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30/08/2016

Le programme Erasmus+ paralysé depuis un an en Grèce

Education

Le programme Erasmus+ paralysé depuis un an en Grèce

Le Forum européen de la Jeunesse appelle la Commission européenne à débloquer les fonds du programme Erasmus+, qui ne fonctionnent plus depuis un an en Grèce. Un article d’EurActiv Grèce.

Le financement d’Erasmus+ pour les ONG et les organisations grecques est bloqué depuis plus d’un an. Une paralysie qui a évidemment des répercussions graves sur le programme. 

Le financement des programmes européens pour les organisations de jeunesse en Grèce était au départ géré par une agence nationale, la fondation pour la jeunesse et l’apprentissage permanent (INEDIVIM), sous l’égide de la Commission européenne.

Dans une déclaration du 28 avril 2014, l’INEDIVIM annonçait que les demandes de financement soumises à la première période de 2015 (date limite 4 février 2015) « ne procèderait pas immédiatement à évaluation, et donc à l’adoption d’une décision concernant les bénéficiaires des fonds ».

La raison de ce retard ? Le financement de l’agence a été suspendu, explique la déclaration, qui ne spécifie toutefois pas la raison de cette suspension.

Selon les informations obtenues par EurActiv, les problèmes ont commencé quand la gestion du programme Erasmus+ a changé de mains à plusieurs reprises. Le gouvernement Syriza a finalement décidé de transférer la pleine responsabilité du programme à la fondation d’État pour les bourses (IKY).

La Commission se dédouane

EurActiv Grèce a contacté la Commission afin d’en apprendre davantage sur la suspension des financements.

Nathalie Vandystadt, porte-parole pour l’éducation, la culture, la jeunesse et les sports, a déclaré que cette suspension découlait de la décision du gouvernement grec de changer l’agence nationale qui s’occupait du programme.

« En juillet 2015, le gouvernement grec a produit un décret ministériel désignant la fondation d’État pour les bourses (IKY) comme seule agence nationale responsable d’Erasmus+ en Grèce et a décidé de transférer la gestion de la partie du programme dédiée à la jeunesse à cette agence », explique-t-elle.

Le processus de transfert des responsabilités liées au programme à l’agence est en cours et la Commission est en contact avec les autorités grecques à ce sujet, assure la porte-parole.

« Une fois le transfert finalisé, la pleine mise en œuvre du programme en Grèce sera restaurée. Les organisations grecques peuvent toujours participer au programme en tant que partenaires des projets […] financés par les agences nationales pour Erasmus+ dans d’autres pays participants », souligne-t-elle.

Une situation « inacceptable »

Le Forum européen de la Jeunesse, qui représente 99 organisations de jeunesse en Europe, dénonce une situation inacceptable.

« Il est inacceptable que les jeunes et les organisations de jeunesse d’un pays de l’UE ne puissent pas, et n’aient pas pu depuis un certain temps, avoir accès aux financements européens à cause de problèmes administratifs et politiques au niveau national », déplore Johanna Nyman, présidente du Forum.

« Les programmes d’Erasmus+ et les financements qu’ils fournissent ont des conséquences directes sur les jeunes et sur ces organisations. Cette situation doit être résolue le plus rapidement possible. »

Filaretos Vourkos, qui travaille dans une organisation de jeunesse, souligne également que la Commission aurait pu choisir d’aider les ONG grecques. Selon lui, l’exécutif européen aurait ainsi pu gérer lui-même Erasmus+ Grèce directement pendant que le processus de transfert était finalisé.

Filaretos Vourkos fait pourtant remarquer que le manque de financement n’était pas le seul problème des jeunes Grecs.

« Le travail des jeunes n’est pas reconnu et il n’existe aucun cadre réglementaire pour le bénévolat […] La reconnaissance d’un pays si durement touché par la crise doit se faire de manière ascendante. Quand les politiques grecs l’auront compris, les jeunes s’en tireront mieux », conclut-il.

Erasmus+

Le programme aurait un impact bienvenu en Grèce, un pays durement touché par la crise où le chômage des jeunes est très élevé. Le but du programme est en effet de « renforcer les compétences et l’employabilité, ainsi que [de] moderniser l’éducation, la formation et le travail des jeunes ».

Il a pour objectif de donner à plus de 4 millions d’Européens la possibilité d’étudier, de se former, d’acquérir une expérience professionnelle ou de travailler comme bénévoles à l’étranger. Il finance en outre des partenariats transnationaux entre établissements et organisations.

Il soutient également « les efforts des pays pour moderniser les systèmes d’enseignement, de formation et de jeunesse », lit-on sur le site de la Commission. 

Plus d'information

Commission européenne

Fondation pour la jeunesse et l'apprentissage permanent (INEDIVIM)