La Macédoine veut relancer les négociations d’adhésion à l’UE

Zoran Zaev et Johannes Hahn [Commission]

Les nouveaux dirigeants macédoniens sont déterminés à relancer le dialogue bloqué pour l’adhésion à l’UE et à l’OTAN. Le 12 juin, ils ont promis de renouer des relations avec la Grèce et la Bulgarie et de mettre en œuvre des réformes longtemps différées.

La Macédoine, l’ancienne république yougoslave la plus au sud, a obtenu le statut de candidate à l’UE en 2005. Les négociations d’adhésion n’ont pourtant jamais été ouvertes, notamment à cause de la querelle toponymique l’opposant à la Grèce et l’absence de réformes clés.

Toutefois, le nouveau Premier ministre, le social-démocrate Zoran Zaev, a déclaré aux journalistes après un entretien avec le commissaire en charge de l’élargissement, Johannes Hahn, à Bruxelles le 12 juin qu’il ferait tout pour redonner à la Macédoine la chance d’intégrer l’Europe.

« Pas d’alternatives »

« Pour nous, il n’y a pas d’alternatives à une adhésion à l’UE. Il s’agit d’une priorité stratégique et notre objectif est d’ouvrir les négociations le plus tôt possible. Nous savons, bien entendu, que cela doit être justifié par des résultats à l’intérieur du pays, au niveau judiciaire, de l’État de droit, de la réforme de l’administration publique », a déclaré Zoran Zaev. Bruxelles est son premier voyage à l’étranger depuis qu’il a pris ses fonctions le 1er juin.

Il a déclaré que le ministre des Affaires étrangères de Macédoine se rendrait bientôt à Athènes pour ouvrir un dialogue sur « une nouvelle coopération politique ». Une visite qui n’aurait pas été possible lorsque son prédécesseur conservateur, Nikola Gruevski, était au pouvoir. Zoran Zaev se rendra lui-même bientôt en Bulgarie, dont le gouvernement réclame un traité bilatéral spécial avec Skopje.

Toujours le 12 juin, le ministre des Affaires étrangères de la Macédoine, Nikola Dimitrov, a déclaré dans une interview avec le Financial Times que Skopje considérerait de nouvelles propositions pour un nom provisoire afin de débloquer l’opposition grecque à son adhésion à l’OTAN.

La Grèce et la Macédoine sont enlisées dans un conflit concernant le nom de la Macédoine. Athènes considère qu’il s’agit d’une atteinte à son territoire puisqu’une province du nord de la Grèce porte le même nom. Malgré des années de médiation de l’ONU et de pressions de la part de Bruxelles, aucun progrès n’a été accompli.

Johannes Hahn a félicité la Macédoine d’avoir surmonté deux années de crise politique entre les partis, mais a prévenu que le nouveau gouvernement de Skopje devait mettre en place des « réformes urgentes » s’il voulait ouvrir les négociations d’adhésion à l’UE.

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L’incertitude politique qui plane dans l’ancienne République yougoslave de Macédoine met de plus en plus en doute la capacité du pays à remplir les critères pour adhérer à l’UE. Un article d’EURACTIV Allemagne.

Avant de rencontrer Zoran Zaev, le commissaire avait envoyé un message à peine voilé à la Grèce et la Bulgarie pour qu’elles trouvent une solution qui débloquerait l’adhésion de la Macédoine à l’UE.

« Tout cela repose sur les épaules des responsables macédoniens, mais si le climat politique n’est pas propice à une ouverture des négociations européennes, ce n’est pas bon pour le pays. Les voisins [de la Macédoine] devraient avoir un intérêt à contribuer à la stabilité et l’inclusion du pays dans l’UE », a affirmé Johannes Hahn.

« Ce ne sera pas facile, mais j’espère qu’une solution sera trouvée. Une bonne dynamique est désormais lancée et je crois que nous pouvons profiter de cette situation et espérons-le, faire des progrès », a-t-il déclaré.

Union économique des Balkans occidentaux

Le commissaire a assuré que l’adhésion des Balkans occidentaux à l’Union européenne était « plus pertinente que jamais », mais a appelé les six pays de la région à accélérer les réformes judiciaires et économiques et à créer un espace économique commun qui pourrait attirer les investisseurs et booster la création d’emplois.

« Il faut faire le choix entre l’exportation de stabilité ou l’importation d’instabilité. Il me semble que la décision est claire », a déclaré Johannes Hahn. Des six pays des Balkans, seuls la Serbie et le Monténégro ont commencé les négociations. La Macédoine et l’Albanie sont des candidats officiels alors que la Bosnie et le Kosovo n’en sont même pas à cette étape-là.

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Johannes Hahn a reconnu que l’union économique ne pouvait pas aller bien loin dans une région encore ployée sous les tensions ethniques et les injustices mutuelles. Le plus grand pays de la région, la Serbie, refuse toujours de reconnaître son ancienne province du Kosovo, pourtant déclaré indépendante en 2008.

« Nous sommes pleinement conscients du fait qu’une union douanière est irréalisable. Nous voulons un espace économique régional, une libre circulation des biens et des services… nous voulons créer une sorte de marché commun de 20 millions de personnes, qui sera plus attractif, qui aura plus de potentiel pour les investisseurs et pour l’emploi », a-t-il conclu.

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