Moscovici dénonce le «scandale» démocratique du sauvetage grec

Pierre Moscovici critique les décisions des technocrates de l'Eurogroupe. [Parti socialiste/Flickr]

En termes de processus démocratique, la gestion du programme de sauvetage de la Grèce par l’Eurogroupe a été catastrophique, estime Pierre Moscovici dans un entretien avec le Corriere della Sera.

Après huit ans de crise et de politiques d’austérité difficiles, le commissaire aux affaires économiques, le Français Pierre Moscovici, a admis que le processus de décisions « derrière des portes closes » du sauvetage grec a été catastrophique en termes de processus démocratique.

En juin, la très attendue deuxième évaluation du troisième renflouement grec a finalement été bouclée. Le 5 septembre, Pierre Moscovici rencontrera Euclid Tsakalotos, ministre grec des Finances, afin de lancer les discussions sur la prochaine évaluation.

Des vents contraires soufflent sur l’Eurogroupe sur la dette grecque

La réunion de l’Eurogroupe du 15 juin augurent des discussions tendues sur la dette grecque. Berlin, hostile à tout allègement, semble camper sur ses positions.

« En termes de processus démocratique, c’est un scandale, pas parce que les décisions étaient scandaleuses, mais parce qu’en décidant de cette manière le sort d’un pays, en imposant des décisions détaillées sur les retraites… On touche aux choix fondamentaux dans la vie d’un pays, faits derrière des portes closes par un organe dont les travaux sont préparés par des technocrates qui échappent à tout contrôle parlementaire », a fait remarquer Pierre Moscovici.

Le commissaire a également critiqué la structure de l’Eurogroupe, se référant aux décisions prises par des technocrates, sans transparence ou responsabilité démocratique vis-à-vis d’un parlement.

« Les médias ne savent pas ce qu’il s’y passe et il n’y a aucun critère stable ou orientation commune », a-t-il ajouté.

Mario Monti dénonce le déficit démocratique dans la gestion de la crise grecque

En faisant fi du « non » retentissant des électeurs grecs lors du référendum, l’Europe a clairement violé la démocratie, estime l’ancien premier ministre italien, Mario Monti. 

« Le programme grec est juste et le commissaire aux affaires économiques le savait », a commenté Margaritis Schinas, porte-parole de la Commission européenne, après la publication de l’article du Corriere della Sera. « La Commission européenne et Jean-Claude Juncker ont toujours eu particulièrement à cœur de répartir de fardeau du programme grec de manière juste et égale. »