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27/09/2016

Dernière ligne droite pour le groupe parlementaire européen du Front National

Élections 2014

Dernière ligne droite pour le groupe parlementaire européen du Front National

Marine Le Pen en meeting, en 2012

Alors que les tensions se font sentir au sein du parti, le Front National accélère les négociations pour la constitution de son groupe au Parlement européen.

La date de la première session plénière du Parlement européen s’approche à grands pas et les négociations s’accélèrent entre les différents partis pour constituer les groupes politiques au sein de l’hémicycle européen.

Après avoir présenté ses principaux partenaires : le Parti pour la liberté du Néerlandais Geert Wilders, le Parti de la liberté autrichien (FPÖ), la Ligue du Nord italienne et le Vlaams Belang flamand (Belgique), le Front National a poursuivi sa recherche d’alliés afin de compter deux autres États membres pour pouvoir fonder son groupe.  

Les négociations sont dans leur phase finale, et les rumeurs sur les réseaux sociaux se sont accélérées le 10 juin sur la finalisation du groupe parlementaire d’extrême droite.

Contacté par EurActiv, le Front National s’est refusé à tout commentaire sur la constitution du groupe, alertant cependant sur les « rumeurs » circulant à ce sujet.

La même prudence est de mise du côté du Vlaams Belang. « Les cinq principaux partis  ont encore tenus plusieurs réunions cette semaine, a déclaré Gerolf Annemans, coordinateur du parti belge d’extrême droite.  « Il est trop tôt pour faire une déclaration. Je ne peux ni confirmer ni infirmer les rumeurs sur l’issue de la constitution du groupe » a-t-il poursuivi.  

Sortie de route de Jean-Marie Le Pen

Le Front National a toutefois vu une autre actualité venir perturber sa quête de partenaires. Le président d’honneur du Front national s’en est pris aux artistes critiques à l’égard de son parti, parmi lesquels les chanteurs Patrick Bruel et Yannick Noah. Dans son « Journal de bord » hebdomadaire, diffusé sur le site Internet du parti  le président d’honneur du Front National  a conclu sa critique de ses opposants par : « On fera une fournée la prochaine fois ».

>>Lire : La tension monte entre eurodéputés FN autour du fondateur du parti

Une sortie que Marine Le Pen a qualifiée de « faute politique », tout comme le numéro deux du parti Florian Philippot, tandis que le député FN Gilbert Collard conseillait à Jean-Marie Le Pen de prendre sa retraite.

Les Scandinaves définitivement perdus

L’image antisémite du front National lui a déjà fait perdre des partenaires potentiels au sein du Parlement européen. Le parti populaire danois (DPP) avait très rapidement pris ses distances avec le parti de Marine Le Pen suite aux élections, suivi par les Vrais Finlandais qui ont annoncé leur intention de quitter le groupe de Nigel Farage pour s’allier aux conservateurs de la CRE.

Les « Démocrates » suédois, alliés naturels du Front National avec qui ils siègent au sein du  parti Alliance européenne pour la liberté, ont aussi quitté le navire.

 « Nous ne rejoindrons pas ce groupe, » a affirmé  Martin Kinnunen, attaché de presse du parti des démocrates suédois. « Nous ne sommes pas intéressés » a-t-il insisté.

Salut à l’Est ?

Les deux partenaires manquants du Front National pourraient dès lors se trouver à l’Est de l’Europe.

Interrogé par EurActiv, Janusz Korwin-Mikke, le leader du parti eurosceptique polonais KNP a confirmé être en discussion pour une alliance potentielle avec « l’ensemble des partis au sein du Parlement européen qui ne sont pas encore affiliés à un groupe ». Le FN répond clairement à ce critère.

Autre partenaire, le parti lituanien Ordre et justice pourrait venir renforcer les rangs du groupe de Marine Le Pen. 

Contexte

Les partis eurosceptiques européens ont montré leur volonté d'agir directement au niveau européen. Le très controversé leader néerlandais d'extrême droite, Geert Wilders, et la dirigeante du Front national, Marine Le Pen, ont pris l'initiative de constituer un nouveau groupe au Parlement européen avec d'autres partis avec qui ils partagent une vision commune.

Le Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP) et le Parti populaire danois ont pour leur part rejeté en bloc la proposition.

Les partis eurosceptiques se multiplient dans de nombreux États membres, mais leur histoire et leurs causes sont très différentes. Selon des politologues, même si davantage d'eurosceptiques populistes pourraient siéger au prochain Parlement européen, il est toutefois moins probable qu'ils forment une alliance cohérente.