Compromis entre Berlin et le FMI sur la Grèce

Wolfgang Schäuble, Bruno Le Maire, Euclid Tsakalotos, et Pierre Moscovici lors de l'Eurogroupe du 15 juin.

Les créanciers de la zone euro se sont entendus sur un prêt de 8,5 milliards d’euros à la Grèce, qui permettra au pays d’honorer des échéances cruciales cet été, et lui ont fourni des pistes en vue d’un possible allègement de sa dette en 2018.

La décision a été prise lors d’une réunion des ministres des Finances de la zone euro à Luxembourg, en présence de la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, après la mise en œuvre par Athènes de toutes les réformes exigées par les créanciers à ce stade du programme d’aide internationale.

Klaus Regling, le directeur général du Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds de secours de la zone euro, a précisé lors d’une conférence de presse que le prêt de 8,5 milliards d’euros serait versé en deux tranches.

Des vents contraires soufflent sur l’Eurogroupe sur la dette grecque

La réunion de l’Eurogroupe du 15 juin augurent des discussions tendues sur la dette grecque. Berlin, hostile à tout allègement, semble camper sur ses positions.

Une première tranche de 7,7 milliards d’euros sera débloquée début juillet pour couvrir le remboursement de 6,9 milliards d’euros d’obligations arrivant à échéance et des arriérés de 0,8 milliard. La seconde, de 0,8 milliard, sera versée « après l’été », a-t-il dit.

Le FMI se joindra au programme d’aide, a déclaré Christine Lagarde à la presse, en proposant un financement de moins de deux milliards de dollars (1,8 milliard d’euros) dont le montant exact sera déterminé en fonction de ce qu’il restera à fournir à la fin du plan d’aide de la zone euro à la mi-2018.

Le FMI ne débloquera toutefois pas d’argent tant que la zone euro n’aura pas fourni suffisamment de détails sur un possible allègement de la dette grecque en 2018 qui permettront à l’institution internationale de déterminer si la celle-ci peut être rendue soutenable.

Le FMI donne plus de temps aux créanciers de la Grèce pour accepter l’allègement de la dette

La directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, propose plus de temps aux créanciers de la Grèce pour qu’ils acceptent l’allègement de la dette, qu’elle exige pour apporter sa contribution au sauvetage financier. Un article d’Euroefe.

Ce compromis laisse le temps à la zone euro, à la Grèce et au FMI de négocier les détails du futur allègement, a ajouté Christine Lagarde. L’arrangement ainsi conclu constitue la « deuxième meilleure solution possible » après un accord en bonne et due forme, a-t-elle estimé.

Pour satisfaire la demande de précisions du FMI, les ministres des Finances ont dit dans un communiqué qu’ils seraient disposés à envisager d’étendre les maturités et périodes de grâce de leurs prêts à la Grèce d’une période allant de zéro à 15 ans. La maturité moyenne est actuellement de 30 ans.

Ils n’ont cependant pas été au-delà de cette concession et le FMI a jugé que ce n’était pas suffisant pour calculer la soutenabilité de la dette grecque.

Le sujet est particulièrement sensible en Allemagne, principal contributeur aux plans d’aide successifs, qui se prépare à des élections en septembre et entend maintenir la pression sur la Grèce pour qu’elle poursuive les réformes.

Les créanciers de la Grèce durcissent encore le troisième mémorandum

Obsédé par son objectif de faire entrer le FMI dans le plan de soutien à Athènes, les créanciers européens ont encore une fois demandé des mesures dures à Athènes. Un article de notre partenaire, La Tribune.

Attentes « irréalistes »

La zone euro est réticente à s’engager sur un allègement chiffré de la dette dès maintenant, faisant valoir que la Grèce pourrait ne pas en avoir besoin si elle fait ce qui est attendu d’elle et maintient un niveau élevé d’excédent budgétaire primaire (hors service de la dette) sur les prochaines dizaines années.

Le FMI juge pourtant irréalistes les hypothèses de croissance économique et d’excédent primaire retenues par la zone euro et estime qu’Athènes a besoin d’un allègement du fardeau de la dette pour regagner la confiance des investisseurs et retrouver la capacité de se financer sur les marchés.

Pour surmonter les divergences sur les hypothèses de croissance grecque sur les prochaines décennies, la France a proposé de lier le degré de remboursement de la dette à l’évolution du PIB. Les ministres de la zone euro sont convenus d’étudier cette idée et de plancher sur un mécanisme qui pourrait être annoncé l’an prochain, à l’expiration du plan d’aide.

Grève générale en Grèce avant le vote de réformes impopulaires

Les Grecs ont entamé une grève générale de 48 heures à l’appel des principaux syndicats du secteur privé et de la fonction publique pour protester contre les très impopulaires réformes fiscales et des retraites que le Parlement devrait voter sous la pression des créanciers d’Athènes.

Le ministre grec des Finances, Euclide Tsakalotos, s’est félicité du compromis, un « grand pas en avant » selon lui qui « apporte beaucoup plus de clarté aux marchés et au peuple grec ».

La Grèce fait valoir qu’elle a fait sa part d’efforts en faisant voter des baisses des retraites et hausses d’impôts.

« La Grèce a tenu ses engagements et adopté les réformes requises. Il est maintenant temps pour les Européens de respecter leurs engagements sur l’allègement de la dette », a déclaré le président, Prokopis Pavlopoulos, dans un entretien au quotidien allemand Handelsblatt.

À Athènes, quelque 1 500 retraités ont protesté contre la dizaine de baisses des pensions qui se sont succédé depuis le début de l’austérité il y a sept ans, maintenant ainsi la pression sur le Premier ministre Alexis Tsipras, issu de la gauche radicale.

La Grèce alourdit sa fiscalité pour plaire à ses créanciers

Le gouvernement grec a transmis ses nouvelles propositions à ses créanciers de la zone euro dans l’espoir d’obtenir de l’argent frais et d’éviter la faillite et demandera vendredi au Parlement de voter un certain nombre de mesures immédiates.