatés, car nous avons quelques restrictions en matière de rayonnement et d’antennes. Voilà le problème.

À l’avenir, le principal défi sera de faire face à la demande croissance pour l’Internet mobile et fixe. La question est de savoir si nous pouvons investir suffisamment et obtenir suffisamment de fréquences pour répondre à la demande.

C’est un challenge au niveau européen : s’assurer que la règlementation nous permet d’accéder aux faible et haute fréquences et déployer plus d’antennes, plus rapidement qu’aujourd’hui pour faire face aux nouvelles demandes de demain.

Les discussions sur le spectre en Europe ont mis en lumière la résistance des États membres pour libérer de nouvelles bandes de fréquence, ce qui retarde les décisions. Êtes-vous satisfaite ?

Le problème avec les processus européens, c’est qu’ils sont très longs ! D’abord, la Commission européenne doit soumettre des propositions, ce qui implique déjà beaucoup de travail et beaucoup de personnes essayent de l’influencer. C’est déjà très long. Lorsque la proposition est prête, elle doit passer par le Conseil et par le Parlement. C’est là que vous voyez que ce que vous avez réussi avec toute votre énergie et des mois de travail est édulcoré.

C’est le problème que nous avons avec le spectre aujourd’hui. Au Conseil, de nombreux pays sont réticents, car ils considèrent les fréquences comme une compétence nationale où ils peuvent influencer le déploiement du réseau et récupérer de l’argent pour renflouer les caisses de l’État.

Nous avons besoin d’une vision plus pragmatique pour gérer les fréquences sur le long terme, car c’est une ressource rare. À cet égard, je pense que les étapes proposées par l’UE sont les bonnes.

Au Conseil, la Belgique a-t-elle poussé les choses dans la bonne direction ou au contraire a-t-elle fait barrage ?

La Belgique a toujours été plutôt rationnelle sur la question des fréquences. Le pays a toujours mis l’accent sur l’utilisation et le déploiement du spectre plutôt que sur une hausse des prix. Par conséquent, je dirais que Bruxelles mène la danse.

Nombre de personnes travaillant à Bruxelles sont des étrangers. Dans leur pays d’accueil, ils peuvent avoir le triple play (téléphone, télé, Internet) pour la somme modique de 20 euros. En Belgique, nous sommes encore très loin de ce genre de prix. Pourquoi ?

Je pense que la qualité des infrastructures en Belgique est très élevée. Selon moi, c’est dû au fait qu’il existe une concurrence féroce entre plusieurs systèmes. Il y a donc eu beaucoup d’investissements dans le pays : où que vous alliez en Belgique, vous aurez une connexion Internet de très haute qualité, au moins 30 ou même 50 mégabits par seconde. Dans d’autres pays, des produits moins chers sont à votre disposition, mais très souvent on vous remet sur une ligne ADSL ou sur du 10 mégabits par seconde.

La grande différence se trouve donc dans les investissements et dans la qualité de l’infrastructure, ce qui, bien entendu, se reflète dans les prix. C’est logique, si vous voulez un Internet de très bonne qualité, il faut payer un peu plus cher.