Le PPE applaudit la dynamique positive sur la Macédoine

Le Parti populaire de centre-droit (PPE) est satisfait du nouveau rapprochement entre Skopje et Athènes. Les deux parties veulent en effet débloquer l’entrée de la Macédoine à l’OTAN et ouvrir les négociations d’adhésion à l’UE.  Certains eurodéputés PPE appellent toutefois à la prudence.

Afin d’enclencher une désescalade des tensions ethniques en Macédoine, le nouveau Premier ministre Zoran Zaev, de l’Union sociale-démocrate, a fait de l’adhésion à l’OTAN et à l’UE une priorité.

Dernièrement, la presse rapportait que le nouveau gouvernement de Skopje accepterait de rejoindre l’OTAN sous le nom temporaire d’ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM) et essayait donc de supprimer les obstacles levés par la Grèce et la Bulgarie.

L’arrivée au pouvoir de Zoran Zaev a marqué la fin d’une longue période durant laquelle la politique macédonienne était dominée par le parti radical de Nikola Gruevski, le VMRO-DPMNE, affilié au PPE.

Athènes a salué ce nouvel élan, mais a prévenu que l’avenir euroatlantique du pays dépendait d’une solution claire et permanente au problème toponymique.

Le 14 juin dernier, le ministre grec des Affaires étrangères, Nikos Kotzias, a déclaré qu’Athènes aiderait par tous les moyens la Macédoine à atteindre ses objectifs, à condition que la question du nom du pays soit résolue.

« C’est un prérequis et je crois que nous devons et nous pouvons trouver un bon compromis qui bénéficiera aux deux parties », a-t-il déclaré, soulignant que les deux pays devaient continuer sur le chemin de l’amélioration de leur relation.

Étant donné les derniers événements, Euractiv s’est entretenu avec diverses délégations du PPE sur la question avant le sommet européen du 22 et 23 juin. Les positions sont variées, mais tous s’accordent à dire que la dynamique actuelle est positive. Néanmoins, les eurodéputés attendent de voir comment la situation se développe.

La ligne dure de Gruevski s’effondre

Certains au PPE ne comprennent pas l’opposition de la Grèce dans le conflit sur le nom de la Macédoine et trouvent injustifiable qu’Athènes ait bloqué l’adhésion de Skopke à l’OTAN et à l’UE depuis tant d’années.

Ces eurodéputés-là au sein du PPE applaudissent la « dynamique euroatlantique positive » pour la Macédoine, tout en affirmant qu’il est trop tôt pour être trop optimiste. « La stabilisation de la Macédoine jouera un rôle positif dans toute la région », a déclaré un responsable.

Le nouveau gouvernement macédonien veut calmer le jeu face à la Grèce

Zoran Zaev, le Premier ministre macédonien, semble vouloir apaiser le conflit qui l’oppose à la Grèce. Un différend qui bloque son adhésion à l’UE et à l’OTAN.

Une source présente lors de la réunion de présommet du PPE a reconnu qu’il y avait une « indication claire d’un changement de direction » qu’il valait la peine d’explorer.

« Il semblerait que la ligne dure adoptée par Nikola Gruevski soit en train de s’effondrer », a-t-il ajouté, tout en prévenant qu’un changement décisif n’aurait lieu que si Zoran Zaev parvient à suivre une politique différente de celle de son prédécesseur à long terme.

Le camp de Nikola Gruevski tenterait d’utiliser l’ouverture du nouveau Premier ministre envers la Grèce et la Bulgarie comme une arme pour déstabiliser voire renverser son gouvernement.

Contexte

La Macédoine a pris son indépendance de la République fédérative socialiste de Yougoslavie en 1991.

Le pays est une mosaïque ethnique. La plupart des habitants de Macédoine (64 % de la population) sont des Macédoniens, généralement considérés comme des Slaves. Les membres de la communauté albanaise constituent le deuxième groupe ethnique (25 %), suivi des Turcs (3 %) et des Roms (1,9 %). Le gouvernement macédonien assure cependant que la majorité de la population n'est pas slave et descend d'Alexandre le Grand.

De tous les obstacles en travers de la route de la Macédoine vers l'adhésion à l'UE, le conflit toponymique avec la Grèce semble le plus important.

Du point de vue d'Athènes, le nom officiel utilisé par Skopje, « République de Macédoine », constitue un affront pour la région grecque qui porte le nom de Macédoine. En représailles, la Grèce a promis d'opposer son veto à l’adhésion de la Macédoine aux institutions internationales, y compris l'UE, jusqu'à ce que cette question soit réglée.

Même si tous les États membres de l'UE, excepté la Grèce, reconnaissent le terme « Macédoine » comme le nom constitutionnel du pays, le veto grec signifie que le pays est coincé dans une impasse pour son adhésion à l'UE et à l'OTAN. La Pologne, la Roumanie, le Royaume-Uni et 13 autres États membres de l'UE parlent de la Macédoine, alors que l'Allemagne, l'Espagne, la France et 9 autres pays l'appellent ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM).

Mais la Grèce estime également que la Macédoine détourne de grands pans de son histoire antique. L'aéroport de Skopje porte par exemple le nom d'Alexandre le Grand, un héros de la Grèce antique. La Macédoine a récemment mis Athènes en colère en érigeant une immense statue d'un « guerrier à cheval » qui ressemble à Alexandre le Grand.