Ankara s’en prend à Merkel sur l’adhésion de la Turquie à l’UE

epa06090506 A handout photo made available by the Presidential Press Office shows Turkish President Recep Tayyip Erdogan speaking during a ceremony to mark the first anniversary of the failed Coup attempt on 15 July, in front of the new monument of martyrs at Presidential Palace in Ankara, Turkey early 16 July 2017. The 15 July 2017 events marked the first anniversary of the failed coup attempt which led to some 50 thousand workers being dismissed, some eight thousand people arrested, and scores of news outlets shut down by the government. Turkish President Recep Tayyip Erdogan blamed US-based Turkish cleric Fetullah Gulen and his movement for masterminding the failed coup and Turkey remains under a state of emergency as a result. EPA/PRESIDENTIAL PRESS OFFICE HANDOUT HANDOUT EDITORIAL USE ONLY/NO SALES

Le porte-parole du président turc Recep Tayyip Erdogan a reproché lundi un « manque de vision » et une « soumission au populisme » à la chancelière allemande Angela Merkel qui s’est dite favorable à un arrêt des négociations sur l’adhésion de la Turquie à l’UE.

Dans une tirade enflammée sur Twitter, Ibrahim Kalin écrit qu’« attaquer la Turquie-Erdogan et ignorer les problèmes fondamentaux et urgents de l’Allemagne et de l’Europe reflète un manque de vision en Europe ».

Alors que les passes d’armes entre les deux pays alliés dans l’Otan se multiplient, M. Kalin accuse en outre les responsables politiques allemands de « soumission au populisme et à la marginalisation/hostilité (qui) ne fait que nourrir la discrimination et le racisme ».

Pour Juncker, la Turquie «s’éloigne de l’Europe à pas de géants»

La Turquie s’éloigne à « pas de géants » de l’Europe et c’est entièrement de la faute du « système Erdoğan », a déclaré le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Dimanche soir, lors du seul débat télévisé de la campagne avec son rival social-démocrate Martin Schulz, Mme Merkel a conforté son statut de favorite pour se succéder à elle-même avant les élections du 24 septembre.

Relations entre la Turquie et l’Allemagne

« Il est clair que la Turquie ne doit pas devenir un membre de l’Union européenne », a notamment déclaré Mme Merkel

Elle a ajouté vouloir « discuter avec (ses) collègues » de l’Union européenne « pour voir si nous pouvons parvenir à une position commune sur ce point et si nous pouvons mettre fin aux négociations d’adhésion ».

« Je ne vois pas l’adhésion arriver et je n’ai jamais cru que cela puisse survenir », a-t-elle encore expliqué.

Menées depuis 2005, ces laborieuses négociations sont depuis des mois au point mort en raison de l’évolution politique en Turquie, dont le pouvoir est accusé par ses détracteurs de dérive autoritaire.

Les relations entre la Turquie et l’Allemagne se sont particulièrement tendues depuis le putsch manqué du 15 juillet 2016, imputé par Ankara au prédicateur Fethullah Gülen, qui nie les faits.

« Les négociations d’adhésion de la Turquie doivent être annulées »

Manfred Weber, président du Parti populaire européen, estime qu’une décision ferme doit être prise contre le gouvernement turc et que les négociations d’adhésion doivent être annulées. Un entretien de notre partenaire, Der Tagesspiegel.

L’Allemagne dénonce depuis des mois les purges effectuées par le pouvoir turc suite au putsch raté et accuse Ankara d’avoir mis en détention 12 citoyens allemands, possédant pour certains aussi la nationalité turque, pour des raisons politiques.

Le cas le plus emblématique est celui du germano-turc Deniz Yücel, détenu depuis fin février. Le président turc Recep Tayyip Erdogan l’a qualifié de séparatiste kurde et d’« agent allemand ».

De son côté, la Turquie accuse Berlin de faire preuve d’indulgence envers des « terroristes », en abritant des séparatistes kurdes et des putschistes présumés.

Levée de boucliers

Tout récemment, M. Erdogan a provoqué une levée de boucliers en Allemagne en appelant l’importante communauté turque du pays – trois millions de personnes – à ne voter ni pour les conservateurs d’Angela Merkel, ni pour les sociaux-démocrates.

Pour M. Kalin, « peu importe quel parti gagne les élections allemandes car la mentalité qui gagnera est évidente ».