Avec Berlin Plus, l’UE tente d’envoyer un signal aux Balkans

La plate-forme de coopération Berlin Plus vise à rassurer les pays des Balkans occidentaux quant à leur adhésion à l’UE. Belgrade craint de son côté que cette initiative soit une excuse pour laisser la Serbie dans la « salle d’attente de l’UE ».

Le programme du ministre allemand des Affaires étrangères est dans la continuité du processus de Berlin, qui réunit six États membres de l’UE et six pays des Balkans occidentaux. L’initiative a été lancée en août 2014 et constitue une plateforme de haut niveau pour les gouvernements, les chambres de commerce et la société civile des Balkans occidentaux.

Les six candidats de la région à une adhésion à l’UE sont la Serbie, le Monténégro, l’Albanie, la Macédoine et potentiellement, la Bosnie-Herzégovine et le Kosovo.

Sigmar Gabriel a dévoilé son nouveau projet le 31 mai à Berlin, lors d’une conférence avec ses homologues des Balkans occidentaux, organisée par l’Institut Aspen. Le but ? Transformer la région en un espace économique attractif.

L’UE encourage un marché commun dans les Balkans

L’UE encourage les pays des Balkans occidentaux à créer un marché commun, qui pourrait créer plus de 80 000 emplois dans une région où le chômage reste élevé.

Le programme Berlin Plus veut encourager plus d’efforts et de financements pour accélérer les progrès des Balkans occidentaux vers l’UE.

Une nouvelle rencontre dans le cadre du processus de Berlin aura lieu le 12 juillet à Trieste, où les dirigeants de la région et les responsables européens se réuniront pour réaffirmer les perspectives européennes des Balkans occidentaux.

Berlin Plus ou Berlin au carré ?

Le directeur de projet pour les Balkans de l’Institut européen de Nice, Tobias Flessenkemper, a participé à la conférence  de présentation de Berlin Plus. Selon lui, une telle initiative est bienvenue, mais reste à savoir ce qu’elle pourra changer à court terme.

« Même si Berlin Plus est une bonne chose, la situation actuelle demande plus un ‘Berlin au carré’ pour des résultats plus rapides et plus importants. À l’été 2014, les gouvernements avaient prévu quatre ans pour obtenir de réels progrès et ces quatre années expireront dans 15 mois », a-t-il fait remarquer.

La conférence de Berlin s’est tenue dans un contexte de menaces à la stabilité régionale dans les pays des Balkans occidentaux.

Le projet Berlin Plus propose aussi la mise en place d’un fonds pour les infrastructures et les technologies, financé par les membres de l’UE, l’Association européenne de libre-échange et l’Espace économique européen.

Il vise également à mieux diriger les instruments allemands de coopération et de développement vers les besoins de la région, y compris la mise en place d’un fonds spécial pour les startups, une formation professionnelle et le développement d’infrastructures informatiques.

« Nous devons relancer le processus de Berlin. Celui-ci doit apporter des avancées visibles à la population locale. C’est pour cela que nous devons prioriser la transformation de la région en un espace économique attractif », a déclaré Sigmar Gabriel lors de la réunion.

Les économies des Balkans occidentaux résistent aux crises européennes

The World Bank published  a report today (27 September) revealing that the economies of the six Western Balkans countries have performed rather well despite Brexit, the slow recovery in the EU and enlargement fatigue.

Accueil mitigé de Belgrade

Pour l’instant, le seul à avoir réagi à l’annonce du Berlin Plus est le Premier ministre intérimaire et ministre des Affaires étrangères serbe, Ivica Dačić. Selon lui, le programme ne doit pas devenir une excuse politique pour « laisser la Serbie dans la salle d’attente de l’UE ».

Il a ajouté que l’initiative Berlin Plus devait être saluée, mais que le programme ne devait pas devenir « notre nouveau mirage ».

« Sans perspectives claires, ni bénéfices économiques concrets, il sera difficile pour les pays de la région de rester sur la voie européenne et de rester stables. Le processus d’adhésion est complexe et long, et largement conditionné par la politique. Il est néanmoins évident que sans des Balkans stables, il n’y a pas d’Europe stable », a déclaré Ivica Dačić.

Mogherini s'inquiète de l'instabilité politique des Balkans occidentaux

Federica Mogherini, représentante européenne pour les affaires étrangères, revient d’un déplacement dans les Balkans occidentaux, où les six pays candidats à l’adhésion font face à une pression accrue.