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01/10/2016

La France loin derrière l’Allemagne dans le domaine de l’innovation

Education

La France loin derrière l’Allemagne dans le domaine de l’innovation

Magasin Deutsche Bank, Berlin, 2010. [Luis Villa del Campo/Flickr]

L’innovation au sein de l’économie allemande est en perte de vitesse en 2014, selon une récente étude du Centre pour la recherche européenne en économie (ZEW). De même, la France ne parvient pas à redresser la barre et continue sa descente vers le bas du classement. Un article d’EurActiv Allemagne.  

Dans quels pays  prospère  l’innovationUne étude du Centre pour la recherche européenne en économie (ZEW) a comparé 35 pays industrialisés en fonction d’ «indicateurs d’innovation » pour l’année 2014.

L’étude a été publiée mercredi 29 octobre et a été conduite par le Centre pour la recherche européenne en économie (ZEW) et deux autres instituts pour le compte de la Telekom-Stiftung enfin de la Fédération des industries allemandes (BDI).

Avec un score de 56 points, l’Allemagne est en sixième position loin derrière la Suisse, qui avec 76 points, tient le haut du pavé, ou encore Singapour avec 65 points.

>> Lire : La Suisse dépasse l’UE pour la recherche et l’innovation

Mais la différence entre l’Allemagne et les pays les mieux placés est relativement faible – la Suède a obtenu 56 points, tandis que la Belgique a obtenu 58 points, tout comme la Finlande avec 60 points.

De son côté, la France continue sa descente dans le classement et doit se contenter de la 17e place avec un total de 50 points. Selon l’étude se résultat est notamment la conséquence de la détérioration de la situation économique dans le pays malgré les efforts de réformes. 

L’Allemagne indolente

Par rapport aux années antérieures, les indicateurs de performance pour l’Allemagne ont que faiblement changé et son classement est resté le même.

Mais l’Allemagne n’a pas été capable de poursuivre sa trajectoire ascendante amorcée en 2005. Sur la période post 2010, ses performances en termes d’innovation n’ont connu aucune amélioration face à ses plus importants concurrents.

Pour ce qui est de l’évaluation économique, l’Allemagne a perdu un point par rapport à l’année précédente, et est tombée de la troisième à la cinquième place dans le classement internationale. En plus de la Suisse, d’autres pays ont dépassé l’Allemagne dans cette catégorie, parmi lesquels la Corée du Sud, Taïwan et la Norvège.

Les raisons probables avancées pour expliquer cette légère détérioration des performances en matière d’innovation de l’économie allemande sont les investissements en capital-risque relativement faibles, une dynamique en berne des demandes de brevets, une croissance modérée de l’emploi pour les services  dits « à forte intensité de compétence », enfin une croissance des dépenses en recherche et développement du secteur privé.

« De bonnes performances en matière d’innovation au sein des entreprises, ça ne tombe pas du ciel. Nous avons besoin d’un soutien étatique fort pour les investissements privés dans la recherche et le développement » explique Dieter Schweer, membre du conseil exécutif de la BDI. « Cela signifie des rabattements fiscaux pour la recherche et le développement tout en améliorant les conditions fiscales pour les capitaux à risque », souligne-t-il.

Des progrès en éducation et sciences

Dans le secteur de l’éducation, l’indicateur de l’Allemagne s’est amélioré pour la deuxième année consécutive. Ceci peut en premier lieu être attribué aux meilleurs résultats obtenus dans le cadre de PISA, à l’internationalisation des diplômes universitaires et à une augmentation des doctorats dans le domaine des sciences et de l’ingénierie, avancent les auteurs de l’étude.

En même temps, avec seulement 48 points, l’Allemagne est à la 11e place pour ce qui est de son système éducatif qui représente le point faible du pays dans le cadre des indicateurs d’innovation.

« C’est une bonne chose que nous ayons fait des améliorations considérables dans ce domaine. Mais même une progression de la 15e à la 11e place n’est pas suffisante pour répondre aux exigences allemandes », explique Klaus Kinkel, président de la Telekom-Stiftung.

« Les différentes approches sur la politique de l’éducation entre les différents Länder représentent autant un obstacle pour le système éducatif que l’interdiction qui pèse sur la coopération, qui devraient être un jour ou l’autre levées », poursuit-il.

Les sciences allemandes ont obtenu de meilleures performances en matière d’innovation selon l’indicateur de 2014, ce qui permet à l’Allemagne de se hisser à la 9e position dans le classement mondial. Ici, la contribution de l’état pour soutenir innovation a également augmenté, entraînant une tendance positive dans le secteur depuis 2002. En ce qui concerne les conditions sociétales de l’innovation, l’Allemagne termine en 11e position, se trouvant ainsi proche du niveau moyen des autres économies innovantes.

La position européenne s’améliore

L’étude est publiée chaque année par la Telekom-Stiftung et la BDI depuis 2005. Son objectif est de faire la lumière sur la capacité d’un état et de la société en matière d’éducation, des sciences et de l’économie.

L’étude de cette année s’est structurée autour de la comparaison des trois plus grandes zones économiques : l’Amérique du Nord, l’Asie et l’Europe. Depuis 2000, l’Europe a réussi a augmenté tout doucement, mais sans discontinuer ses performances en matière d’innovation, et à même dépasser l’Amérique du Nord en 2010. En effet, 12 des 20 pays les plus innovants se trouvent en Europe.

>> Lire : Nouvelle enveloppe de l’UE pour soutenir l’innovation dans les PME

En ce qui concerne les sciences, l’Europe est devant l’Amérique du Nord depuis 2005. Mais grâce à des universités phares telles que Harvard, Stanford ou le MIT, les États-Unis restent les leaders en termes de recherche d’excellence.

Entre temps, les pays asiatiques ont rapidement rattrapé les économies européennes et nord-américaines dans le domaine de l’innovation. 

Contexte

En novembre, le Parlement européen a approuvé formellement Horizon 2020, le programme de financement pour la recherche et l'innovation pour la période de 2014 à 2020, mettant presque un point final au nouveau budget qui augmente de près de 30 % sur la période actuelle pour atteindre un total de 80 milliards d'euros.

Horizon 2020 est l'un des principaux piliers de l'Union de l'innovation, une initiative phare de la stratégie « Europe 2020 » qui vise à renforcer la compétitivité de l'Europe sur les marchés mondiaux Si l'Union européenne est le leader mondial pour un bon nombre de technologies, elle est confrontée à une concurrence croissante des puissances traditionnelles aussi bien que des économies émergentes. 

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Zentrum für Europäische Wirtschaftsforschung