« L’économie de la connaissance est une économie de métropole »

Geoffroy Roux de Bézieux

Alors que le MEDEF fait son université d’été autour des sujets de croissance et de confiance, le vice-président en charge de l’économie insiste pour dire que les territoires jouent un rôle essentiel dans l’équilibre économique du pays. Un article de notre partenaire, La Tribune.

Oui, l’Université du Medef version 2017 est une Université où la confiance ne semble pas avoir uniquement été dans le titre, mais aussi dans les esprits. Du discours inaugural de Pierre Gattaz aux propos des entrepreneurs présents sur place, c’est plutôt la positive attitude qui domine.

Bon timing

Sur le sujet, Geoffroy Roux de Bézieux ne dit pas autre chose. « Un sentiment de confiance s’est installé ». Sera-t-il déçu ou, au contraire, renforcé dans les prochaines 24 heures après l’annonce des ordonnances relatives à la loi Travail… À l’instant T néanmoins tout va donc bien mieux du côté des chefs d’entreprise. Car le vice-président en charge de l’économie tient à en remettre une couche, « l’économie de marché, c’est aussi l’économie de la confiance. Investir, cela relève de microdécisions qui se prennent, certes sur des facteurs rationnels, mais aussi sur des facteurs psychologiques. Il y a un momentum et il ne faut pas le rater ».

Pêle-mêle, il y a toujours les sujets qui peuvent rapidement fâcher. Les seuils – « qui ont pour effet de donner une démographie entreprenariale en escalier » – sont par exemple l’un de ceux-là et nombreux sont les entrepreneurs à attendre qu’ils soient revus et corrigés. Le CICE est aussi une vraie problématique. Car s’il est supprimé pour que l’effet « impulsion » demeure, les 6 % de crédit d’impôt doivent correspondre en équivalence à 9 % de baisse de charge. Et puis il y a aussi les contrats aidés, « un vrai sujet de fond » qui divise. Regarder ailleurs pour trouver des idées ? « Au MEDEF nous ne regardons pas le modèle américain ou chinois. Nous regardons chez nos voisins allemands ou anglais ce qui fonctionne et ce dont on pourrait s’inspirer, car bien sûr, tout n’est pas parfait ».

Le MEDEF aussi ?

Si le monde change et l’entrepreneuriat avec, quid de l’organisation patronale ? « Nous devons avoir une vraie réflexion sur ce à quoi sert le MEDEF. Nous devons nous interroger sur notre mode de fonctionnement. Notre système d’organisation est né avant l’émergence des réseaux sociaux, c’était un autre temps. La taille moyenne des entreprises adhérentes au MEDEF est de 78 salariés. Comment faire la place aux startups ? » Autant de thématiques qui ne manqueront pas d’être abordées durant la campagne qui devra désigner le successeur de Pierre Gattaz et qui débutera officiellement en janvier prochain. Un moment « qui sera l’occasion de poser toutes ces problématiques », dit celui qui fait partie des candidats à la présidence du syndicat patronal, mais qui dit aussi qu’aujourd’hui il est nécessaire de rester concentré sur « les vrais débats », de ne pas afficher les possibles divergences intestines sur la place publique afin de rester « audibles », notamment du gouvernement.

Connaître le terrain

Au chapitre changement, l’Université 2017 semble avoir eu envie de donner davantage de visibilité aux territoires. Auvergne–Rhône-Alpes, Hauts-de-France et Alpes-Maritimes ont été par exemple physiquement fortement présents. Le territoire, c’est un thème qui lui parle à Geoffroy Roux de Bézieux, multi-entrepreneur entré au capital de PME dynamiques (Chullenka dans les Alpes-Maritimes, Oliviers&Co dans les Alpes de Haute-Provence, ChronoCarpe en Ariège…). « Nous avons commencé à évoluer sur ce sujet au sein du MEDEF, à nous pencher sur la question de comment le barycentre doit évoluer ». Et de fait, prendre en compte la réalité du terrain passe sans doute aussi sur une meilleure « adaptation » aux différences et spécificités territoriales. « Aujourd’hui le MEDEF est un peu le miroir de l’administration. Mais avoir un MEDEF décentralisé, c’est l’avenir ». Et celui qui a du mal à dénicher le profil de DAF idéal pour son entreprise de vente en ligne de matériel de pêche, n° 1 européen et basé à Lavelanet dans l’Ariège, de préciser que « l’économie de la connaissance est une économie de métropole ». Que garder les talents à proximité, c’est nécessaire et même indispensable au tissu économique. « Ce sujet de métropolisation est important pour la France ».