Juncker tend la main aux Balkans occidentaux

SotEU 2017 - Debate on the State of the Union [European Parliament]

Lors de son discours sur l’état de l’Union, Jean-Claude Juncker a appelé à une vision crédible pour l’élargissement et l’adhésion des pays des Balkans occidentaux.

« Si nous voulons plus de stabilité dans notre voisinage, nous devons offrir des perspectives crédibles aux pays des Balkans occidentaux », a indiqué Jean-Claude Juncker lors de son discours sur l’état de l’Union, à Strasbourg.

Quand les applaudissements des plus de 700 eurodéputés et invités se sont calmés, le président de la Commission a néanmoins continué avec nuance. « Il est évident qu’il n’y aura pas d’autre adhésion durant le mandat de cette Commission et de ce Parlement [qui se termine en 2019]. Aucun candidat n’est encore prêt. Mais plus tard, l’UE comptera plus de 27 membres », a-t-il assuré.

Des six pays des Balkans occidentaux, seuls la Serbie et le Monténégro ont débuté les négociations d’adhésion. L’Albanie et la Macédoine ont reçu le statut de pays candidats. Les deux plus pauvres de la région, la Bosnie-Herzégovine et le Kosovo, sont quant à eux à la traine.

Dans une lettre à la présidence estonienne du Conseil, Jean-Claude Juncker et son vice-président, Frans Timmermans, ont par ailleurs souligné dix priorités à long et moyen termes. L’une de ces priorités est de préparer une « stratégie pour l’adhésion réussie de la Serbie et du Monténégro, les deux premiers candidats des Balkans occidentaux ».

Les réformes économiques et démocratiques trainent dans cette région encore imprégnée d’hostilités ethniques plus de vingt ans après l’effondrement de la fédération yougoslave.

Le discours de Jean-Claude Juncker a suscité peu de réactions immédiates dans la région. Sur Facebook, un Serbe souligne « rien de neuf là-dedans, c’est ce qu’il avait déjà dit il y a trois ans ».

Le dirigeant de la Commission a également saisi l’occasion pour mettre les points sur les i en ce qui concerne la Turquie, rappelant que tous les candidats à l’adhésion se devaient de respecter l’état de droit et les droits de l’Homme.

Pour Juncker, la Turquie «s’éloigne de l’Europe à pas de géants»

La Turquie s’éloigne à « pas de géants » de l’Europe et c’est entièrement de la faute du « système Erdoğan », a déclaré le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

« Les candidats à l’adhésion doivent donner la priorité la plus absolue à l’État de droit, à la justice et aux droits fondamentaux. Cela exclut de fait l’adhésion de la Turquie dans un avenir proche. La Turquie s’éloigne en effet à grands pas de l’Union européenne depuis un certain temps », a-t-il insisté.

Sur une note plus positive, Jean-Claude Juncker a indiqué que la Croatie, qui a rejoint l’UE en 2013, devrait entrer dans l’espace Schengen « dès qu’elle respectera tous les critères ». Ces dernières semaines, la Slovénie menace de bloquer l’accession de son voisin à l’espace sans frontières, suite à une dispute territoriale.

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